Histoire du Bangladesh

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République populaire du Bangladesh

Gônoprojatontri Bangladesh

 

Robert ANDRIANTSOA

robandriantsoa@yahoo.fr

Le Bangladesh, dans l'alphabet phonétique international, en bengali, littéralement « le pays du Bengale », en forme longue la République populaire du Bangladesh, en bengali, Gônoprojatontri Bangladesh, est un pays du sous-continent indien. Situé au nord du golfe du Bengale, quasiment enclavé dans l'Inde, il a une petite frontière commune avec la Birmanie.

Les frontières de la région qui constitue aujourd'hui le Bangladesh furent établies en 1947 pendant la partition des Indes, quand le pays devint la partie orientale du Pakistan. Le lien entre les deux parties du Pakistan, fondé sur leur religion majoritaire commune, l'islam, s'est révélé fragile puisqu'une énorme étendue de territoire indien mesurant 1 600 km de long les séparait. Soumis à une discrimination politique et linguistique — l'ourdou étant proclamé langue officielle du Pakistan — ainsi qu'à une négligence économique de la part du pouvoir aux mains du Pakistan occidental, les Bengalis du Pakistan oriental déclarent l'indépendance en 1971. Le Bangladesh voit le jour après une guerre d'indépendance avec l'appui de l'Inde et de l'URSS. Malgré sa libération, le Bangladesh voit son développement marqué par des troubles politiques, avec quatorze chefs de gouvernement et au moins quatre coups d'État.

Avec plus de 1 000 hab/km², le Bangladesh est l'un des pays les plus densément peuplés du monde. Géographiquement, l'essentiel du Bangladesh est occupé par le delta du Gange et du Brahmapoutre. C'est une plaine fertile mais sujette aux cyclones et inondations des moussons.

Le gouvernement est une démocratie parlementaire. Il est membre du Commonwealth depuis 19723, de l'ASACR, du BIMSTEC, de l'OCI, et du D-8.

Langue officielle : bengali - Capitale : Dhaka

- Forme de l’État :

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République  - 19e président de la République populaire du Bangladesh : Zillur Rahman, Actuellement en fonction Depuis le 12 février 2009 (2 ans, 10 mois et 4 jours) - 17e Première ministre bangladaise : Sheikh Hasina Wajed, Actuellement en fonction Depuis le 6 janvier 2009 (2 ans, 11 mois et 8 jours)

 - Superficie : 143 998 km2 - Population : 158 570 535 hab. (2011) - Densité : 1083 hab./km2 - Indépendance : Du Pakistan – Déclarée : 26 mars 1971 - Reconnue :
16 décembre 1971 - Monnaie : Taka (BDT) - Fuseau horaire UTC +6 - Hymne national : Amar Shonar Bangla.

Histoire

Il existe des vestiges d'une civilisation datant d'il y a quatre mille ans dans la région du Bengale16,17, alors peuplée de Dravidiens, Tibéto-Birmans et Austro-Asiatiques. L'origine exacte du mot « Bangla » ou « Bengal » est inconnue, quoiqu'on les pense dérivés de « Bang », le nom d'une tribu parlant le dravidien et installée dans la région aux environs de -100018.

Le royaume de Gangaridaï est formé au plus tard au XIIe siècle av. J.‑C., après l'arrivée des Indo-Aryens ; ce royaume s'unira avec le Bihar sous les empires Magadha et Maurya. Le Bengale devient plus tard partie de l'empire Gupta des IIIe au VIe siècles. Après sa dissolution un Bengali appelé Shashanka fonde un empire riche mais de courte vie ; il est considéré comme le premier roi indépendant de l'histoire du Bangladesh. Après une période d'anarchie la dynastie bouddhiste Pala règne sur la région pendant quatre siècles, suivis d'un règne plus court de la dynastie Sena hindoue. L'islam est introduit au Bengale au XIIe siècle par des missionnaires soufis ; d'amples conquêtes musulmanes contribuent à le propager dans la région19. Un général turc, Bakhtiyar Khalji, bat Lakshman Sen de la dynastie Sen et conquiert de grandes étendues du Bengale. La région est dominée par des dynasties de sultans et des seigneurs féodaux pendant plusieurs siècles. Au XVIe siècle l'Empire moghol contrôle le Bengale et Dhaka devient un centre provincial important de l'administration moghole.

