Histoire du Cambodge

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Royaume du Cambodge

Preăh Réachéanachâkr Kâmpŭchea

 

Robert ANDRIANTSOA

robandriantsoa@yahoo.fr

Le Cambodge, en forme complète le Royaume du Cambodge, en khmer Kâmpŭchea et, Preăh Réachéanachâkr Kâmpŭchea, aussi appelé Srok Khmer, littéralement « Pays des Khmers », est un pays d'Asie du Sud-Est, peuplé d’environ 15 millions de Cambodgiens.

La capitale du royaume est Phnom Penh. Le Cambodge est l’État successeur de l’Empire Khmer hindouiste et bouddhiste qui régna sur pratiquement toute la péninsule d’Indochine entre le XIe et le XIVe siècle. Le Cambodge a des frontières communes avec la Thaïlande à l'ouest et au nord-ouest, le Laos au nord-est et avec le Viêt Nam à l'est et au sud-est.

Les citoyens du pays portent le nom de Cambodgiens ou Khmers en référence à l’ethnie khmère. La majorité des Cambodgiens sont de religion bouddhiste theravāda (96 % de la population, religion d'état), bien que le pays possède une communauté musulmane Cham (2 %) ainsi que quelques tribus des montagnes et une communauté chrétienne1 (1 %)2.

La géographie du Cambodge est dominée par le fleuve Mékong (khmer : Tonlé Thom ou Grande Rivière) et le Tonlé Sap (Rivière d’Eau fraîche), principale ressource halieutique. Sa géographie en basse altitude fait que le pays se trouve en grande partie au niveau ou sous le niveau des fleuves. À la saison des pluies, le courant du Mékong se renverse et s’écoule vers le Tonlé Sap dont le lac augmente considérablement sa superficie.

L'agriculture reste le secteur économique dominant (57,6 % de la population active et 33,4 % du PIB)2. Les industries principales du Cambodge sont la confection et le tourisme (plus de 2 million en 2007-083). Du pétrole et du gaz ont été découverts dans les eaux territoriales du pays en 2005. Malgré l'extrême pauvreté d'une grande partie de la population (31 % en dessous du seuil de pauvreté2), le Cambodge connaît depuis la fin des années 1990 un fort développement économique et bénéfice de l'afflux d'investissements internationaux. Entre 2004 et 2007, le PIB du Royaume connut une croissance moyenne de 10 % par an2. Malgré cette embellie, le PIB par habitant du Cambodge reste, avec seulement 773 dollars par an et par habitant2, bien en dessous de la moyenne régionale et au même niveau que nombre de pays d'Afrique Sub-Saharienne.

Devise nationale : Nation, Religion, Roi - Langue officielle : khmer - Capitale : Phnom Penh

- Forme de l’État :

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Monarchie constitutionnelle élective  - Roi du Cambodge : Norodom Sihamoni, Actuellement en fonction Depuis le 29 octobre 2004 7 ans, 1 mois et 16 jours - 54e et 57e Premier ministre du Cambodge : Hun Sen, Actuellement en fonction Depuis le 30 novembre 1998 (13 ans, 0 mois et 13 jours)

- Superficie : 181 035 km2 - Population : 14 701 717 hab. (2010) - Densité : 72,5 hab./km2 - Indépendance : de la France - Date :
9 novembre 1953 - Monnaie : Riel (KHR) - Fuseau horaire : UTC +7 - Hymne national : Nokoreach.

Histoire

Ancien protectorat français intégré à l'Indochine française, le Cambodge a obtenu son indépendance le 9 novembre 1953, à la fin de la guerre d'Indochine. Devenu une monarchie constitutionnelle (depuis 1947) dirigée par le roi Norodom Sihanouk, le pays affiche une politique de neutralité en ce qui concerne la guerre du Viêt Nam, mais soutient en réalité la République démocratique du Viêt Nam dès 1966, laissant transiter par son territoire des troupes et des fournitures à destination du Front national pour la libération du Sud Viêt Nam (Viêt Cong).

