Histoire du Bahreïn

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Royaume de Bahreïn

مملكة البحرين

 

Robert ANDRIANTSOA

robandriantsoa@yahoo.fr

Le Bahreïn (en arabe البحرين et مملكة البحرين, littéralement « les deux mers »), en forme longue le Royaume de Bahreïn, est un pays situé sur un archipel du Golfe Persique au Moyen-Orient dont l'essentiel du territoire est constitué par l'Île de Bahreïn. Celle-ci est reliée à son voisin le plus proche, l'Arabie saoudite, grâce à la chaussée du roi Fahd. Le 27 avril 2010, la population de l'archipel comptait 1 234 596 habitants, dont 666 172 expatriés (soit 54 % de la population)1. Localisée dans l'ouest du Golfe Persique, elle est dirigée par la famille royale d'Al Khalifa.

Langues officielles : Arabe - Capitale : Manama

- Forme de l’État :

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Monarchie  - 1er roi de Bahreïn (12e souverain) : Hamad ben Issa al-Khalifa, Actuellement en fonction Depuis le 14 février 2002 (12 ans, 9 mois et 7 jours) - 1er Premier ministre du Bahreïn : Khalifa ben Salman al-Khalifa, Actuellement en fonction Depuis le 16 décembre 1971

- Superficie : 665 km2 -  Population : 1 234 596 hab. (2008) - Densité : 1 857 hab./km2 - Indépendance : - Royaume-Uni – Date : 14 août 1971 - Monnaie : dinar bahreïni (BHD) - Fuseau horaire : UTC +3 -  Hymne national : Bahrainouna.

Histoire

L'île de Bahreïn (arabe : مملكة البحرين), située dans le golfe Persique, fit autrefois partie de l'ancienne civilisation de Dilmun et servit de lien important sur les routes commerciales entre Sumer et la vallée de l'Indus, il y a plus de 5 000 ans. Sa capitale est Manama.

Préhistoire et histoire antique

Bahreïn est habité depuis des milliers d'années et était considéré, il y a près de 5 000 ans, comme le jardin d'Eden, pourvu d'eau douce en abondance et doté d'une végétation luxuriante. Sa situation stratégique au cœur du golfe Persique la plaçait au centre des échanges commerciaux de l'antiquité et Bahreïn a donc subi les influences de ses voisins : Assyriens, Babyloniens, Sumériens, Grecs, Perses… On y a trouvé la plus grande nécropole du monde antique avec près de 170 000 tombes1. Aux cinquième, sixième et septième siècles, on appelle Bahrein la majeure partie de la côte sud du Golfe Persique, autour de Bahrein (Qatif compris) ou non. La population y est mêlée, d'appartenances diverses (mazdéens, juifs, chrétiens, puis partiellement musulmans (Réf : Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l'Islam, Seuil, Paris, 2002).

Luttes entre Ottomans et Portugais

De par sa position stratégique au milieu du golfe Persique, l'île fait l'objet d'âpres luttes d'influence entre les Ottomans et les Portugais au milieu du XVIe siècle. Les premiers sont établis à Bassorah à l'entrée du golfe Persique depuis 1546 ainsi qu'à Qatif dans la province d'Al-Hasa, non loin de Bahreïn. Les Portugais possèdent quant à eux une forteresse sur l'île d'Ormuz leur permettant de contrôler les mouvements commerciaux du golfe Persique. La dynastie de Bahreïn est suzeraine de celle d'Ormuz, la puissance européenne a donc un contrôle indirect sur l'île2.

