Histoire de la Corée du Nord

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République populaire démocratique de Corée 

Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk

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Devise nationale : (Un pays puissant et prospère)

Langue officielle Coréen  - Capitale Pyongyang

- Forme de l’État République, régime à parti unique communiste  -  

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- Président du Comité de défense, Secrétaire général du Parti : Kim Jong-eun  - Président de l'Assemblée : Kim Yong-nam - Premier ministre Choe Yong-rim

- Superficie : 120 540 km2 - Population : 24 457 492 hab. - Densité Classé 48e : 203 hab./km2Indépendance : - Date du Japon : 15 août 1945 - Hymne national Chant patriotique

La Corée du Nord (en coréen Puk Chosŏn,  (hangul), (hanja)), officiellement la République populaire démocratique de Corée (en coréen Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk,  (hangul), (hanja)), est un État qui couvre la partie Nord de la péninsule coréenne située en Asie orientale. Sa capitale est Pyongyang. Elle est limitrophe de la Chine (1 416 km de frontières communes) au Nord et de la Russie au Nord-Est (19 km de frontières), ainsi que de la République de Corée au Sud (238 km de frontières). Cette dernière frontière méridionale est bordée de part et d'autre sur 2 km d'épaisseur par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en réalité très fortement militarisée, car surveillée au total par plus d'un million de soldats. Le Japon, proche voisin maritime, est séparé de la Corée du Nord par la mer du Japon.

La Corée du Nord est un État à parti unique avec un Front uni mené par le Parti du travail de Corée (KWP). Le gouvernement du pays suit l'idéologie officielle d'autonomie du Juche développée par le président Kim Il-sung.

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Kim Il-sung ou Kim Il-song, né le 15 avril 1912 et mort le 8 juillet 1994, fut le fondateur et le premier dirigeant de la Corée du Nord de 1948 jusqu'à sa mort. Kim Il-sung occupa les postes de premier ministre de 1948 à 1972 et de président de la République à partir de 1972, tout en occupant de manière permanente le poste de secrétaire général du Parti du travail de Corée. Il était couramment désigné du titre de Grand Leader, widaehan suryŏng). Il fut surnommé le « Président éternel » ou « professeur de l'humanité tout entière ». Son fils Kim Jong-il lui succéda à la tête du parti et du régime.

kim-jong-il.jpgKim Jong-il, né le 16 février 1941 ou 1942 et mort le 17 décembre 2011, est un homme d'État nord-coréen. Il a été le dirigeant de la Corée du Nord de 1994 à sa mort. Il succède à son père, Kim Il-sung, qui a dirigé le pays entre 1948 et 1994. Appelé le « Cher dirigeant », chinaehan jidoja; également traduit par « Dirigeant bien-aimé »), il occupe alors les fonctions de président du Comité de la défense nationale et de secrétaire général du Parti du travail de Corée. La Corée du Nord est, selon sa constitution, placée « sous la direction du Parti du Travail de Corée » et le Comité dirige l'Armée populaire de Corée, dont le rôle est prépondérant dans le pays. La constitution de Corée du Nord, révisée en 1998, précise que le président du Comité est le « Dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée ». Kim Jong-il a donc dirigé de fait la République populaire démocratique de Corée, bien que, sur un plan strictement juridique, le poste de chef de l'état soit détenu par Kim Yong-nam, en tant que président de l'Assemblée populaire suprême. Le rôle de ce dernier a cependant toujours été en retrait par rapport à celui de Kim Jong-il. Kim Jong-il décède le 17 décembre 2011 d'une crise cardiaque, alors qu'il voyageait dans un train, selon les médias officiels nord-coréens. Son plus jeune fils Kim Jong-eun, qui préside le 28 décembre ses funérailles, lui succède à la tête de la Corée du Nord.

Après la dislocation de l'URSS et une série de catastrophes naturelles, la Corée du Nord a subi une famine faisant de 900 000 à deux millions de morts. Kim Jong-Il adopte alors la politique du Songun ou « l'armée d'abord » afin de renforcer le pays et le gouvernement.

Le pays est considéré par la plupart des observateurs étrangers comme un régime communiste de type totalitaire ou stalinien, avec un culte de la personnalité développé autour de Kim Il Sung et ses descendants et l'un des plus bas rangs mondiaux au niveau des droits de l'homme. Le gouvernement nord coréen réfute cette qualification. Après la mort de Kim Jong-il en 2011, son fils cadet Kim Jong-eun est proclamé nouveau chef du parti et de l'armée; il n'a pas encore pris officiellement les fonctions de secrétaire général du Parti du travail de Corée et de président du Comité de la défense nationale occupés précédemment par son père15.

La Corée du Nord est le pays le plus militarisé au monde avec un total de 9 495 000 hommes d'active, de réserve et paramilitaires. C'est un État doté de l'arme nucléaire et qui a un programme spatial.

Histoire

kim-il-song-1.jpgAu lendemain de la capitulation japonaise le 15 août 1945, Kim Il-sung, qui avait dirigé l'armée révolutionnaire populaire coréenne (ARPC) dans la résistance coréenne à l'occupation japonaise, s'impose comme le principal dirigeant du pays en tant que secrétaire général du Parti du travail de Corée, issu de la fusion du Parti communiste et du Parti néo-démocratique de Corée.

