Histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon

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Saint-Pierre-et-Miquelon

 

 

Robert ANDRIANTSOA

robandriantsoa@yahoo.fr

Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel français d'Amérique du Nord situé dans l'océan Atlantique nord, à 25 km au sud de l’île de Terre-Neuve au Canada. Ancien département d'outre-mer puis collectivité territoriale à statut particulier, c'est aujourd'hui une collectivité d'outre-mer. L'archipel est composé de trois îles principales : Saint-Pierre, la plus petite des trois qui abrite cependant quatre-vingt-dix pour cent de la population, Miquelon et Langlade reliées entre elles par un isthme de sable (tombolo double) depuis le XVIIIe siècle et, plusieurs petites îles et îlots non habités et peut-être l'Île Verte (Terre-Neuve-et-Labrador).

Comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Clipperton, l'archipel est un des sept territoires français en Amérique et le seul en Amérique du Nord, dernière parcelle de l’ancienne Nouvelle-France.

Administration : Statut politique : Collectivité d'outre-mer de la France - Chef-lieu : Saint-Pierre

- Gouvernement :

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Chief of State President : Nicolas SARKOZY, 16.5.2007  - present - Head of Government : President Terr. Council: Stéphane ARTANO, 21.2. 2007 – present - Préfet : Patrice Latron - Prés. du Conseil territorial : Conseil territorial : Stéphane Artano

- Superficie : 242 km2 - Population : (2011) 6 290 hab. - Densité : 25,2 hab./km2 - Langue(s) : Français - PIB  (2004) · PIB/hab. 26,000 - Monnaie : Euro - Fuseau horaire : UTC -3 - Domaine internet : .pm - Indicatif téléphonique :+508.

Histoire

La toponymie

En 1520, José Álvarez Faguendes, navigateur portugais baptise l'archipel en l'honneur Sainte Ursule, alors qu'il débarque le jour de sa fête, l'archipel des onze mille vierges. Jacques Cartier le nomme Isle Sainct Pierre lors de son passage en juin 1536 ; Saint Pierre est le saint patron des pêcheurs (avec saint André, saint Antoine de Padoue, saint Nicolas de Myre, et saint Zénon de Vérone1). L'archipel a successivement été aux mains des Anglais et des Français avant de devenir définitivement français en 1815.

Le nom actuel de Miquelon a été noté sous la forme de Micquelle2 dans le manuel de navigation d'un capitaine basque, Martin de Hoyarçabal, en partance pour Terre-Neuve3 au XVIe siècle. Miquelon pourrait être une forme basque de Michel4,5,6, la traduction en langue basque de Michel étant Mikel7. De nombreux Basques espagnols ont pu être influencés par la forme espagnole de Miguelón qui signifie grand Michel.

L'île adjacente, Langlade, est une contraction de l'île à l'Anglais5.

De la colonisation au développement de l’archipel

L'arrivée du navigateur portugais João Álvares Faguendes (Fagundes) le 21 octobre 1520 est souvent citée comme date de découverte de l'île mais la découverte pourrait être bien antérieure, elle est d'ailleurs attribuée à d'autres explorateurs comme Jean Cabot en 1497 ou Verrazano en 1524. Quoi qu'il en soit, les îles servaient de base aux pêcheurs normands, bretons et basques au XVIe siècle et l'on date de 1604 les premières installations permanentes de ces derniers. Ils y pratiquaient la chasse baleinière (si l'on se réfère à leur arrivée précoce pour cette activité en Amérique du Nord, la date pourrait être bien antérieure), certainement la baleine franche (dite « baleine des Basques »), la baleine du Groenland et la baleine grise. Ces origines provinciales se retrouvent sur le drapeau de l'archipel.

Au XVIIIe siècle, les îles furent toutefois abandonnées lors de la ratification du traité d'Utrecht de 1713 qui octroyait à la France un droit exclusif de pêche sur le littoral de l'île de Terre-Neuve désigné sous le terme de côte française de Terre-Neuve. Les îles de Saint-Pierre et de Miquelon furent ensuite récupérées officiellement par la France lors du traité de Paris de 1763. Après une défaite infligée par les troupes américaines et françaises, les forces britanniques présentes en Nouvelle-Écosse attaquèrent les îles en 1778 et déportèrent la population, y compris des réfugiés de la déportation des Acadiens de 1755.

Plusieurs voyageurs illustres visiteront l’archipel encore très peu développé, comme le géographe Jean-Dominique Cassini en 1768 et, l’écrivain français Châteaubriand en 1791 qui immortalisera l’archipel dans les Mémoires d'outre-tombe.