En juillet 1559, le gouverneur ottoman d'Al-Hasa lance une campagne pour prendre l'île depuis le port de Qatif. Il s'agit d'une initiative personnelle faite sans l'assentiment d'Istanbul. Il fait appareiller pour Bahrein 73 bateaux, principalement des navires de transport, chargés de 800 hommes2. Le 2 juillet, les troupes entament le siège de Manama. Le souverain de l'île, un arabe nommé Murad Shah défend la ville avec une garnison de 400 soldats en majorité Perses. Alerté de l'incursion ottomane, le commandant portugais d'Ormuz fait partir des renforts pour Bahrein, y compris des navires chargés de patrouiller la zone2. Les envahisseurs finissent par manquer de vivres et de munitions en raison de leur incapacité à organiser un approvisionnement depuis la côte. Ils choisissent en conséquence de lever le siège et de se retrancher dans une palmeraie2. Les belligérants finissent par négocier un accord, les Ottomans acceptent de se replier en laissant armes et chevaux aux forces adverses et en acceptant de payer une indemnité d'un million d'akçe, à charge pour les Bahreïniens d'organiser leur retour sur le continent2.

Règne des al-Khalifa

Depuis la fin du XVIIIe siècle, le Bahreïn a été gouverné par la famille Al Khalifa qui a maintenu des liens étroits avec le Royaume-Uni en signant un traité de paix et de protection en 1820, renouvelé depuis plusieurs fois. Cet accord stipule que le tuteur a un droit de regard sur la politique extérieure de l'émirat et a obligation de lui venir en aide en cas d'agression.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Bahreïn est devenu le centre régional pour le golfe Persique des opérations britanniques. Lorsque la Grande-Bretagne annonça en 1968, et réaffirma en mars 1971, son désengagement du Bahreïn. Bahreïn intégra l'alliance des Émirats arabes unis et devint indépendant le 15 août 1971.

Selon la Constitution de 1971, le Bahreïn élit son premier parlement en 1973, mais seulement deux années plus tard il est dissous par l'émir car il s'opposait à une loi introduite par l'émir selon laquelle pouvait être arrêtée et emprisonnée pour trois ans toute personne portant atteinte à la sécurité de l'État. Il y eut des manifestations en décembre 1994 avec des troubles qui menèrent au premier changement ministériel, puis l'émir augmenta le nombre des membres du conseil consultatif de 30 à 40 pour avoir des suggestions sur la législation. Devenu émir après le décès de son père en 1999, le cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa a pris le titre de roi en 2002 et a instauré une monarchie constitutionnelle.

En 2011, Bahreïn est pris dans les révoltes du printemps arabe, causant plusieurs dizaines de morts3, la destruction d'un monument symbolique des contestataires Place de la perle4 à Manama, et une intervention armée du Conseil de coopération du Golfe donnant lieu à une violente répression.

Situation géopolitique et économique

La petite dimension de Bahreïn et sa situation centrale parmi les pays du golfe Persique l'amène à jouer un rôle délicat d'équilibriste parmi ses puissants voisins. N'ayant que peu de réserves de pétrole, il a dû s'équiper de raffineries, d'un centre bancaire et d'installations touristiques pour diversifier ses ressources.

Politique

Le Bahreïn est une monarchie, dirigée par le roi Hamad ben Issa el-Khalifa. Le parlement est composé de deux chambres, Majlis an-Nouwwab (chambre des députés) et Majlis ach-Choura, de 40 sièges chacun, depuis la proclamation de la nouvelle Constitution par le roi Hamad Al Khalifa le 14 février 2002.

Contexte politique

La découverte du pétrole dans l'entre-deux-guerres apporta modernisation à Bahreïn et augmenta son influence politique mondiale, doublant l'intérêt qu'avait la Grande-Bretagne pour l'Île2.

En 1973, l'émir Sheikh Issa bin Salman Al Khalifa fonde ses réformes sur une constitution. Celle-ci soulignait le caractère héréditaire de la domination du clan et créait une assemblée nationale de 44 membres, dont 30 étaient élus et 14 nommés. Cette assemblée fut dissoute en 1975 après qu’un décret relatif à la sécurité nationale et violant les droits individuels fut la source d’intenses débats. Cette assemblée fut restaurée quand Sheikh Hamad bin Isa Al Khalifa prit le pouvoir après son père.

Subdivisions

Les gouvernorats de Bahreïn sont :

  1. Capitale
  2. Centre
  3. Muharraq
  4. Nord
  5. Sud

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