La guerre de Corée (1950-1953) est provoquée par l'agression soudaine du sud du pays par le nord communiste ; elle entraîne plus d'un million de morts au Nord. Après l'armistice de 1953, la Corée du Nord s'industrialise et cherche à atteindre l'autosuffisance politique, économique et militaire conformément aux principes de la théorie du juche.

En l'absence de traité de paix depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, des tensions internationales émaillent la politique extérieure de l'État nord-coréen. Entre autres, le 21 janvier 1968, des agents du Nord attaquent le palais présidentiel sud-coréen à Séoul et un navire-espion américain, le Pueblo, est arraisonné dans les eaux territoriales nord-coréennes la même année.

kim-jong-il-with-his-father-kim-il-sung.jpegDans le domaine intérieur, le dirigeant Kim Jong-il, fils du président Kim Il-sung, est préparé officiellement à prendre sa succession dès 1980. Après le décès de ce dernier en 1994, et suite à un deuil national de trois ans conforme à la tradition coréenne après la mort du père, il accède officiellement aux plus hautes fonctions de l'État en 1997.

Le 31 août 1998, la Corée du Nord a procédé à une tentative de lancement d'un satellite artificiel, le Kwangmyongsong 1 depuis un missile balistique Taepodong-1. Aucune trace du satellite n'ayant pu être trouvée malgré l'annonce officielle du succès de ce vol, les spécialistes américains estiment que l'étage supérieur serait tombé en panne avant la mise sur orbite.

Le dirigeant Kim Jong-il encourage des mesures de libéralisation de l'économie depuis 2002, tout en renforçant la capacité militaire du pays, dans un contexte international tendu, en application de la politique de songun. Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord annonce avoir effectué son premier essai nucléaire, augmentant ainsi les tensions envers la communauté internationale.

Le 17 décembre 2011, Kim Jong-il décède. Sa succession à la tête du pays sera assurée par son fils Kim Jong-eun alors âgé de 27 ans.

Politique

Tour de l'idée Juche, Pyongyang

Selon l'article premier de la Constitution, « la République populaire démocratique de Corée est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen ». L'article trois précise que « la République populaire démocratique de Corée prend pour guide de ses activités les idées du Juche, conception du monde axée sur l'homme et idéologie révolutionnaire en faveur de l'émancipation des masses populaires ». Cette idéologie, instituée par Kim Il-sung qui selon lui s'inscrit dans le prolongement des principes marxistes-léninistes a pour conséquence l'application d'une politique d'indépendance, tant sur le plan politique qu’économique : les liens de coopération doivent se fonder sur le principe de complémentarité.

Le préambule de la Constitution rend longuement hommage au président Kim Il-sung, fondateur du régime en 1948 (lors de la division de la Corée). Le titre de Président de la République, associé « éternellement » à Kim Il-sung, a disparu après sa mort en 1994. La constitution révisée, depuis sa révision en 1998, donne le rang de « dirigeant suprême » au président du Comité de la défense nationale, poste occupé par Kim Jong-il, fils de Kim Il-sung, de 1993 jusqu'à son propre décès en 2011. Durant sa période au pouvoir, Kim Jong-il a cumulé les postes de président du Comité de la défense nationale, en charge des affaires militaires et donc commandant en chef de l'Armée populaire de Corée et de secrétaire général du Parti du travail de Corée, lequel est placé par la constitution aux commandes du pays.

Cette concentration du pouvoir et la succession lors du décès de Kim Il-sung fait que la Corée du Nord est considérée comme une dictature. La CIA qualifie ainsi le régime nord-coréen de « dictature personnelle » en raison de l'important culte de la personnalité vis-à-vis des deux dirigeants. Les membres du parlement et de toutes les autres institutions de l'État ne sont pas élus au suffrage universel.

Si d'autres partis existent (le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u), ils sont sous le contrôle du Parti du travail de Corée. Les trois partis sont réunis au sein d'une coalition, le Front démocratique pour la réunification de la patrie. La Corée du Nord présente ainsi les caractéristiques essentielles d'un régime dictatorial à parti unique.

La Corée du Nord est — avec un score de 1,08/10 — considérée par l'indice de démocratie mis en place par The Economist comme le pays le moins démocratique au monde.

Droits de l'homme

La Corée du Nord a signé plusieurs traités l'engageant à respecter les Droits de l'homme et plusieurs articles de sa Constitution défendent plusieurs libertés fondamentales. Mais en raison du manque d'informations disponibles, il est très difficile de vérifier leur respect. Kim Jong-Il opte pour une manière simple d’éviter tout conflit avec le peuple pour parfaire sa propagande. Celui-ci a éliminé plusieurs membres de son parti qui ont tenté d’imposer des idées différentes des siennes. Les gouvernements tout comme des ONG étrangères, tel Amnesty International, soupçonnent fortement la Corée du Nord de ne pas respecter certaines libertés fondamentales comme celles d'expression, d'association, de religion ou encore de circulation et « exhorte le gouvernement de Corée du Nord à prendre sans plus attendre des mesures en vue d'améliorer le respect des droits humains dans le pays ». Il est strictement interdit de fonder une association ou encore de songer à manifester. Kim Jong-Il poursuivait quiconque œuvrant dans cette voie. Des témoignages recueillis par Médecins sans frontières font état de conditions sociales et politiques désastreuses entrainant des troubles psychiques chez les réfugiés ayant fui ce pays.

