Histoire de l'Afrique du Sud

                                                               République d'Afrique du Sud

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)

Histoire

Les Khoïsans, regroupant les Khoïkhoï et les Bochimans, sont les premiers habitants connus de l'Afrique du Sud (- 40 000 ans avant notre ère).

Les premiers peuples de langues bantoues émigrent du delta du Niger vers l'an 500 de notre ère et atteignent l'actuelle province du KwaZulu-Natal. C'est au Xe siècle que des tribus bantous (xhosas) s'installent dans la région de la Fish River (Transkei).

En 1488 débute l'histoire européenne de l'Afrique du Sud quand le navigateur portugais Bartolomeu Dias atteint le cap des Tempêtes (cap de Bonne-Espérance) suivi en 1497 par le navigateur portugais Vasco de Gama, qui longe la côte du Natal.

L'implantation définitive d'européens en Afrique du Sud date de 1652 avec l'établissement, pour le compte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, d'une station de ravitaillement au Cap dirigé par le Néerlandais Jan van Riebeeck.

En 1657, plusieurs salariés de la compagnie sont autorisés à s'établir définitivement au Cap alors que des esclaves sont déportés de Batavia et de Madagascar pour pallier le manque de main d'œuvre sur place. En 1688, deux cents huguenots français rejoignent les 800 administrés du comptoir commercial et fondent Franschhoek. En 1691, la colonie du Cap est mise en place.

Ce n'est qu'en 1770 que sont relatés les premiers contacts entre les bantous et les boers (les fermiers libres d'origines franco-néerlandaises) à la hauteur de la Great Fish River (à 900 km à l'est de la cité mère). Les relations sont rapidement conflictuelles et en 1779 débute la première des neuf guerres cafres (1779-1878).

En 1806, les Néerlandais cèdent définitivement la place aux Britanniques qui deviennent la nouvelle puissance coloniale.

De 1818 à 1825, lors du Mfecane, le Roi des Zoulous, Shaka, étend son empire sur l'est de l'Afrique du Sud au prix d'une conquête sanglante sur les autres peuples tribaux.

En 1835, les Boers quittent la colonie du Cap pour les territoires intérieurs de l'Afrique du Sud afin d'échapper à l'administration britannique. C'est le Grand Trek, parsemé de tragédies et de batailles (bataille de Blood River contre les Zoulous en 1838). Deux républiques boers indépendantes sont finalement fondées et reconnues par la Grande-Bretagne : la république sud-africaine du Transvaal (1852) et l'État libre d'Orange (1854).

En 1866, la colonie du Cap étend également son territoire et annexe la cafrerie britannique alors que les premiers diamants sont découverts à Kimberley, puis des gisements d'or dans le Witwatersrand au Transvaal.

En 1879, durant la Guerre anglo-zouloue, les Britanniques subissent une défaite historique lors de la bataille d'Isandhlwana avant de finalement s'imposer au Zoulouland.

Après l'annexion d'autres territoires tribaux, la deuxième Guerre des Boers (1899-1902) et l'annexion du Transvaal et de l'État libre d'Orange consacre la domination britannique sur toute l'Afrique du Sud, au prix de l'internement et de la mort de milliers de civils boers dans des camps de concentration.

En 1910, le dominion de l'Union d'Afrique du Sud est fondé à partir du regroupement des colonies du Cap (dont le Griqualand, le Transkei, le Stellaland et le Bechuanaland britannique), du Natal (dont le Zoulouland), du Transvaal et de l'Orange. Le South Africa Act établit une démocratie parlementaire sur le modèle de Westminster avec une large autonomie et un parlement souverain. Les modalités d'octroi du droit de vote diffèrent cependant entre les quatre nouvelles provinces (si le corps électoral est essentiellement blanc, les provinces du Natal et du Cap accordent sous condition censitaire le droite de vote aux personnes de couleurs dites "civilisées"). Le général boer Louis Botha est le premier chef de gouvernement sud-africain.

En 1912, un parti politique bantou, le Congrès national africain (ANC), est fondé à Bloemfontein, revendiquant une plus grande participation des populations noires aux affaires du pays. L'année suivante, le "Native land act" est adopté. Basé sur le système des réserves établis à l'époque coloniale et dans les républiques boers, il divise le territoire sud-africain entre les terres indigènes (7 % puis 13 % du territoire) et les terres destinées aux Blancs et aux administrations publiques (87 % du territoire).

