Histoire de la Guyane

wikipedia-1.jpgdaddy-002-1.jpg  

GUYANE

 

 

Robert ANDRIANTSOA

La Guyane est une région et un département d'outre-mer (DOM ou DROM) français d'Amérique du Sud. Son code Insee est le 973. Avec une superficie1 de 83 846 km2, la Guyane est le plus grand département français. C'est également le plus boisé, 96 % du territoire étant couvert d'une forêt équatoriale qui reste parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées du monde.

Le territoire guyanais fait partie des neuf régions ultrapériphériques (RUP) de l'Union européenne. C'est la plus grande région de France et d'Europe. C'est en outre le plus grand territoire continental de l'Union européenne en Amérique du Sud. C'est le seul territoire européen d'Amérique du sud, les autres territoires d’États membres de l'Union européenne environnant ont le statut de pays et territoires d'outre-mer – telles que les Antilles Néerlandaises, Malouines et Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud – et sont donc, de fait, en dehors de celle-ci.

Son nom officiel est « Guyane ». L'ajout de l'adjectif « française » dans les dénominations courantes est une commodité de langage issue de la période coloniale. Il existe plusieurs Guyanes : le Guyana (ancienne Guyane britannique ou anglaise), le Suriname (ancienne Guyane néerlandaise ou hollandaise) et la Guyane. Elles s'intègrent au sein du Plateau des Guyanes avec une partie du Venezuela, délimité par le fleuve Orénoque, et le nord du Brésil, délimité par l'Amazone.

Administration : Pays : France - Code département : 973 - Préfecture : Cayenne - Sous-préfecture(s) : Saint-Laurent-du-Maroni - Arrondissements : Cayenne,
Saint-Laurent-du-Maroni - Cantons : 19 - Communes : 22

- Conseil régional :

pdt-guyane-rodolphe-alexandre.jpgpdt-guyane-pm-alain-tien-liong.jpgpdt-guyane-prefet-daniel-ferey.jpg

Président du conseil régional de la Guyane : Rodolphe Alexandre, Actuellement en fonction Depuis le 26 mars 2010 - Conseil général : Conseil général de la Guyane : Alain Tien Liong, il est actuellement le président du Conseil général de la Guyane (département français d'outre-mer et région française d'outre-mer, DROM). Il est sympathisant du MDES (Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale), parti indépendantiste guyanais. - Préfet : Daniel Ferey

- Langue officielle : Français - Langue(s) régionale(s) : Créole guyanais - Démographie : Population 225 751 hab. (2009) - Densité 2,7 hab./km2 - Géographie : Superficie 83 846 km² -Fuseau horaire : UTC -3 - Domaine Internet : .gf - Indicatif téléphonique : +594.

Histoire

Amérindiens et Européens

Les premières traces archéologiques (poteries, gravures rupestres, polissoirs…) de peuples amérindiens entre l’Oyapock et le Maroni remontent au Ve millénaire avant notre ère. Nombre de leurs successeurs dans la même zone géographique appartiennent principalement au groupe linguistique des Tupi-Guarani.

On estime qu’à la fin du IIIe siècle, des Indiens Arawak et Palikur, originaires des rives de l’Amazone, s’installent sur le littoral guyanais. Ils sont suivis au VIIIe siècle par les Indiens dits Caraïbes ou Karibes, les Kali’na (Galibis) et Wayana.

La côte de Guyane fut reconnue par Christophe Colomb en 1498. Malgré le partage du Nouveau Monde organisé en 1494 par le traité de Tordesillas entre le Portugal et l'Espagne, les nations européennes sont à l’origine de nombreuses tentatives de colonisation en Guyane dès le XVIe siècle.

Dès 1503 commencent les premières implantations françaises dans la zone de Cayenne. Notons notamment celle des Français avec le voyage de Nicolas Guimestre en 1539, suivi par celle de l’Anglais Robert Baker (1562) et celle de Gaspard de Sotelle (1568-1573) qui implante plus de 120 familles espagnoles dans l’île de Cayenne.

De 1596 à 1598, les Anglais John Ley et Lawrence Keymis, et le Hollandais Adrian Cabeliau, effectuent des reconnaissances géographiques précises des côtes de la Guyane. Les vraies implantations humaines apparaissent surtout au XVIIe siècle, par des occupations ponctuelles (quelques années) d’embouchures fluviales, et sont l’œuvre de la France, de l’Angleterre et des Pays-Bas.

En 1604, la colonie de Guyane prend le nom de France équinoxiale.

Esclavage et tentative de peuplement

Si les premières tentatives importantes de colonisations françaises datent des années 1620, elles sont souvent mises à mal par les dissensions internes des colons, les rapports humains médiocres avec les Amérindiens, voire la dureté des conditions de vie, notamment avec la fièvre jaune. De leur côté, les nations amérindiennes doivent faire face à un important taux de mortalité, dû non aux guerres menées face aux colonisateurs, mais à l’action d’épidémies nouvellement importées d’Afrique et d’Europe.

Longtemps, la tutelle du roi de France sur la Guyane est régulièrement contestée ; ce n’est qu’avec la reprise de Cayenne en décembre 1676 par l’amiral Jean d’Estrée que les Français s’implantent définitivement. Et encore ne contrôlent-ils que l’île de Cayenne et, par intermittence, quelques postes militaires aux estuaires fluviaux. Cette présence humaine et militaire assez lâche explique en grande partie l’extrême facilité avec laquelle les Portugais du Brésil se sont emparés de l’île de Cayenne pendant les guerres napoléoniennes, île qu’ils ont occupée de 1809 à 1817.

