Histoire de l'Autriche

   République d'Autriche

  Republik Österreich

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)

Langues officielles : Allemand - Capitale : Vienne - Forme de l’État : République fédérale 

Président fédéral : Heinz Fischer

11e président fédéral d'Autriche, actuellement en fonction depuis le 8 juillet 2004 (7 ans, 1 mois et 28 jours)

Election 25 avril 2004 ; réélection 25 avril 2010.

       Date de naissance : 9 octobre 1938 (72 ans), Lieu de naissance :  Graz (Autriche nazie) Nationalité autrichienne Parti politique Parti social-démocrate d'Autriche Diplômé de Université de Vienne Profession Professeur Religion Agnosticisme Résidence Hofburg, Vienne

Première République (1918-1938)

            Nom                                                                              Durée de la présidence                                                                  Parti

     Karl Seitz                                                                       5 mars 1919 - 9 décembre 1920                             Sozialdemokratische Arbeiterpartei (SDAP)

    Michael Hainisch                                                          9 décembre 1920 - 10 décembre 1928                                                   sans parti

    Wilhelm Miklas                                                                10 décembre 1928 - 13 mars 1938                                        Christlichsoziale Partei (CSP)

 

Deuxième République (1945 -     )

           Nom                                                                                Durée de la présidence                                                                   Parti

    Karl Renner                                                                   20 décembre 1945 - 31 décembre 1950                    Sozialdemokratische Partei Österreichs (SPÖ)

    Theodor Körner                                                                     21 juin 1951 - 4 janvier 1957                                                         SPÖ

    Adolf Schärf                                                                           2 mai 1957 - 28 février 1965                                                         SPÖ

    Franz Jonas                                                                             9 juin 1965 - 24 avril 1974                                                           SPÖ

    Rudolf Kirchschläger                                                              8 juillet 1974 - 8 juillet 1986                                                     sans parti

    Kurt Waldheim                                                                       8 juillet 1986 - 8 juillet 1992                                Österreichische Volkspartei (ÖVP)

    Thomas Klestil                                                                        8 juillet 1992 - 6 juillet 2004                                                           ÖVP

    Heinz Fischer                                                                                                8 juillet 2004                                                           SPÖ

Chancelier fédéral : Werner Faymann 

28e chancellie fédéral d'Atriche,(12e chancelier fédéral depuis 1945)

Actuellement en fonction Depuis le 2 décembre 2008 (2 ans, 9 mois et 3 jours)  Date de naissance 4 mai 1960 (51 ans)

      Lieu de naissance Vienne (Autriche) Nationalité autrichienne Parti politique Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) Profession Consultant Religion Catholicisme Résidence Vienne

 