En 1915, engagées dans la Première Guerre mondiale, les troupes sud-africaines subissent de lourdes pertes dans la Somme (France). En Afrique, elles prennent le contrôle du Sud-Ouest africain allemand (future Namibie) qui lui est octroyé sous mandat par la Société des Nations en 1920.

En 1918, le Broederbond, une société secrète est fondée avec pour objectif la promotion politique, sociale et économique des Afrikaners (la dénomination devenue usuelle des Boers).

La révolte ouvrière des Afrikaners du Witwatersrand en 1922, durement réprimée, permet aux nationalistes blancs de s'unifier et de remporter les élections générales de 1924 sous la direction de James Barry Hertzog. En 1934, face à la crise économique, Hertzog s'unit néanmoins aux libéraux de Jan Smuts pour former un gouvernement d'union nationale. À la même époque, des anthropologues et des linguistes de l'université de Stellenbosch comme Werner Max Eiselen forgent un nouveau concept social et politique qui donnera naissance à l'idéologie de l'apartheid : rejetant l'idée de société unique sud-africaine, ils proposent de séparer géographiquement, politiquement et économiquement les noirs et les blancs d'Afrique du Sud ainsi que les différentes ethnies entre elles, afin de maintenir et renforcer leurs identités ethniques et linguistiques et de lutter contre les effets qu'ils estiment acculturant de l'urbanisation et du travail migrant sur les structures traditionnelles africaines6,7,8. En 1936, la franchise électorale des populations noires au Cap est supprimé. En 1939, le pays, sous la direction de Smuts, s'engage au côté des alliés dans la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Smuts participe à la rédaction du préambule de l'organisation des Nations-Unies.

En 1948, le parti national remporte les élections générales. Le nouveau premier ministre, Daniel François Malan, met en place la politique d'apartheid, renforcé en 1956 par la suppression de la franchise du droit de vote des Coloureds (gouvernement Strijdom). En 1958, Hendrik Verwoerd devient premier ministre.

En 1960, le massacre de Sharpeville puis l'interdiction de l'ANC et des mouvements nationalistes africains mènent à la condamnation de la politique d'apartheid par les Nations-Unies et par la communauté internationale.

Le 31 mai 1961, le pays rompt ses derniers liens institutionnels avec la Grande-Bretagne avec la proclamation de la république d'Afrique du Sud et le retrait du Commonwealth. L'ANC débute alors la lutte armée avec Umkhonto we Sizwe.

En 1963, Nelson Mandela, l'un des chefs de Umkhonto we Sizwe est condamné à perpétuité pour terrorisme et les autres chefs de l'ANC sont emprisonnés ou exilés. En 1966, Hendrik Verwoerd, premier ministre d'Afrique du Sud et grand architecte de l'apartheid, est assassiné.

En 1976, les émeutes dans le township de Soweto contre l'enseignement obligatoire en afrikaans conduisent le gouvernement à déclarer l'état d'urgence alors que le Bantoustan du Transkei est déclaré indépendant dans le cadre de la politique d'apartheid.

En 1984, pour sortir du blocage politique, le régime politique est présidentialisé et un parlement tricaméral, ouvert aux Indiens et Métis, est inauguré. Néanmoins, l'état d'urgence est de nouveau proclamé en 1986 alors que des sanctions économiques et politiques internationales isolent le pays en dépit de l'abrogation de lois symboliques de l'apartheid comme le passeport intérieur.

En 1990, le nouveau président sud-africain, Frederik De Klerk, légalise l'ANC, le parti communiste sud-africain et tous les mouvements noirs. Nelson Mandela est libéré.

En juin 1991, le gouvernement abolit les dernières lois de l'apartheid et entame un processus de transition constitutionnelle (Codesa). Celles-ci aboutissent le 27 avril 1994 aux premières élections multiraciales de l'histoire du pays, remportées par l'ANC. Nelson Mandela devient le premier président noir du pays.

En 1995, une Commission vérité et réconciliation est mise en place puis l'année suivante est adoptée une nouvelle constitution sud-africaine.

De 1999 à 2008, le pays est présidé par Thabo Mbeki. Son bilan est contrasté suite aux difficultés économiques et sociales apparues lors de son second mandat, manifesté en 2008 par une grave pénurie d'électricité en Afrique du Sud et la dégradation des infrastructures. Le 21 septembre 2008, suite à la décision de son parti, l'ANC, de lui retirer son mandat, Thabo Mbeki remet sa démission au Parlement9 qui élit alors Kgalema Motlanthe pour terminer son mandat jusqu'aux élections générales de 2009.