Les commerçants européens arrivent vers la fin du XVe siècle, leur influence grandissant peu à peu jusqu'à ce que la Compagnie anglaise des Indes orientales arrive à contrôler le Bengale suite à la bataille de Plassey en 175720. La rébellion sanglante de 1857, connue sous le nom de Révolte des Cipayes, aboutit à un transfert du pouvoir à la Couronne, avec un vice-roi à la tête de l'administration21. Pendant la période coloniale la famine est récurrente dans tout le sous-continent indien ; la Grande famine bengale de 1943 fera jusqu'à 3 millions de morts22.

Entre 1905 et 1911 il y eut une tentative avortée de diviser la province du Bengale en deux zones, avec Dhaka capitale de la zone orientale23. Quand l'Inde est divisée en 1947, le Bengale est également divisé pour des raisons religieuses ; la partie occidentale est donnée à l'Inde et la partie orientale devient une province du Pakistan appelée Bengale oriental (plus tard renommée Pakistan oriental), avec sa capitale à Dhaka24.

En 1950 les réformes territoriales aboutissent à l'abolition du système féodal zamindari25. Toutefois, malgré le poids économique et démographique de l'est, le gouvernement et les forces militaires pakistanais furent largement dominés par la haute société de l'ouest. Le Mouvement pour la Langue de 1952 est le premier signe de tension entre les deux parties du Pakistan26. L'insatisfaction à l'égard du gouvernement sur les problèmes économiques et culturels augmente dans la décennie qui suit, pendant laquelle la Ligue Awami émerge comme voix politique de la population bengalophone. Elle agit pour l'autonomie dans les années 1960. En 1966 son président, Mujibur Rahman, est emprisonné ; il est libéré en 1969 après une insurrection populaire.

En 1970 un énorme cyclone appelé Bhola dévaste la côte du Pakistan oriental ; le gouvernement réagit lentement. La colère de la population bengalie grandit quand Mujibur Rahman, dont la Ligue Awami avait obtenu la majorité au Parlement aux élections de la même année27, est empêché d'entrer en fonction. Après avoir mis en scène des pourparlers avec Mujibur, le président Muhammad Yahya Khan le fait arrêter la nuit du 25 mars 1971 et lance Operation Searchlight28, une attaque militaire soutenue sur le Pakistan oriental. Les méthodes employées furent très sanglantes ; la violence de la guerre provoqua la mort de nombreux civils29. Parmi les cibles les plus importantes on trouve des intellectuels et des hindous ; environ dix millions de réfugiés s'enfuient en Inde30. Les estimations du nombre de morts vont de 300 000 à 3 millions de personnes31,32.

La plupart des leaders de la Ligue Awami quittent le pays et installent un gouvernement en exil à Calcutta, en Inde. La guerre dure neuf mois. La guérilla menée par les Mukti Bahini (Freedom Fighters) et les troupes bengalies sont finalement aidés par les Forces armées indiennes en décembre 1971. Sous le commandement du lieutenant général en:Jagjit Singh Aurora, l'armée de terre indienne remporte une victoire décisive sur les Pakistanais le 16 décembre, prenant plus de 90 000 prisonniers de guerre33 pendant ce qui est nommé la Troisième Guerre indo-pakistanaise.

Après son indépendance le Bangladesh devient une démocratie parlementaire avec Mujib comme Premier ministre. Aux élections parlementaires de 1973 la Ligue Awami remporte la majorité absolue. Une famine touche le pays en 1973 et 197422. Début 1975 se met en place un gouvernement socialiste à parti unique dirigé par Mujib et le BAKSAL (en). Le 15 août 1975 Mujib et sa famille sont assassinés par des officiers militaires34.