Confronté, à partir de 1967-68, à une insurrection fomentée par les Khmers rouges - des rebelles communistes d'inspiration maoïste -, avec une économie qui va de mal en pis, Norodom Sihanouk, doit se résoudre à confier le 14 août 1969 la direction du gouvernement au général Lon Nol, son pilier militaire, connu pour son anticommunisme, en échange d'une aide américaine. Le 18 mars 1970, Lon Nol, poussé par le prince Sirik Matak, de la branche Sisowath concurrente, renverse Sihanouk en déplacement à l'étranger (Moscou et Pékin) et instaure la république khmère. Devenu allié des États-Unis, le Cambodge est alors intégré à la stratégie d'endiguement du communisme en Asie du Sud-Est.

Avec l'appui de la Chine, les Khmers rouges déclenchent alors une véritable guerre contre les forces gouvernementales. En sus de cette guerre civile, le pays est entraîné dans la guerre du Viêt Nam. Dès 1970 les Khmers rouges sont en passe de gagner, mais les États-Unis interviennent et sauvent provisoirement le régime républicain (avril-juin 1970). Cependant, lorsqu'en 1973 les États-Unis se désengagent de la région, leurs frappes aériennes ne parviennent plus à arrêter la menace communiste. Les Khmers rouges de Pol Pot, soutenus par la Chine communiste prennent Phnom Penh le 17 avril 1975 et installent un régime autoritaire maoïste.

L'« Angkar » (organisation) des Khmers rouges applique alors une politique maximaliste, plus extremiste encore que celle des soviétiques et des maoïstes, visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine et bourgeoise. Les villes, à l'image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites, "identifiées" parce que parlant des langues étrangères ou portant des lunettes (par exemple), ajoutée aux mines placées par les deux camps, à la malnutrition et aux maladies aboutit à des massacres de masse et à une catastrophe humanitaire d'origine politique. Le chiffrage du nombre de victimes est un travail difficile et sur lequel les historiens ne sont pas encore parvenus à un consensus. Le chiffre de 1,7 million de victimes directes et indirectes est le plus communément admis.

Articles détaillés : Conflit indochinois (1978-1999) et République populaire du Kampuchéa.

Le 25 décembre 1978, redoutant le chaos s'installant chez son voisin, le Viêt Nam envahit le Cambodge et provoque la destruction des rizières, entraînant l'effondrement du régime des Khmers rouges. Les autorités vietnamiennes installent un gouvernement proche de leurs intérêts et réorganisent le pays selon le modèle socialiste laotien et vietnamien. Une guérilla rassemblant des mouvements divers allant des Khmers Rouges aux mouvements royalistes appuyés par la Thaïlande fait alors rage dans le pays semant la destruction dans toutes les provinces. Des millions de mines sont alors disséminées à travers tout le territoire et nombre d'entre elles perdurent jusqu'à aujourd'hui. Des centaines de milliers de réfugiés, repoussés par les combats, passent la frontière thaïlandaise et trouvent refuge dans des camps encadrés par l'armée royale Thaï (camps de Sa Keo, Nong Samet et Nong Chan). Durant toute la décennie des années 1980, le pays est ruiné et divisé au gré des combats. La malnutrition fait des ravages et les épidémies causent des milliers de morts alors que le pays ne dispose plus ni d'alimentation, ni de médicaments.

Après le départ des forces du Viêt Nam en 1989 et l'envoi de forces de l'ONU au début des années 1990, le régime retrouvera peu à peu un semblant d'autonomie tout en restant régulièrement dénoncé pour ses atteintes aux droits de l'Homme. Le premier ministre actuel Hun Sen, placé au pouvoir par le Viêt Nam, dirige le pays depuis cette période, et s'est maintenu au sommet grâce à trois élections douteuses successives dans un climat patent de violence politique. Le principal opposant, Sam Rainsy, s'est réfugié à Paris en 2005. Le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l'état en 1993, a abdiqué une seconde fois en 2004 au profit de son fils cadet Norodom Sihamoni, ancien danseur classique et ambassadeur du Cambodge auprès de l'Unesco à Paris.