Après les élections générales du 22 avril 2009, remportées par l'ANC, Jacob Zuma, ancien vice-président de 1999 à 2005, devient le nouveau président de la République. Il prête serment le 9 mai 2009 et forme un gouvernement plus ouvert aux partis politiques minoritaires dont le parti communiste mais aussi, pour la première fois depuis 1994, le front de la liberté (droite afrikaner).

Politique

Le régime est parlementaire, mais les fonctions de chef du gouvernement et de chef de l'État se confondent sous le titre de président de la République d'Afrique du Sud. Ce dernier est élu par le parlement.

Le parlement d’Afrique du Sud est composé de deux chambres : une chambre basse, l’assemblée nationale et une chambre haute, le conseil national des provinces (en anglais : National Council of Provinces, NCoP). Les 400 membres de l'assemblée nationale sont élus par scrutin proportionnel de liste. Le NCoP, qui a remplacé le Sénat en 1997, est composé de 90 membres représentant les neuf provinces.

Chaque province est dotée d'une législature provinciale unicamérale, et d'un conseil exécutif présidé par un premier ministre (premier en anglais et en afrikaans). Les provinces sont moins autonomes que celles, par exemple, du Canada ou que les États aux États-Unis. Il s'agit alors d'un système fédéral modéré. L'État compte 11 langues officielles qui, en pratique, sont traitées différemment, l'afrikaans perdant du terrain devant l'anglais favorisé par l'ANC.

Depuis la fin de l'apartheid, l'ANC n'a cessé d'augmenter sa domination politique. Cependant, l'opposition reste vivace bien que diminuée, et on estime ordinairement que l'Afrique du Sud est l'État le plus démocratique d'Afrique. Sa constitution est par exemple l'une des plus généreuses du monde du point de vue des droits de l'homme.

Le gouvernement doit résoudre le problème des violences qui touchent les campagnes du pays : la réforme agraire impose la redistribution des terres aux Noirs et les fermiers afrikaners doivent souvent vendre leurs exploitations au gouvernement, ce qui suscite des résistances. Ces fermiers, au nombre de 35 000 environ, sont parfois attaqués par des bandes organisées et certains s'inscrivent à des stages commandos pour pallier le manque d'aide du gouvernement. Plusieurs partis d'extrême droite continuent de recruter au sein d'une frange de cette population qui se sent délaissée.

Depuis le 22 avril 2009, et la victoire de l'ANC aux élections générales de 2009 Jacob Zuma a été élu président par 277 voix pour, 47 voix pour le candidat du COPE et 67 abstentions (celles de l'Alliance démocratique). Cependant, depuis les élections de 2009, l'opposition a effectuée une remontée. En effet la DA a augmenté son score de 30 % (+4,5 points) passant de 12,3 à 16,7 et a également remporté la province du Cap-Occidental sans compter le score du COPE (7,5 %). Le 6 mai 2009, Helen Zille s'est faite élire premier ministre du Cap-Occidental avec 24 voix pour, contre 14 voix pour l'ANC.

Drapeau

Le drapeau de l'Afrique du Sud a été adopté le 15 mars 1994 et est officiellement l'emblème du pays depuis le 27 avril 1994.

Son prédécesseur était contesté pour son symbolisme exclusivement lié à l'histoire afrikaner et britannique du pays.

Les six couleurs symbolisent à la fois les diverses tendances politiques du pays, les couleurs prédominantes des anciens drapeaux utilisés par l'Afrique du Sud au cours de son histoire ainsi que ses ressources naturelles.

POPULATION ET SOCIETE

Démographie

La population sud-africaine compte près de 50 millions d'habitants en 2010. Elle est inégalement répartie : la plupart des habitants résident à l'est du pays. Le Gauteng est la région la plus peuplée suivie par le KwaZulu-Natal10. L'aridité explique en partie les faibles densités du nord-ouest.

Le recensement de 2010 permet d'établir la répartition raciale du pays : 79,4 % des Sud-Africains sont noirs, 9,2 % blancs, 8,8 % coloureds (métis) et 2,6 % 'indiens11

La population noire se répartit en différentes ethnies dont les plus importantes sont les Zoulous et les Xhosas. Concentrée à l'est du pays, elle est cependant minoritaire dans les deux provinces du Cap-Occidental et du Cap-Nord.