Le travail forcé serait très fréquent au sein « d'un grand nombre de camps de détention ». Les premières photos satellites de ces camps ont été rendues publiques en 2002. En 2003, le nombre de travailleurs forcés est estimé entre 150 000 et 200 00020. En 2009, des associations, qualifiant ces camps de camp de concentration, estiment le nombre de ces travailleurs à 300 000.

Amnesty International a exprimé ses préoccupations concernant la persécution religieuse en Corée du Nord56. Selon un classement publié par Portes Ouvertes, une organisation internationale qui soutient les chrétiens persécutés, la Corée du Nord est actuellement le pays où les chrétiens sont le plus persécutés dans le monde57.

Diplomatie

Article détaillé : Relations internationales de la Corée du Nord.

Après la partition de la péninsule coréenne, les États occidentaux reconnaissaient la Corée du Sud comme représentant seule la Corée, tandis que les États socialistes n'établissaient de relations diplomatiques qu'avec la Corée du Nord. Pendant la Guerre froide, tout en appartenant au bloc de l'Est, la Corée du Nord cherchait à préserver son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique en maintenant un équilibre dans ses relations avec la République populaire de Chine et l'URSS. Elle n'avait ainsi pas adhéré au Conseil d'assistance économique mutuelle et aucune troupe étrangère ne stationnait sur son territoire.

Après la disparition de l'URSS, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont adhéré simultanément à l'ONU le 17 septembre 1991 et ont diversifié leurs relations internationales. L'une et l'autre sont aujourd'hui reconnues par la quasi-totalité des États du monde, à l'exception toutefois - pour la Corée du Nord - de plusieurs grands États occidentaux, dont les États-Unis, le Japon[réf. nécessaire] et la France, qui est l'un des deux pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître la Corée du Nord.

Tentatives de rapprochement intercoréen depuis 2000

À l'invitation du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, le président sud-coréen Kim Dae-jung s'est rendu en Corée du Nord en juin 2000. Cette rencontre s'est scellée par une déclaration conjointe le 15 juin signée à Pyongyang : elle marque le début du rapprochement entre les deux États en vue d'une réunification de la Corée.

Quelques entreprises sud-coréennes se sont implantées au Nord59, notamment à Kaesong, et la Corée du Sud est devenue le second partenaire commercial de la Corée du Nord. Les monts Kumgang ont été visités par plus d'un million de Sud-Coréens depuis 1997. Des rencontres régulières ont lieu au niveau ministériel.

La politique d'ouverture au Nord du président Kim Dae-jung a été poursuivie par son successeur Roh Moo-hyun. Le principal parti d'opposition sud-coréen, le Grand parti national, après avoir fortement critiqué la « politique du rayon de soleil », s'est rallié, début juillet 2007, au principe d'un rapprochement progressif entre les deux Corées fondé sur le développement des relations inter-coréennes. Toutefois, la loi de sécurité nationale (destinée à lutter contre la « subversion communiste ») est toujours en vigueur en Corée du Sud.

Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant du Nord Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, initialement prévu à Pyongyang du 28 au 30 août 2007, a été reporté du 2 au 4 octobre après que les plus graves inondations en Corée du Nord depuis quarante ans eurent entraîné 600 morts et disparus et touché un million de personnes. L'accord intercoréen signé le 4 octobre 2007 a souligné l'engagement commun des deux États pour promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule.

Depuis 2008 les relations entre les deux Corées se détériorent, à la suite du durcissement des exigences du Sud, portées par son président Lee Myung-bak, avec des menaces multiples nord-coréennes envers son voisin et la suspension de tous les accords avec celle-ci. En novembre 2008, la Corée du Nord annonce qu'elle ferme ses sites industriels et touristiques ainsi que les liaisons ferroviaires avec le Sud66.

Le 27 mai 2009, la Corée du Nord estime ne plus être liée par l'armistice qui a fait cesser la guerre de Corée, et ce après un nouvel essai nucléaire et plusieurs tirs de missiles courte portée, ce qui a eu pour effet de motiver son voisin du Sud à adhérer à l'Initiative de sécurité en matière de prolifération (PSI)67.

Début septembre 2009, les relations avec la Corée du Sud se sont à nouveau tendues à la suite du déversement par le Nord de quelque 40 millions de tonnes d’eau dans le lit de la rivière Imjin, causant au Sud des inondations et des victimes.

Le 26 mars 2010, la corvette sud-coréenne Chenoan aurait été coulée par un sous-marin nord-coréen. Depuis, les échanges commerciaux sont interrompus. Le président sud-coréen promet des mesures fortes. Les États-Unis et le Japon condamnent fermement l'attaque. Les États-Unis promettent de coordonner leur effectif militaire pour dissuader toute agression. La Chine tente de ramener le calme pour éviter toute escalade menant à une guerre.

Le 21 novembre 2010, la Corée du Nord tire des obus sur une île sud-coréenne, entraînant immédiatement une réplique de la part de la Corée du Sud.

Alliance avec la Chine

Ayant soutenu la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, la Chine est devenue la principale alliée de la Corée du Nord depuis la disparition de l'URSS, ainsi que son premier partenaire commercial71 et le premier investisseur étranger en RPDC.

Les relations bilatérales se fondent sur le traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre la République populaire démocratique de Corée et la République populaire de Chine, signé en 1961.