Lors de la Révolution française, la communauté acadienne quitta subitement l'île de Miquelon pour se réfugier aux îles de la Madeleine, alors que l'exercice républicain à Saint-Pierre connut un terme brutal lors de la nouvelle attaque britannique de 1793. Il fallut attendre la Restauration de Louis XVIII pour que la dernière rétrocession par le Royaume-Uni (dont la Nouvelle-Écosse était encore une colonie) des îles Saint-Pierre-et-Miquelon à la France soit définitive.

Développement moderne et début de prospérité de la colonie

Parmi les visiteurs célèbres de l’époque qui relatent la vie et étudient cette petite colonie française de pêcheurs, dans le dernier morceau de territoire de l’ancienne Nouvelle-France devenu un simple marchepied sur la route de l’Amérique du Nord et les bancs de pêche de Terre-Neuve, on peut citer le comte Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain, vers 1850, ainsi que le docteur Albert Calmette, présent dans l’archipel de 1888 à 1890.

Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon connut un essor économique important grâce à la pêche à la morue.

L'archipel eut un certain rôle lors de la prohibition aux États-Unis d'Amérique puisque du fait de son statut de colonie française, la loi américaine (le Volstead Act) n’y était pas applicable. L'île connut, de 1919 à 1933, une réelle prospérité grâce au trafic d’alcools, de vins français et de whisky, acheminés clandestinement sur les côtes canadiennes et américaines par des goélettes ou des vedettes rapides (rum runners) construites au Canada et montées par des Saint-Pierrais. Ce fut l'époque des bootleggers.

La Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l'armistice demandé par la France, en juin 1940, et son occupation partielle par les Allemands, le gouverneur vichyste Gilbert de Bournat dut négocier avec les autorités des États-Unis afin d'obtenir quelques subsides financés par les réserves d'or françaises.

À cette même époque, le Canada voisin avait préparé, avec l'aval de Washington, un projet de débarquement pour prendre possession de Saint-Pierre-et-Miquelon. Plusieurs prétextes furent avancés, parmi lesquels des émissions radio qui se faisaient l'écho de la propagande de Vichy8. Certains avancèrent même que cette station radio aidait les U-Boots allemands présents sur les bancs de Terre-Neuve8. Le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King ne permit pas l'exécution de ces plans.

C'est à cette époque que le géologue suisse Edgar Aubert de la Rüe fut astreint en résidence à Saint-Pierre.

Sur l'ordre du général de Gaulle à Londres, l'amiral Émile Muselier orchestra la libération de Saint-Pierre-et-Miquelon à l'insu et contre l'avis des autorités américaines et canadiennes8, mais avec un premier assentiment de Winston Churchill8. L'affaire du 24 décembre 1941 fit couler beaucoup d'encre, et cristallisa la méfiance de Roosevelt envers de Gaulle. L'amiral Muselier fit organiser un plébiscite qui fut favorable à la France libre8. Saint-Pierre-et-Miquelon fut ainsi l'une des premières terres françaises ralliées à la France libre.

Histoire récente et intégration à la République française

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’ancienne colonie devient territoire d'outre-mer (TOM) en 1946. Le général de Gaulle lui marquera sa reconnaissance pour son rôle dans la France Libre par une visite le 20 juillet 1967 à bord du croiseur Colbert, avant de faire route pour son célèbre voyage au Québec, l'une des trois seules visites d'un chef d'État français (avec celles de François Mitterrand en 1987 et de Jacques Chirac en 1999).

Le 19 juillet 1976, le territoire évolue vers plus d’intégration à la République et devient département d'outre-mer (DOM)9, avant d'acquérir le statut de collectivité territoriale par la loi n° 85-595 du 11 juin 1985. La révision constitutionnelle du 28 mars 2003, qui crée la catégorie générique des collectivités d'outre-mer (COM), y englobe Saint-Pierre-et-Miquelon. Son statut actuel est fixé, dans le code général des collectivités territoriales, par la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007.

Traditionnellement, Saint-Pierre-et-Miquelon représentait un intérêt économique important en raison des droits de pêche attachés à la zone économique exclusive de 200 milles marins. L'interprétation divergente de la France et du Canada sur l'application de cette règle internationale donna lieu, à partir de 1988, année de l'arraisonnement du chalutier Croix-de-Lorraine par les Canadiens, à un contentieux entre la France et le Canada.

Suite à l'arbitrage international sans appel de New York en 1992, la zone maritime attribuée depuis lors à l'archipel se limite à la zone économique exclusive de 12 nautiques à l'est, 24 nautiques à l'ouest, et un corridor de 200 nautiques de long par 10 de large, orienté nord/sud.

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Date de dernière mise à jour : lundi 12 décembre 2011

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