Selon un rapport de la SAIRR (institut sud-africain des relations raciales), environ 900 000 blancs, soit 1/6 de la population, ont quitté le pays depuis 1994. Ces départs massifs, surtout de jeunes sud-africains diplômés, ont été dénoncés par l'opposition qui a attaqué l'ANC sur ces trop nombreux départs.

Cependant, on constate depuis un nouveau phénomène, la « révolution du retour au foyer »12. Ainsi, alors que les coupures de courant, le taux de criminalité élevé et les incertitudes politiques décourageaient les Sud-Africains blancs, qui émigraient précipitamment13, les exilés, dans leurs nouveaux pays, ont connu pour certains des problèmes financiers lors de la crise mondiale qui les ont poussés à revenir, malgré la peur de la criminalité et de la discrimination positive, en Afrique du Sud13. Bien qu'il n'y ait pas de statistiques officielles, Charles Luyckx, le directeur exécutif d’Elliott International qui détient près de 30 % des parts de marché du déménagement affirme alors que l’on comptait quatre départs pour un retour en 2008, le ratio se rapproche en 2009 d’un pour un13.

Parmi la population blanche du pays, la plus ancienne, les Afrikaners (ou Boers), les descendants des colons néerlandais, représentent une proportion de 60 % des Blancs, les autres étant surtout d'origine britannique, mais aussi portugaise et allemande. Il y a également une partie non négligeable de descendants de huguenots français (voir aussi l'article huguenots d'Afrique du Sud) qui s'installèrent ici durant les guerres de religion en France (ces derniers font cependant partie de la communauté Afrikaner, on estime d'ailleurs que 25 % des noms de familles afrikaners sont d'origine française).

En 2001, la balance migratoire était de - 1,73 ‰.

Santé

Le pays est confronté à l'augmentation de la séropositivité au VIH : à partir des tests anténataux, il a été déduit que 19 % des 15-49 ans sont séropositifs14. La prévalence globale de cette séropositivité est estimée à 11 . Cependant les estimations de population pour 2007 se fondant sur cette prévalence (44 millions16) ne concordent pas avec les tout derniers recensements organisés par les services gouvernementaux sud-africains (50 millions).

Espérance de vie des hommes : 53,5 ans17, Espérance de vie des femmes : 57,2 ans17, Taux de croissance annuel de la pop. : 1,07 % Selon les chiffres des statistiques Sud-Africaines17, Taux de natalité : 23,8 ‰ (en 2009)17, Taux de mortalité : 16,77 ‰ (en 2001) et 11 ‰ en 2002, Taux de mortalité infantile : 45,70 ‰ (en 2009)17, Taux de fécondité : 2,38 enfants/femme (en 2009)17.

Culture

Onze langues officielles (anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, zwazi, ndebele, sesotho, sepedi, setswana, xitsonga, tshivenda18) sont reconnues par la Constitution en Afrique du Sud19. Selon l'article 6 de sa constitution, l'État et les provinces doivent faire la promotion de langues parlées par les communautés vivant en Afrique du Sud : allemand, grec, gujarâtî, hindi, portugais, tamoul, télougou, ourdou, arabe, hébreu, sanskrit20.

Le zoulou est la langue la plus pratiquée dans les foyers sud-africains (environ ¼ des habitants)21, suivi par le Xhosa (17,6 %).

En troisième place arrive l'afrikaans avec 14 %22 de locuteurs maternels mais plus de 30 % de locuteurs de seconde langue ce qui la place en deuxième position. Cependant elle souffre de la concurrence de l'anglais qui parait plus utile. Cette dernière reste la langue des affaires et de la communication23. ¾ des Sud-Africains se déclarent chrétiens, 18 % sans religion24.

85 % de la population parle anglais, ou à des notions d'anglais.On parle l'anglais souvent très mal, surtout dans les townships. L'anglais semble faire l'unité du pays. Il n'est vraiment pas parlé qu'en de rares zones, ou par les membres de tribus locales. C'est la première seconde langue, mais il semble n'être la langue maternelle que de 2 à 3 millions des citoyens de l'Afrique du Sud.

Religion

En Afrique du Sud environ 80 % de la population suit la religion chrétienne. La plupart des chrétiens sont des protestants. Il y a un certain nombre d'églises chrétiennes sud-africaines et presque 85 % des personnes sont des membres de l'église.

 


 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Date de dernière mise à jour : mercredi 03 octobre 2012

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×