Voulant s'affirmer comme une grande puissance consciente de ses responsabilités internationales, notamment pour la stabilité politique de l'Asie du Nord-Est, la Chine a toutefois initié des pourparlers multilatéraux en vue d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne : la Corée du Nord renoncerait à ses armes nucléaires en contrepartie d'un accès au nucléaire civil et de garanties de non-agression par les États-Unis.

Contentieux latents avec le Japon

Article détaillé : Relations entre la Corée du Nord et le Japon.

Les relations avec le Japon, qui a occupé la Corée de 1905 à 1945, restent tendues. Mais alors que la Corée du Nord demande des réparations72 au titre des dommages subis pendant l'occupation japonaise (marquées notamment par la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre mondiale), le Japon considère comme prioritaire la question de l'enlèvement de plusieurs de ses ressortissants par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 198073. Par ailleurs, les tirs de missile nord-coréens, puis l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, ont été perçus au Japon comme des menaces pour l'archipel nippon : le gouvernement japonais a adopté des sanctions contre la Corée du Nord74.

Après la signature d'un accord sur les armes nucléaires en Corée du Nord à Pékin le 13 février 2007, le Japon et la Corée du Nord ont engagé des négociations bilatérales pour normaliser leurs relations diplomatiques75 mais le blocage des négociations et les annonces de nouveaux tirs de fusée font remonter la tension entre ces deux pays début 200976.

En l'absence de relations diplomatiques officielles au niveau gouvernemental, la Ligue d'amitié parlementaire Japon-Corée du Nord traite de questions d'intérêt commun pour les deux pays, telles que la délimitation des zones de pêche.

Tensions avec les États-Unis

En 1994, les États-Unis, suspectant la Corée du Nord de chercher à fabriquer des armes nucléaires, se prépare à une guerre. Le secrétaire de la Défense, William J. Perry, annonce l'envoi de troupes en Corée du Sud, et se dit prêt à accepter les risques de guerre qui en découlent, préférant celui-ci à un risque nucléaire « the policies and strategies we invoke today will have a certain risk of provoking North Korea. But he added, I'd rather face that risk than face the risk of even greater catastrophe two or three years from now  »77.Des plans sont dressés pour envoyer des avions F117 et des missiles de croisière sur un réacteur nucléaire à Yongbyon, afin d'empêcher les coréens de pouvoir en extraire de quoi fabriquer des armes78. Finalement la guerre est évitée à la suite de négociations où le gouvernement nord-coréen s'engage à ne pas fabriquer de telles armes, en échange d'un programme d'aide de un milliards de dollars des États-Unis79.

Vis-à-vis des États-Unis, dont 28 500 soldats sont stationnés en Corée du Sud en 200980, le processus de normalisation en cours sous la présidence de Bill Clinton a pris fin avec l'élection de George W. Bush, qui a inclus la Corée du Nord dans les pays de l'Axe du Mal en janvier 2002, tandis que le renforcement des sanctions financières américaines contre la Corée du Nord a accru les effets de l'embargo américain.

Les tensions américano - nord-coréennes sont montées d'un cran après que les États-Unis eurent accusé la Corée du Nord de conduire un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, ce que la Corée du Nord a toujours nié alors que ce pays a développé secrètement des armes nucléaires. En février 2007, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph de Trani, a mis en doute l'existence de ce programme clandestin d'enrichissement de l'uranium. David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, a fait une comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit, selon lesquelles l'Irak détenait des armes de destruction massives81.

Les relations bilatérales étaient en voie de normalisation après l'accord signé à Pékin le 13 février 2007 sur la fermeture de la centrale nucléaire nord-coréenne de Yongbyon82. En juin 2007, la visite du secrétaire d'État adjoint américain en charge du dossier nord-coréen, Christopher Hill, a été la première à ce niveau depuis 200283 mais l'annonce de la réactivation des installations de cette centrale le 19 septembre 2008 et le tir du Kwangmyŏngsŏng-2 le 5 avril 2009 - alors que les États-Unis avaient retiré la Corée du Nord de la liste des États soutenant le terrorisme le 11 octobre 2008 - ont fait remonter les tensions84.

Programme nucléaire

Article détaillé : Armes nucléaires en Corée du Nord.

Dans un contexte de tensions avec les États-Unis qui l'accusaient de mener un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, la Corée du Nord a présenté le développement de son programme nucléaire (à base de plutonium) comme une mesure de défense face à l'attitude qu'elle jugeait « agressive » des États-Unis : elle a procédé à son premier essai le 9 octobre 2006 après s'être retirée du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2003 devenant le neuvième État à devenir une puissance nucléaire militaire dans le monde.

Cet essai a été fortement critiqué par la communauté internationale, y compris par la Chine, proche de Pyongyang. Cette dernière a en représailles stoppé la fourniture de pétrole durant trois mois85.

Après l'accord conclu à Pékin le 13 février 2007 sur les armes nucléaires en Corée du Nord, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a été invité à Pyongyang. À l'issue de sa visite, il déclare, le 14 mars 2007, que les discussions ont été « tout à fait utiles » et que les autorités nord-coréennes ont « réitéré leur engagement à la dénucléarisation de la péninsule coréenne »86. Selon Mohamed ElBaradei, sa visite ouvre la voie à une normalisation des relations entre l'AIEA et la Corée du Nord87. Après le déblocage par les États-Unis de fonds nord-coréens détenus par la Banco Delta Asia, basée à Macao, principal obstacle à la mise en œuvre de l'accord du 13 février 2007, le directeur général de l'AIEA déclare que les inspecteurs de l'Agence ont constaté la fermeture de la totalité des cinq installations du site de Yongbyon88 mais depuis septembre 2008, l'annonce d'un processus de réactivation de la centrale de Yongbyon89 et les essais balistiques créent de nouvelles tensions diplomatiques.

Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord annonce le 25 mai 2009 qu'elle a réalisé un second essai nucléaire souterrain90,91.

Relations avec les ONG

Les relations de la Corée du Nord avec les organisations internationales et les ONG sont également tendues, car elle limite sévèrement l'accès à son territoire, officiellement « pour des raisons de sécurité », comme c'est le cas à l'égard du Programme alimentaire mondial (PAM)92. En 2007, seulement six ONG internationales dont deux françaises (Première Urgence et Triangle) sont effectivement présentes en Corée du Nord sous couvert de l'Union européenne.

Trafic de drogues

Dans les années 1990, la Corée du Nord est soupçonnée entre autres par la Russie et le Japon d’exporter des drogues produites sur son territoire. Seize affaires impliquent des diplomates nord-coréens durant cette décennie. Des diplomates nord-coréens sont aussi impliqués dans des trafics d’espèces protégées, de fausses antiquités, de CD piratés, de cigarettes de contrebande et de fausse monnaie. Pour le gouvernement nord-coréen, il s’agit de corruption et non d'une politique délibérée du gouvernement. La CIA estime que la production d'opium dans le pays variait alors entre 30 et 44 tonnes. Le gouvernement nord-coréen ne nie pas cultiver de l'opium mais affirme que c'est pour un usage pharmaceutique. Depuis 2000, le gouvernement nord-coréen aurait pris des mesures afin de mieux surveiller ses diplomates93.

Forces armées, force nucléaire

Créée le 8 février 1948, l'Armée populaire de Corée est en 2006 la quatrième plus importante armée du monde en effectifs (1 106 000 d'active et 4 700 000 de réserve) et la première en nombre de militaires pour 1 000 habitants (49,03). Depuis la guerre de Corée, elle est toujours mobilisée sur la frontière intercoréenne où des accrochages meurtriers ont lieu de temps en temps (voir les articles Frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et Guerre du Crabe).

Des pilotes nord-coréens ont participé à la guerre du Kippour dans les rangs des forces arabes.

Une part importante du budget de l'État (à hauteur de 5,217 milliards de dollars en 2002 selon la CIA) est consacrée à l'entretien et au développement de l'armée. Or, bien qu'ils aient signé en 1985 le Traité de non-prolifération nucléaire, d'après l'Institut de Brooking en 1986, les États-Unis ont installé un millier d'armes nucléaires en Corée du Sud en direction du Nord.

En 1993, la CIA et le Pentagone ont accusé la Corée du Nord d'engager un programme nucléaire clandestin. Or, entre mai 1992 et janvier 1993, la Corée du Nord avait autorisé six inspections sur le terrain de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Dans un interview à CNN le 14 avril 1994, Kim Il-Sung déclarait : « Ce que le monde nous demande aujourd'hui de montrer des armements nucléaires que nous n'avons pas. […] Nous avons beaucoup construit dans notre pays et nous ne voulons pas détruire cela. Ceux qui veulent la guerre sont insensés  ». Dans une autre interview accordée à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, Kim ajoutait : « Quel serait pour nous l'intérêt de produire une ou deux armes nucléaires lorsque vous avez plus de dix mille systèmes de frappes que nous n'avons pas ? ».

Après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, la République populaire démocratique de Corée est devenue le neuvième État à détenir l'arme nucléaire. La Corée du Nord reste encore aujourd'hui une société très militarisée.

Économie

Confrontée à des pénuries d'énergie depuis les années 1990, la Corée du Nord consacre 85 % de l'électricité produite à l'industrie, comme le montre cette photo satellite de la péninsule coréenne prise de nuit.

La Corée du Nord a une économie planifiée. Suivant l'idéologie de Juche, la Corée du Nord a cherché pendant longtemps l'autosuffisance et a de ce fait eu une politique économique d'autarcie. Bien que les échanges avec l'extérieur aient été réduits, elle a reçu une importante aide chinoise et soviétique après la guerre de Corée (1950-1953), achetant à des tarifs préférentiels des matières premières non présentes sur son sol (comme le pétrole).

Depuis 2002, certaines réformes économiques ont été mises en place, comparables aux mesures de libéralisation mises en place en Chine dans les années 1990.

Les réformes sont toutefois présentées comme temporaires et certaines n'ont pas été maintenues. Depuis octobre 2005, le riz n'est plus vendu sur les marchés privés et relève à nouveau du seul système public de distribution. Cette mesure a été justifiée par l'augmentation de la production de céréales, alors que le développement des marchés privés avait augmenté les inégalités dans l'accès au riz, base de l'alimentation coréenne.

Données globales

En l'absence de statistiques officielles, les données chiffrées sur l'économie nord-coréenne proviennent des institutions internationales et sud-coréennes, ainsi que des chercheurs occidentaux et sud-coréens. Elles sont établies notamment à partir des observations recueillies par les étrangers et les Sud-Coréens présents en Corée du Nord. De ce fait, les estimations sont partiellement incomplètes.