Superficie Classé 112e 83 871 km2

Population Classé 93e - Totale (2011) 8 217 280[2] hab - Densité. 97,8 hab./km2 Monnaie Euro (EUR) Hymne national Land der Berge, Land am Strome
L’Autriche ou République d’Autriche, en forme longue, (Österreich et Republik Österreich en allemand), est un pays d’Europe centrale, sans accès à la mer. Elle est entourée, dans le sens des aiguilles d'une montre, par l’Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénie et l’Italie au sud, et par la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest. L'Autriche est membre de l’Union européenne (UE) et de la zone euro. Sa langue officielle est l'allemand, mais elle reconnaît aussi par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : le croate, le hongrois et le slovène. Histoire Le nom Ostarrîchi (nom populaire, du latin Marcha orientalis, la Marche de l’est) est documenté dans une acte pour la première fois en 996 et est à l'origine du nom Österreich (Autriche en allemand). La forme latinisée d’Austria donne le mot français Autriche. Déjà peuplée par les Celtes (Civilisation de Hallstatt), appartenant à l’Empire romain (Provinces Norique ainsi qu’une partie de la Pannonie et de la Rhétie) puis en partie possédée par la Francie orientale, l’Autriche est pendant tout le Moyen Âge une des nombreuses principautés germanophones composant le Saint Empire romain germanique. Grâce à la Privilegium Minus et la Maison de Babenberg, indépendante de la Bavière depuis 1156, l'Autriche adoptée par la maison de Habsbourg en 1278 (Rodolphe Ier) a longtemps été la force dominante de l’Empire, plaçant à sa tête beaucoup de ses souverains, jusqu’à sa dissolution en 1806 par le double-empereur autrichien François II/I. À la fin du Moyen Âge, la maison de Habsbourg (plus tard Habsbourg-Lorraine) transforme ses possessions en puissance européenne par rattachement des pays germanophones et non-germanophones, centralise l’administration et le droit dans l’Archiduché d'Autriche — notamment après la Guerre de Succession d'Autriche par Marie-Thérèse et leur fils Joseph II — et forme enfin en 1804 l’Empire d'Autriche. En 1815 — après le Congrès de Vienne — l’Autriche et les autres pays germanophones essayent à nouveau de former une confédération allemande, mais l’opposition austro-prussienne domine, donc la guerre austro-prussienne achève cette confédération en 1866 et résout la question allemande définitivement de la part de l’Autriche. Donc en 1867 l’Autriche, sous le règne de François-Joseph Ier se tourne vers le sud-est de l’Europe de sorte que l’Empire d’Autriche se transforme et s’agrandit pour former la monarchie danubienne (allemand: Donaumonarchie), l’Autriche-Hongrie. L'Antiquité et le Haut Moyen Âge Peuplée dès les temps préhistoriques (Celtes dans la Civilisation de Hallstatt), l'Autriche faisait à l'origine partie des provinces romaines appelées Norique, Pannonie supérieure et Rhétie. Elle fut réunie à l'empire romain sous Tibère, vers l'an 33. La naissance de l'Autriche[modifier] Au début du Moyen Âge, le territoire de l'Autriche actuel est partagé en deux zones : l'ouest du fleuve Steyr appartient à la Bavière, sous l'influence des Francs, dirigée par les Agilolfides. Straubing est le noyau de leur territoire qu'ils agrandissent avec la Haute-Autriche actuelle et jusqu'au Tyrol du Sud. Ces territoires sont peu peuplés. L'est est sous influence slave. Les Longobards installés sur les bords du Danube migrent à partir de 568 vers l'Italie. Les Avares prennent leur place. Tassilo, chef des Agilolfides s'allient avec les Longobards maintenant au sud, ainsi qu'avec le pape. Cette distance avec les Carolingiens n'est pas du goût de Charlemagne qui anéantit les Longobards en 774. En 787, le pape ne soutient plus non plus Tassilo qui se retrouve isolé. Charlemagne le vainc militairement et intègre son territoire au royaume des Francs en 800. Charlemagne ne souhaite plus qu'existe un duché de Bavière. Après avoir défait les Avares en 791, il place le territoire "autrichien" directement sous sa tutelle.
Le IXe siècle voit le Christianisme s'installer durablement en Autriche actuelle. En 841, le nom de Vienne apparaît pour la première fois. Salzbourg, fondée en 791, est la plus grande ville. À la fin du IXe siècle, un nouveau peuple entre en jeu : les Hongrois. Ils conquièrent une grande partie de la plaine de Pannonie. En 881 près de Vienne et en 907 près de Bratislava, ils vainquent les Bavarois qui doivent céder les territoires situés à l'est du fleuve Enns. Cependant, en 945, Otton Ier du Saint-Empire arrête les Hongrois à Lerchenfeld, près de Augsburg. En 976, Luitpold de Babenberg est nommé comte de la marche sur le Danube. En 1056, Ottokar I est installé au même titre à la tête de la Styrie. En 996, le territoire danubien apparaît pour la première fois sous le nom de "Ostarrichi". Les Babenberg (976-1246)[modifier] La dynastie des Babenberg joue un rôle décisif dans le développement de l'Autriche. Léopold III (1095-1136) fonde de nombreux cloîtres, dont celui de Klosterneuburg en 1114, qui devait enfermer les sépultures familiales. À côté de ce cloître a été construit un château, résidence des Babenberg, faisant de Klosterneuburg la première capitale de l'Autriche. Leopold épouse Agnès, de la dynastie franconienne. Elle est la fille de l'empereur Henri IV, la sœur d'Henri V et la mère de Konrad III. En 1105 intervient un conflit entre Henri IV et Henri V. Henri V promet sa sœur en mariage à Leopold en échange de son soutien. Ce marriage fera de Leopold un candidat possible au trône du Saint-Empire en 1125. À la mort de Leopold, son fils Henri V décide de