Le Cambodge est aujourd'hui confronté à une série de choix douloureux. Son économie, qui dépend encore très largement de l'aide internationale (en 2001, un tiers du budget de l'État provenait de donateurs internationaux), souffre d'une corruption très importante (pays classé 162e sur 179 de l'Indice de perceptions de la corruption Transparency International en 20074). De nombreux trafics (pierres précieuses, bois, filières de prostitution, drogues) en direction des pays voisins et un système judiciaire de qualité médiocre pénalisent le développement économique. D'autres problèmes hérités du désastre Khmer rouge obèrent aussi le développement du pays comme la question des terres (le cadastrage, supprimé par les Khmers Rouge, est encore loin d'être finalisé) ou l'éducation, le système éducatif ayant été complètement détruit par les Khmers rouges (enseignants assassinés, etc.).

Actuellement, le secteur touristique et le textile (présence de grandes chaînes internationales de prêt-à-porter) sont les principaux pourvoyeurs de devises du pays. La stabilité politique établie sous l'autorité d'Hun Sen attire nombre d'investisseurs étrangers et permet au pays de bénéficier d'un des plus forts taux de croissance de la région (+10 % par an entre 2004 et 2007)2.

En janvier 2011, des rivalités territoriales avec la Thaïlande autour du temple de Preah Vihear (patrimoine mondial de l'humanité UNESCO) entraînent des violences entre les deux voisins. Des bombardements visant le Cambodge font une dizaine de morts. Côté Thaïlandais, deux soldats sont tués. Les tensions restent cependant limitées à la zone frontalière aux abords directs du temple et les échanges commerciaux entre les deux pays continuent à se développer.

Politique

Le Cambodge est théoriquement une monarchie constitutionnelle à représentation parlementaire multipartite. Le Premier ministre est le chef du gouvernement, qui exerce théoriquement le pouvoir exécutif, tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et les deux chambres du parlement. De fait, le régime s'apparente de plus en plus à une dictature musclée, contrôlée par le Premier Ministre Hun Sen, au pouvoir depuis vingt-trois ans.

Pouvoir exécutif

Le Premier ministre est issu du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Il est nommé par le roi, sur recommandation du président et du vice-président de l’assemblée. Le Premier ministre doit ensuite recueillir un vote de confiance de l’assemblée, avant de nommer les ministres qui composeront son gouvernement.

L’actuel Premier ministre, Hun Sen, est en poste depuis les élections de 1998, qui eurent lieu une année après le coup d’État sanglant du PPC à Phnom Penh qui renversa le Premier ministre d’alors, le prince Norodom Ranariddh, président du FUNCINPEC

Pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est théoriquement exercé par un parlement bicaméral:

  • l'Assemblée nationale (Radhsaphea ney Preah Reacheanachak Kampuchea) compte 123 membres élus pour un mandat de cinq ans au suffrage proportionnel;
  • le Sénat2 (Sénat) compte 61 membres, dont 2 sont nommés par le roi, 2 sont élus par l’Assemblée nationale et 57 sont élus par le peuple; les sénateurs sont élus pour un mandat de cinq ans.

Les lois adoptées par le parlement sont transmises au roi pour approbation. Cette étape revêt un caractère symbolique puisque, ne disposant pas de droit de veto, le roi ne peut pas refuser de donner son accord.

L’Assemblée nationale a le pouvoir de révoquer le Premier ministre à la suite d’un vote de défiance devant recueillir les deux tiers des voix.

Les députés élisent un président et deux vice-présidents au début de chaque session.

L’âge minimum est de 18 ans pour être électeur, 25 ans pour être éligible.

Pouvoir judiciaire

Le Conseil suprême de la magistrature détient le pouvoir judiciaire en dernière instance. Bien que la constitution garantisse l’indépendance du pouvoir judiciaire, Human Rights Watch a dénoncé le fait qu’il serve souvent d’auxiliaire à l’exécutif pour réduire les leaders de l’opposition au silence.

Monarchie

Le Cambodge est théoriquement une monarchie constitutionnelle, le roi, officiellement chef de l’État, règne mais ne dirige pas le pays.

Contrairement à la plupart des monarchies, la couronne cambodgienne ne se transmet pas obligatoirement par hérédité. Le nouveau roi est désigné par le Conseil royal du trône, constitué du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre, des chefs des ordres Mohanikay et Thammayut et les vice-présidents de l’Assemblée nationale. Le Conseil royal se réunit dans la semaine suivant la mort ou l’abdication du roi pour en désigner un nouveau parmi des candidats d’ascendance royale.

Le Cambodge est membre de l'ASEAN (Association of Southeast Asian Nations)

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