Croissance économique

Après la guerre de Corée, la croissance économique a été aussi rapide, voire plus, qu'en Corée du Sud : elle atteint 10 % par an en moyenne entre 1960 et 1970 et dépasse 17 % entre 1971 et 1975. Le ralentissement économique à partir de 1976 coïncide toutefois avec un dépassement, pour la première fois, de la Corée du Nord par la Corée du Sud en termes de produit national brut (PNB) par habitant.

Après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est, la croissance économique a été nettement négative jusqu'en 1998 selon le ministère sud-coréen de la réunification. D'après la même source, le taux de croissance annuel moyen dépasse 3 % depuis 1999, mais la Corée du Nord n'a pas encore retrouvé le niveau d'autosuffisance alimentaire.

Évaluations du PNB global et par habitant

Selon le ministère de la réunification sud-coréen, le PNB de la Corée du Nord est passé de 15,7 milliards de dollars en 2001 à 20,8 milliards de dollars en 2004, soit un PNB moyen par an et par habitant de 914 $ en 2004. Selon d'autres sources, il s'élèverait en parité de pouvoir d'achat à environ 40 milliards de dollars en 2005, soit 1 800 $ dollars par an et par habitant.

Relations économiques internationales

En 2005, les principaux destinataires des exportations nord-coréennes étaient la Chine (35 %), la Corée du Sud (24 %), la Thaïlande (9 %) et le Japon (9 %). À la même date, les principaux fournisseurs de la Corée du Nord étaient la Chine (42 %), la Corée du Sud (28 %), la Russie (9 %) et la Thaïlande (8 %).

La dette extérieure est estimée en 2000 à 12,5 milliards de dollars106.

En 2007, plusieurs associations estiment à 15 000 le nombre d'ouvriers (en majorité féminins) travaillant à l'étranger et reversant une partie de leur salaire à l'État107.

Niveau de développement

Le niveau de production d'électricité est un indicateur de l'industrialisation du pays. Il est en 2004 évalué à 21,71 milliards de kWh (939 kWh par habitant) 108.

Voici quelques indicateurs de développement pour situer les conditions de vie des Nord-Coréens :

  • le nombre de lignes téléphoniques est de 930 000 en 2003 (0,04 par habitant), légèrement supérieur à celui du Yémen (0,03 par habitant),
  • le taux de mortalité infantile est estimé à 27,11 pour mille en 2011, 76e le plus élevé (sur un total de 222 pays)109.

Santé

Selon les estimations de l'OMS et de l'ONUSIDA, aucun des 2 900 cas recensés de Sida n'a reçu de traitement en 2007110. Le 9 décembre 2009, la Corée du Nord présente pour la première fois un foyer du virus A (H1N1)111. Le ministère de la Santé nord-coréen fait état de 9 cas à Pyongyang et à Sinuiju112.

Malgré les affirmations du gouvernement nord-coréen d'un système gratuit et performant, d'autres rapports comme celui d'Amnesty International de 2010 affirment que le système de santé nord-coréen serait en ruines et aurait un besoin d'aide urgent113.

Situation alimentaire

La Corée du Nord avait atteint et dépassé le niveau d'autosuffisance alimentaire au début des années 1990, alors même que la majeure partie des terres arables étaient situées au sud lors de la division de la Corée114.

Toutefois, la situation s'est gravement détériorée dans les années 1990, sous l'effet conjugué de différents facteurs114 :

  • la diminution des échanges avec la Russie et la Chine, et en particulier la fin des livraisons de pétrole soviétique à des conditions préférentielles ;
  • une série de catastrophes climatiques (sécheresses, inondations) : la sécheresse du printemps 2001, la plus forte des 80 dernières années, a été suivie de l'hiver le plus froid depuis 50 ans et les inondations de 2007 ont détruit plus de 11 % des récoltes du pays ;
  • une sur-utilisation des engrais et des pesticides ayant épuisé les sols ;
  • la déforestation, ayant entraîné le lessivage des sols lors des inondations[réf. nécessaire] ;
  • les méthodes de culture sont archaïques115.

Selon certaines ONG, comme Médecins sans frontières116, le fonctionnement même du système économique (centralisé et qui inciterait les responsables de provinces à truquer à la hausse les résultats) aurait été un des facteurs de la famine entre 1995 et 1999, ayant causé des centaines de milliers de victimes4, et ayant conduit le pays à faire pour la première fois appel à l'aide internationale. Cette explication sur l'incidence du mode d'organisation économique n'est pas retenue par une autre analyse114 qui relève que le système économique centralisé a, au contraire, permis de mobiliser les ressources du pays sur l'objectif prioritaire de retour à l'autosuffisance alimentaire, en l'orientant de l'industrie vers l'agriculture. Toutefois, des cas des cannibalisme sont régulièrement rapportés117.

En 2005, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait que la moitié de la population était sous-alimentée et que plus du tiers des habitants souffraient de malnutrition chronique. Toujours selon le PAM, le taux de malnutrition aiguë, qui s'établit à 16 % à la fin des années 1990, est estimé en 2005 à 7 %. Près de 40 % des enfants présentaient des retards de croissance biologique. Environ 70 % de la population n'aurait accès qu'au système public de distribution. La quantité des rations avait diminué de « 319 grammes par jour et par personne en 2003 – ce qui était déjà insuffisant – à 250 grammes en mars 2005 »92.