Une série de coups d'État et contre-coups-d'État dans les trois mois suivants culminent avec l'arrivée au pouvoir du général Ziaur Rahman (« Zia »), qui réinstalle le système politique précédent, avec plusieurs partis, et fonde le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). Zia est assassiné en 1981 par des militaires34. Le chef d'État important suivant est le général en:Hossain Mohammad Ershad, qui accède au pouvoir par un coup d'État sanglant en 1982 et y reste jusqu'en 1990 quand il est forcé de démissionner sous la pression de donateurs occidentaux suite à un changement majeur en politique internationale après la fin de la Guerre froide et des dictateurs communistes. Depuis lors, le Bangladesh est à nouveau une démocratie parlementaire. La veuve de Zia, Khaleda Zia, mène le BNP à une victoire parlementaire aux élections générales de 1991 et devient la première femme Premier ministre dans l'histoire du pays. Toutefois, la Ligue Awami, dirigée par Sheikh Hasina Wajed, l'une des filles de Mujib ayant survécu à l'assassinat, prend le pouvoir aux élections suivantes en 1996. Elle perd en faveur du BNP en 2001.

Le 11 janvier 2007, à la suite de graves violences, un gouvernement par intérim est mis en place pour organiser les élections. Le pays souffre d'une corruption intense35, du désordre et de la violence politique. Supprimer la corruption à tous les niveaux de l'État est la priorité du nouveau gouvernement. Ainsi, beaucoup de personnalités politiques, de fonctionnaires et de membres des partis politiques se sont vu arrêter pour corruption.

Politique

Le Bangladesh est une République démocratique à régime semi-présidentiel.

Le chef de l'État, le président de la République, est élu pour 5 ans au suffrage indirect. Il est élu par le Parlement. Le président bangladais n'a qu'un rôle de représentation. Le premier ministre exerce l'essentiel du pouvoir exécutif. Il est nommé par le Président et doit être membre du parti majoritaire au Parlement. Le gouvernement est composé de ministres sélectionnés par le premier ministre.

Sheikh Hasina Wajed est actuellement le premier ministre du Bangladesh. Deux partis politiques dominent la vie politique du Bangladesh, la Ligue Awami (AL) et le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). Les deux autres partis politiques minoritaires sont le Jatiya Party et le Jamaat-e-Islami Bangladesh.

Le pouvoir législatif est exercé par un parlement monocaméral dont la chambre s'appelle la chambre des Nations ou Jatiya Sangsad. Les 300 membres sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans.

La plus haute instance judiciaire est la Cour suprême, dont les membres sont nommés par le président.

Gouvernement

Le Bangladesh est une démocratie parlementaire ayant l'islam comme religion d'État36. Les élections sont ouvertes à tout citoyen au-dessus de 18 ans et sont tenues tous les cinq ans pour le parlement unicaméral de 300 sièges élus de circonscriptions électorales à un membre. Le Premier ministre, en tant que chef du gouvernement, choisit son cabinet. Le premier ministre est formellement choisi par le président, mais doit également être un membre du Parlement doté de la confiance d'une majorité des autres membres. Le président est le chef d'État, un poste largement honorifique, et est élu par le Parlement37. Le bâtiment du Parlement, situé à Dhaka, est appelé Jatiyo Sangshad et fut créé par l'architecte Louis Kahn.

Les pouvoirs du président ont toutefois été élargis pendant le gouvernement intérimaire: il est responsable des élections et du transfert du pouvoir. Les membres de ce gouvernement se doivent d'être non-partisans et ont trois mois pour faire leur travail. Cette situation transitoire est une innovation du Bangladesh, introduite lors des élections de 1991 puis institutionnalisée en 1996 par le treizième amendement à la constitution38.