La colonisation humaine de la Guyane est d’abord le fait de travailleurs européens, les "engagés", également appelés les "trente-six-mois" parce que liés par un contrat de trois années à leur maître. Ce quasi-esclavage européen, faute de volontaires, est très vite remplacé par une servitude d’origine africaine, qui est employée dans les habitations (exploitations agricoles) à la culture des produits coloniaux : sucre, épices, chocolat et café. Comme dans les autres colonies française, l’esclavage est en grande partie régi par les textes du Code noir (1685). Cette société d’habitation reste le modèle économique dominant en Guyane jusqu’à la deuxième abolition de l’esclavage en 1848. Elle n’a toutefois pas réussi à apporter un vrai développement à la Guyane, qui reste la région pauvre et sous-peuplée, voire maudite, de l’ensemble colonial français en Amérique.

L’expédition de Kourou, menée à partir de 1763, mais très mal préparée, pour établir une vraie colonie européenne d’agriculteurs dans les savanes de l’Ouest guyanais, est un échec retentissant : presque tous les colons "survivants" s’enfuient de Guyane pour rejoindre la métropole. Seuls restent en Guyane des colons allemands et canadiens, qui s’implantent durablement à Kourou, Sinnamary, Malmanoury, Corossony et Iracoubo, et y fondent une société originale (et métissée) d’agriculteurs exploitants en Guyane.

Pendant la Révolution, alors que la Guyane est érigé en un département en 1797, elle est une première fois, en 1798, le lieu de déportation d’opposants politiques (les "déportés de fructidor") et de prêtres réfractaires : Counamama et Sinnamary seront le cimetière de la plus grande partie d’entre eux.

Aboli en 1794 dans toutes les colonies, Napoléon Ier se laisse convaincre de poursuivre l’esclavage en 1804. Il n’est définitivement supprimé par décret que le 27 avril 1848, sous l’impulsion de l'abolitionniste Victor Schoelcher. La disparition de la main d’œuvre servile met un point d’arrêt à l’économie coloniale traditionnelle.

Pour pallier ce manque de main-d’œuvre, développer la Guyane, et surtout débarrasser la métropole d’opposants politiques républicains et de délinquants de droit commun, le Second Empire crée des bagnes en Guyane. Ils accueillent des transportés, des déportés puis également des relégués jusqu’en 1946. Dans les années 1930, les Établissements Pénitentiaires Spéciaux, dits aussi "bagnes des Annamites", sont implantés dans le Territoire de l’Inini. Peuplés d’opposants politiques et d’intellectuels indochinois, mais aussi de petits délinquants, voleurs et proxénètes, ces bagnes seront un échec cuisant.

Les essais de peuplement de la Guyane par des ouvriers "libres" issus de l’immigration (Afrique, Inde, États-Unis, Madère...) ne seront pas plus durables.

Ruée vers l'or

En 1855, un site aurifère est découvert dans l’Est guyanais sur l’Arataye, un affluent de l’Approuague. Dans l’Ouest, de l’or est extrait de la rivière Inini (Haut-Maroni). Le début du XXe siècle est marqué par une ruée vers l’or, avec 10 000 chercheurs en activité, entraînant une croissance du commerce local souvent artificielle, et l’arrêt des dernières activités agricoles par manque de main-d’œuvre.

A l’instar de la Réunion, de la Guadeloupe et de la Martinique, la Guyane devient département français d’outre-mer en 1946. Mais le décollage économique peine à se réaliser en raison des coûts de production élevés, de la faiblesse numérique de la population, de la dépendance commerciale (importations) vis-à-vis de l’Hexagone et du manque criant d’infrastructures les plus élémentaires : voies de communication, écoles, système de santé, etc.

Bagne

La Guyane restera alors une colonie française jusqu'au 19 mars 1946, où elle obtient le statut de département d'outre-mer. Elle reste célèbre pour le bagne de Cayenne qui fit sa réputation car seul 3 % des prisonniers y ont survécu[réf. souhaitée]. La France attendait des détenus qu'ils fussent aussi des colons. Mais ce fut un échec. La fermeture du bagne a été obtenue, après la Seconde Guerre mondiale, suite à la publication de 27 articles d'Albert Londres et sous l'impulsion de Gaston Monnerville. C'est en 1938 que le dernier convoi de bagnards a fait route vers la Guyane, mais ce n'est qu'en 1945 que l'Assemblée constituante décida de rapatrier les survivants qui le souhaitaient (très peu sont restés). L'opération prit huit ans.

Base spatiale européenne

En 1964, le général de Gaulle prend la décision de construire une base spatiale en Guyane, destinée à remplacer la base saharienne située en Algérie, et à développer l’économie guyanaise. La position du département est privilégiée, proche de l’équateur avec une large ouverture sur l’océan. Le Centre Spatial Guyanais, depuis les premières fusées ’Véronique’, s’est largement développé au fil des années. Port spatial de l’Europe avec des lanceurs comme Ariane 4 et Ariane 5, qui se révèlent un véritable succès commercial dans le monde3,4, le Centre Spatial Guyanais développe aussi le Programme Vega, et une base de lancement Soyuz en fin de construction à Malmanoury.

En 1982, les lois de décentralisation entrent en vigueur et un transfert de compétences s’opère vers les collectivités territoriales qui vont devenir acteurs du développement de la Guyane

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×