En 2007, l'ONU évalue à environ un cinquième de ses besoins le déficit alimentaire de la Corée du Nord et, parmi les aides étrangères, la Corée du Sud doit livrer 400 000 tonnes de riz en six mois118. La situation pourrait être aggravée par les inondations d'août 2007 qui ont entraîné d' « énormes dégâts humains et matériels » selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA : plusieurs centaines de personnes seraient mortes ou disparues et des dizaines de milliers de familles seraient sans abri, les dégâts étant également très importants pour les réseaux de communication et de transport119.

En 2008, l'administration américaine fournit à la Corée du Nord 500 000 tonnes de denrées alimentaires. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU en distribue près de 400 000 tonnes, et les ONG américaines près de 100 000 tonnes120. En 2010, un nouveau rapport d'Amnesty International affirme, sur la base de témoignages individuels, que des milliers de Nord-Coréens sont contraints de manger de l'herbe et des écorces d'arbre pour survivre121. Début 2011, la Corée du Nord lance un nouvel appel à l'aide alimentaire internationale122.

Transports

En raison de la pénurie de pétrole qui limite la circulation automobile et le transport routier, ceux-ci ne représentent que 12 % du transport de fret20.

En 1999 on estime qu'il existe 31 200 kilomètres de routes, dont seulement 1 997 kilomètres sont pavés (6,4 %) 123. Le nombre de véhicules est estimé à 264 000 en 1990, principalement utilisés par l'armée 20. Des agents de circulation sont présents dans la capitale à certains carrefours, organisant une circulation automobile quasi-inexistante 124.

Le chemin de fer compte 5 214 km de voies en 2005, dont la majeure partie (3 500 km) est électrifiée. Il représente le principal mode de transport en acheminant 86 % du fret et 80 % des personnes circulant dans le pays20. Le réseau ferroviaire est relié à l'étranger avec la Chine et le transsibérien. D'après certains analystes, la connexion de ce réseau avec celui de la Corée du Sud pourrait entraîner de grands changements géopolitiques125.

Il existe 77 aéroports en 2006, dont un seul aéroport international, celui de Pyongyang, ayant pour destination principale Pékin. En excluant l'utilisation militaire, ce mode de transport reste marginal20. Il existe une compagnie nationale, Air Koryo, interdite de vol dans l'Union européenne126.

Le transport fluvial a un rôle limité dans la mesure où seuls deux fleuves sont praticables par des bateaux importants, le Yalu et le Taedong. Il représente 2 % du transport de marchandises20.

Tourisme

La Corée du Nord est membre de l'Organisation mondiale du tourisme depuis 1987. Très encadré par l'État, le tourisme en Corée du Nord ne se fait que via la Direction nationale du tourisme. Il est impossible de visiter le pays individuellement. Le tourisme s'y fait en groupes guidés par des membres du parti. En 1999, on compte 60 hôtels pour un total de 7 500 lits exclusivement réservés aux touristes. En 1998, dernière année où des chiffres sont disponibles, 130 000 personnes avaient visité le pays20.

Au niveau national, les objets et les bâtiments possédant une valeur historique et artistique exceptionnelle ont été regroupés dans la liste des trésors nationaux. Le site touristique le plus mis en avant par le gouvernement est celui des monts Kumgang, au nord-est de la frontière sud-coréenne.

La principale compagnie aérienne desservant Pyongyang est la compagnie nationale nord-coréenne Air Koryo. Des lignes régulières relient Pyongyang à Pékin, Shenyang et Macao en Chine, Vladivostok et Khabarovsk en Russie, ainsi que Bangkok en Thaïlande.

Culture

Articles connexes : Céramique coréenne, peinture coréenne, danse coréenne, littérature coréenne et musique coréenne.

Comme en Corée du Sud, la société est marquée par l'héritage du confucianisme (lequel implique le respect des parents, des aînés et des professeurs), mais aussi par une culture socialiste. Chaleureux et accueillants, les Coréens sont socialement conservateurs dans le domaine des mœurs127.

À la différence des pays capitalistes, les différents statuts sociaux de la société nord-coréenne fortement hiérarchisée s'expriment moins dans les différences de salaires que dans l'attribution par l'État des biens de base (logement, nourriture, vêtements, biens de consommation). La libéralisation des prix et des salaires depuis 2002 tend toutefois à remettre en cause l'organisation sociale traditionnelle.

La mise en place d'un régime de démocratie populaire après 1945 a renversé les rapports sociaux, plaçant l'ancienne aristocratie yangban et les collaborateurs japonais en bas de l'échelle sociale, tandis que les ouvriers et les anciens résistants étaient promus.

Dans un contexte où les liens familiaux et professionnels constituent des réseaux de sociabilité essentiels, la division de la Corée a été douloureusement ressentie comme une sanction imposée à un pays qui ne faisait pas partie des États vaincus, à la différence de l'Allemagne. La Guerre de Corée a aussi affecté de nombreuses familles coréennes. La réunification de la Corée constitue un objectif majeur pour tous les Coréens qui forment un peuple très homogène.

Activités culturelles

Toutes les activités culturelles sont sous le contrôle de l'État. Nombre de livres, poèmes, chansons ou encore films sont empreints d'un très fort nationalisme, d'une vision vantant la supériorité du « socialisme nord-coréen sur la "corruption bourgeoise et impérialiste" » 128 et d'un important culte de la personnalité de Kim Il-sung et de son fils Kim Jong-il.