La constitution du Bangladesh fut rédigée en 1972 et a eu quatorze amendements, la cinquième a été jugée illégale en 2005 car contraire à la laïcité et la suspension de ce verdict a pris fin le 3 janvier 201038,39. L'organisation judiciaire la plus importante est la Cour suprême, dont les juges sont choisis par le président. Les institutions judiciaires et policières sont faibles40. La séparation des pouvoirs, judiciaire et exécutif, est finalement mise en œuvre le 1er novembre 2007. Les lois sont basées en partie sur le common law anglais, mais les lois sur la famille, dont le mariage et l'héritage, sont régies par des documents religieux et diffèrent donc selon la communauté religieuse.

Les deux principaux partis politiques sont le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), la Ligue Awami (AL). Le BNP est dirigé par Khaleda Zia et trouve des alliés parmi des partis islamistes, dont Jamaat-e-Islami et Islami Okiya Jot, tandis que la Ligue Awami de Sheikh Hasina Wajed est alignée sur les partis de gauche et sécularistes. Hasina et Zia sont des rivales de longue date ayant dominé la vie politique bangladaise depuis quinze ans ; les deux sont femmes et parentes d'un chef du mouvement d'indépendance. Un autre parti politique d'importance est le Parti Jatiya (JP), avec à sa tête l'ancien chef militaire Ershad. La rivalité BNP-AL a été et reste vive et ponctuée de manifestations, protestations, violences et assassinats. La politique en milieu étudiant est particulièrement forte dans le pays, legs de l'époque du mouvement de libération. Presque tous les partis ont des branches universitaires très actives, et des étudiants ont été élus au Parlement.

Deux partis radicaux islamistes, Jagrata Muslim Janata Bangladesh (JMJB) et Jama'atul Mujahideen Bangladesh (JMB), furent bannis en février 2005. Des attentats à la bombe survenus depuis 1999 ont été attribués à ces groupes, et des centaines de leurs membres soupçonnés ont été détenus lors de plusieurs opérations de sécurité, y compris les deux chefs de parti en 2006. Le premier cas d'attentat suicide au Bangladesh eut lieu en novembre 2005.

Les élections prévues en 2006 ont été reportées sine die et la loi martiale instaurée en janvier 2007. Le gouvernement intérimaire de Fakhruddin Ahmed veut réviser la liste des votants et agir contre la corruption. Il pense tenir de nouvelles élections en 2008, mais un manque de coordination entre la commission électorale et le gouvernement, ainsi que leurs activités récentes, ont créé une incertitude autour des élections. Les deux candidates principales, Khaleda Zia et Sheikh Hasina Wajed, sont inculpées de crimes concernant la corruption.

Les forces militaires du Bangladesh manifestent également l'intention d'exercer une action politique dans le pays, essayant de changer la constitution pour permettre une participation des militaires à la vie politique41. Elles aident le gouvernement intérimaire dans la lutte contre la corruption. Elles imposent également une censure sur les médias nationaux, obligeant à fermer ou empêchant de travailler les chaînes de télévision privées42.

Le Bangladesh est membre du Commonwealth depuis son indépendance. Il a été admis aux Nations unies en 1974. Le Bangladesh est aussi membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Relations internationales et forces militaires

Le Bangladesh suit une politique modérée de relations internationales mettant l'accent sur la diplomatie multinationale, particulièrement au sein des Nations unies. Le pays a rejoint le Commonwealth et l'ONU en 1974, et a depuis servi deux fois au Conseil de sécurité (en 1978-1979 et 2000-2001). Dans les années 1980 le Bangladesh a tenu un rôle important dans la fondation de l'Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR), pour développer ses liens avec d'autres pays du sous-continent indien. Depuis la fondation de l'association en 1985 un Bangladais a occupé le poste de secrétaire général deux fois.

Ses relations internationales les plus importantes et complexes sont celles avec l'Inde et le Pakistan. Ces relations sont influencées par les liens historiques et culturels partagés et forment une composante importante du discours politique intérieur actuel. Il commence également à développer ses liens avec la République populaire de Chine, économiquement et militairement.