L'information est sous le contrôle de l'État via l'unique agence de presse du pays et la télévision nationale20.

Cinéma

La place du secteur cinématographique est considérée comme très importante, puisque la production est placée directement sous l'autorité de Kim Jong-il à partir de 1966-1967. D'après sa biographie officielle, Kim Jong-il, qui intègre le Comité central du Parti du travail de Corée en 1964, s'intéresse « dès les premiers temps de son activité […] à la littérature et aux arts » et « fait d'abord concentrer les forces sur l'art cinématographique »129.

En 1978, la Corée du Nord enlève un réalisateur sud-coréen, Shin Sang-ok, pour filmer des spots de propagande à la gloire du pays. Peu à peu, il gagnera la confiance des dirigeants qui le laisseront voyager en 1986 à Vienne, où il réussira finalement à gagner refuge après une captivité forcée de plusieurs années130.

Selon Antoine Coppola131, le cinéma nord-coréen est fondé sur le réalisme socialiste soviétique.

Compte tenu des actuelles difficultés économiques de la République populaire démocratique de Corée, la production de films par la Corée du Nord a diminué d'une cinquantaine de longs métrages, à la fin des années 1980, à seulement deux films en 2006 : Pyongyang Nalpharam de Phyo Kwang et Maeng Cheol-min et Le Journal d'une écolière, de Jang In-hak. En 2007, le budget prévisionnel pour la production cinématographique s'élève à 3 millions de dollars, correspondant à la production de 5 à 7 longs métrages. Depuis 1987, le Festival international du film de Pyongyang est organisé dans la capitale nord-coréenne132.

Littérature

Article détaillé : Littérature coréenne.

Après 1945, la littérature nord-coréenne a d'abord été représentée par des écrivains de gauche qui avaient lutté contre l'occupation japonaise, notamment au sein de la KAPF. O Chang-hwan, Chong Chi-yong, Kim Ki-rim, Kim Tong-hwan et Hong Myong-hi font partie des écrivains de la génération de l'entre-deux-guerres qui ont rejoint la Corée du Nord. Parmi eux, Han So-rya a présidé la Fédération des arts et de la littérature de Corée du Nord133. L'arrivée au pouvoir de Kim Jong-il, en 1994, a conduit à mettre davantage l'accent sur les thèmes de la vie quotidienne134.

Hong Myong-hi, grand-père de Hong Sok-jung, est devenu vice-premier ministre de la République populaire démocratique de Corée, après avoir embrassé la carrière d'écrivain pour protester contre l'interdiction de la langue coréenne par les Japonais pendant l'occupation de la Corée135.

Choi Myung-ik, représentant du courant moderniste des années 1930, a également été publié en Corée du Sud136.

Éducation

Le système éducatif nord-coréen est fortement centralisé et sous le contrôle de l'État. L'enseignement est gratuit et obligatoire en Corée du Nord pendant onze années, de 6 à 17 ans, et est sanctionné par l'obtention d'un diplôme de fin d'études secondaires. Selon les données officielles et le World Factbook de la CIA, le taux d'alphabétisation est de 99 %137.

Les matières de base de l'enseignement sont le coréen, les mathématiques, le sport, le dessin, la musique, les sciences, ainsi que l'étude des idées du juche, la pensée de Kim Il-sung, fortement valorisée.

Sport

La Corée du Nord dispose de sa propre équipe olympique depuis 1957. En 2000 et 2004, les sportifs des deux Corées défilaient ensemble, ce qui ne fut pas le cas en 2008 à Pékin, malgré les efforts du CIO.

La Corée du Nord a remporté de 1957 à 2006 8 médailles d'or, 12 d'argent et 30 en bronze aux différents Jeux olympiques.

La victoire de la Corée du Nord sur l'Italie lors de la coupe du monde de football de 1966 a fait l'objet d'un film de Daniel Gordon intitulé The Game of Their Lives (Le Match de leurs vies). Pour la première fois, une nation asiatique arrivait en phase finale d'une coupe du monde de football. Dans un pays où ce sport est très populaire, le Rungrado May Day Stadium à Pyongyang compte 150 000 places, ce qui en fait à l'heure actuelle le plus grand stade au monde138.

Le taekwondo, art martial coréen, est pratiqué tant en Corée du Sud qu'en Corée du Nord, où le maître Yoon Byung-in a assuré sa diffusion139.

Le marathon est la passion nationale.

Le 17 juin 2009, l'équipe de football de la Corée du Nord se qualifie pour la phase finale de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, et crée la surprise en tenant hardiment tête à l'équipe de football du Brésil, trop confiante, en réduisant l'écart dans les dernières minutes du temps réglementaire, s'inclinant ainsi sur un score de 2-1. Le match suivant, contre le Portugal, est une écrasante défaite pour la Corée du Nord (7-0). Après trois buts encaissés, Kim Jong-il a décidé d'arrêter la retransmission du match. Le dernier match contre la Côte d'Ivoire, qui ne pouvait de toute façon pas empêcher l'élimination de la Corée du Nord, s'est soldé par une ultime défaite (3-0). Selon Radio Free Asia, à la suite de cet échec, l'entraîneur Kim Jong-hun aurait été exclu du Parti communiste et condamné à travailler sur un chantier pour une période non précisée



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Date de dernière mise à jour : samedi 19 mai 2012

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