Ses relations avec l'Inde commencèrent positivement du fait de l'aide apportée par ce pays dans la guerre d'indépendance et pendant la reconstruction. Au fil des années les relations entre les deux pays ont changé pour plusieurs raisons. Une source majeure de tensions est le barrage de Farakka, construit par l'Inde en 1975 à 11 kilomètres de la frontière avec le Bangladesh ; ce barrage dévie beaucoup de l'eau nécessaire aux Bangladais et a un impact négatif sur l'écosystème de la région43. L'Inde a exprimé son inquiétude pour les séparatistes hostiles à l'Inde et les militants extrémistes islamistes qui se cacheraient le long de la frontière indo-bangladaise de 4 000 km, ainsi que les immigrants clandestins ; l'Inde est en train de construire une barrière tout le long de presque toute la frontière44. Toutefois, lors de la réunion annuelle de 2007 de l'ASACR les deux pays se sont engagés à coopérer sur des problèmes de sécurité, d'économie et ceux liés à leur frontière commune45.

L'armée de terre compte environ 200 000 hommes, l'armée de l'air 7 000 et la marine 14 95046,47. En plus de leur rôle traditionnel de défense, les forces militaires sont appelées à rendre service aux autorités civiles lors de catastrophes naturelles, ainsi que pendant des périodes d'instabilité politique. En outre, une force paramilitaire composée d'environ 40 000 hommes, les Bangladesh Rifles, assure le contrôle des frontières48. Le Bangladesh n'est pas en guerre mais a contribué à la coalition combattant dans la première Guerre du Golfe en apportant 2 300 hommes, et est l'un des premiers pays participant aux forces de maintien de paix de l'ONU partout dans le monde. En mai 2007, le Bangladesh avait des forces déployées en République démocratique du Congo, au Liberia, au Soudan, à Timor-Leste et en Côte d'Ivoire49.

Subdivisions

Le Bangladesh est organisé en divisions (bibhags, districts (zila ou jela,  upazila ou thana (les gouvernements successifs renomment les unités par l'un ou l'autre terme), parishad et villages.

Les sept divisions sont, du nord au sud, Rangpur, Râjshâhî, Dhaka, Sylhet, Khulna, Barisâl et Chittagong, chacune nommée d'après leur capitale50. Il existe 64 districts et 482 upazilas.

Les divisions sont subdivisées en districts (zila) ; il y en a 64, chacun subdivisé en upazila (sous-districts) ou thana (commissariats). La région de chaque thana, sauf celles en ville, est divisée en plusieurs unions, dont chacune représente plusieurs villages. En ville, les thana sont divisées en wards, elles-mêmes divisées en mahallas. Il n'y a pas d'élus au niveau des divisions, des districts ou des upazila ; l'administration est assurée par des fonctionnaires. Des élections directes sont organisées pour chaque union ou ward pour élire un président et quelques membres. En 1997, un acte parlementaire réserve trois sièges sur douze aux candidats femmes51. Dhaka est la capitale du pays et la plus grande ville, les autres grandes villes sont Chittagong, Khulnâ, Râjshâhî, et Barisal. Ces métropoles ont des maires élus, alors que les autres villes ont à leur tête des présidents. Les maires et les présidents sont élus pour une durée de cinq ans.

Démographie

Le Bangladesh possédait une population estimée à 144 millions d'habitants en 200661. Selon le dernier recensement effectué en 2001, les chiffres sont de 124 355 263 habitants, dont 64 091 508 sont des hommes et 60 263 755, des femmes62. Il s'agit du septième pays le plus peuplé au monde et l'un des plus denses. Hormis les très petites villes-État tels que Singapour et le Bahreïn, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde63. Le pays, avec 1 023 habitants au km², est souvent comparé à l'île indonésienne de Java.

Le taux de croissance démographique de la population bangladaise a été l'un des plus élevés au monde dans les années 1960 et 1970 et aura ainsi entrainé un triplement de sa population entre 1960 et 200064. En 1961, le Bangladesh comptait un peu plus de 50 millions d'habitants, et en 1981, un peu moins de 90 millions65. Dans les années 1980-1985, la promotion du contrôle des naissances permit de ralentir le taux de croissance66. Le taux de fertilité est de 2,65 enfants par femme50, alors qu'il était de 6,6 dans les années 197067. 34,6% des Bangladais ont moins de 15 ans, 61,4 entre 15 et 64 ans et 4 % 65 ans ou plus50. L'espérance de vie est de 62 ans pour les hommes et de 63 ans pour les femmes68.

La quasi totalité des habitants du Bangladesh sont des Bengalis (98 % de la population)69. Les minorités sont des peuples à majorité musulmane non bengalis venus d'Inde (principalement du Bihar). Il y a treize tribus habitant les Chittagong Hill Tracts, dont les Chakmas sont les plus nombreux. La région est source de tensions interethniques depuis la fondation du pays70. Les autres groupes ethniques les plus importants en dehors des Hill Tracts sont les Santals et Garo. On trouve également des Kaibartta, Mundas, Oraons, et Zomis. Le trafic d'êtres humains est un problème récurrent au Bangladesh71, et l'immigration clandestine reste une cause de tension entre le pays et la Birmanie72 et l'Inde73.

La grande majorité de la population parle le bengali – langue officielle du pays74, langue indo-aryenne d'origine sanscrite avec son propre alphabet. L'anglais est toutefois accepté dans les tâches administratives et dans le système éducatif et utilisé comme seconde langue parmi les membres des classes haute et moyenne75.

Les niveaux de santé et d'éducation se sont récemment améliorés, le taux de pauvreté diminuant un peu. La plus grande partie des Bangladais sont ruraux, pratiquant l'agriculture de subsistance. Les problèmes de santé abondent, allant de la contamination de l'eau à la présence d'arsenic dans les eaux souterraines76 et les maladies telles que le paludisme, la leptospirose, et la dengue. Le taux d'alphabétisation est d'environ 41 %77. Il y a une disparité entre les sexes : 50 % des hommes savent lire, contre 31 % des femmes78. Ce taux a augmenté depuis le lancement de plusieurs programmes d'alphabétisation ; parmi les plus performants on trouve Food for Education (FFE)79 et un programme de bourses pour femmes aux niveaux primaire et secondaire80.

Pour désigner la population totale du Bangladesh, à savoir les Bengalis et les autres, on parle de Bangladais.

Religions

Le Bangladesh a la quatrième plus grande majorité musulmane du monde soit, selon les estimations officielles, 125 millions de personnes, 89,7 % de la population nationale83. Environ 96 % sont sunnites, un peu plus de 3 % chiites (les Biharis sont en majorité chiites) et le reste ahmadis. En juin 1988, le général Ershad a imposé l'islam comme religion d'État. Un jugement de la Haute cour de 2010 a réintroduit l'interdiction des partis politiques religieux qui figurait dans la Constitution d'origine de 1971. L'hindouisme est la deuxième religion majeure représentant 9,2 % de la population83. Les bouddhistes, chrétiens (ces derniers étant surtout catholiques) et les animistes constituent le reste de la population.

Le Bangladesh compte onze jours fériés répartis sur les calendriers grégorien, musulman et bengali. Les deux aïd, Aïd el-Fitr et Aïd el-Kebir, sont les fêtes islamiques les plus grandes de l'année. Le jour précédant Aïd el-Fitr est appelé Châd Rat (« la nuit de la lune »), et est fêté avec pétards et feux d'artifice. Le Bangladesh étant un pays à majorité musulmane, les autres fêtes de cette religion sont également très importantes. Parmi les fêtes hindoues principales on trouve le Durgā pūjā et la Sarasvatī puja. Le Vesak, marquant la naissance de Gautama Bouddha, est l'une des fêtes bouddhistes les plus populaires. Les chrétiens du pays fêtent Noël (appelé Bôŗodin, ou « grand jour » en bengali). Les fêtes profanes les plus importantes sont Pohela Baishakh, le Jour de l'an bengali, marquant le début du calendrier bengali, le Nobanno, le festival de Poush, et les fêtes nationales telles que Shohid Dibosh.

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