s'installer à Vienne et développe la ville. Dans les années 1140, un conflit oppose les Babenberg aux Welf qui règnent sur la Bavière et la Saxe. Konrad III, empereur et beau-frère de Henri V retire la Bavière des possessions des Welf pour l'offrir aux Babenberg. Les Babenberg déçoivent les attentes de l'empereur. Au couronnement du nouvel empereur, Frédéric Barberousse, celui-ci veut se réconcilier avec les Welf, et leur rend la Bavière. Pour vaincre les réticences des Babenberg, il élève l'Autriche au rang de duché dans le Privilegium Minus (1156). C'est la fin de l'influence des Babenberg sur la Bavière, qui se concentrent maintenant sur l'Autriche. En 1186, les Babenberg signent un traité d'héritage avec les Ottokar qui régnaient sur la Styrie voisine. Ce traité offre la Styrie à l'Autriche si un Ottokar venait à mourir sans héritier, mais à la condition que les droits particuliers de la Styrie soient préservés. En 1192, Ottokar meurt sans descendance, et les Babenberg héritent de la Styrie. En 1236 éclate un conflit entre les Babenberg et l'empereur Frédéric II. Celui-ci reproche au duc ses nombreux conflits avec ses voisins depuis la mort de Leopold VI en 1230. L'empereur veut chasser les Babenberg et prendre l'Autriche sous sa tutelle. Dès 1236 il commence à ôter aux Babenberg leurs droits ducaux. Il se rend à Vienne, où la population le soutient. Le duc se retire à Wiener Neustadt et laisse son territoire à l'empereur. Vienne devient ville d'empire. Le duc essaye de reconquérir son territoire. En 1239, toute l'Autriche est à nouveau sous sa coupe, sauf Vienne, qu'il assiège. En 1240, la ville tombe et il est à nouveau duc d'Autriche et de Styrie. Il se réconcilie avec l'empereur qui lui rend ses droits. En 1246, le duc meurt lors d'une bataille contre les Hongrois. Seules deux femmes peuvent accéder au trône, sa sœur et sa nièce. Or, la noblesse étant puissante, elle se considère la seule à pouvoir décider du futur duc. Les Styriens se tournent vers le roi de Hongrie, tandis que les Autrichiens souhaitent le roi de Bohême. En 1251, c'est finalement le Ottokar II de Bohême qui devient duc d'Autriche. L'empereur avait auparavant essayer de récupérer le pouvoir sur l'Autriche mais sans succès. Ottokar II de Bohême ( 1251-1278)[modifier] Ottokar étend vite son pouvoir sur la Styrie, dont la noblesse fût vite insatisfaite par le roi de Hongrie qui essayait de limiter leurs droits. Ainsi, son royaume s'étend de la Bohême jusqu'à la mer adriatique. En 1269, il reçoit la Carinthie en héritage suite à la mort du dernier Spanheimer sans héritier. Le royaume d'Ottokar n'est qu'un assemblage assez fragile de territoires qui ne tiendra pas longtemps. Ottokar installe sa cour à Prague. Mais Vienne continue de s'agrandir et divient la deuxième plus grande ville du Saint-Empire après Cologne. En 1273, Rodolf de Habsburg devient empereur. Dès 1276, l'empereur tente une action en justice pour chasser Ottokar du pouvoir. Il est soutenu par de nombreux mécontents en Autriche et en Styrie. Le 18 octobre 1276 après une courte bataille près de Vienne, Ottokar abandonne la Styrie. Sur les bords du Danube, l'empereur ne rencontre que peu de résistance. Allié à la Hongrie, il encercle Ottokar qui négocie. Il accepte de rendre les territoires acquis depuis 1252 s'il se voit confirmer son autorité sur ses territoires originels. Ottokar conserve cependant des partisans à Vienne. Pour les amadouer, l'empereur accorde des privilèges à la ville. En 1278, Ottokar s'appuie sur ses partisans pour tenter un dernier combat. Il meurt à la bataille de Marchegg. L'Autriche est définitivement aux mains des Habsbourg. Les Habsbourg au Moyen Âge (1276-1526)[modifier] Des débuts difficiles. (1276-1330)[modifier] Articles connexes : Archiduché d'Autriche, Autriche intérieure et Autriche antérieure. L'arrivée sur le trône de Rodolphe constitue une césure dans l'histoire de l'Autriche. C'est la fin du grand empire fondé par Ottokar, ce qui offre à Rodolphe la possibilité de réorganiser son territoire. Voulant respecter les droits de successions d'Ottokar, il cède la Bohème. Il est autorisé par les princes électeurs à garder les autres provinces (Autriche, Styrie, Carinthie, Carniole). En 1282, il cède l'Autriche et la Styrie à ses deux fils, et offre la Carinthie au comte du Tyrol Meinhard von Görz-Tirol en remerciement pour son aide face à Ottokar. Albert I et Rodolphe II doivent donc régner ensemble sur l'Autriche et la Styrie. Par crainte d'une rivalité, ils signent un accord donnant la direction des territoires à Albert seul, tout en assurant à Rodolphe le trône du prochain territoire sans monarque. Albert règne donc seul à partir de 1283 et consolide la puissance des Habsbourg, malgré les difficultés, en accordant des privilèges, notamment à la ville de Vienne. Cependant, les Viennois se rebellent contre Albert en 1287/1288, sans avoir de soutient extérieur. Albert quitte la ville et bloque son approvisionnement en vivres. Les prix augmentent et les pauvres sont les premiers punis. Les artisans se désolidarisent de la noblesse, obligeant celle-ci à capituler. Albert annule les privilèges de la ville qui cesse définitivement d'être une ville d'empire. En 1291, Rodolphe I meurt. Les princes électeurs choisissent délibérément un empereur faible pour assurer leur propre pouvoir, Adolphe de Nassau. En 1298, Albert I, devenu puissant en Autriche, se décide à lutter contre Adolphe de Nassau pour obtenir le trône. Il n'a cependant pas le soutient des princes électeurs. Il remporte la bataille de Göllheim cette année-là et devient ainsi roi du Saint-Empire. Son règne reste marqué par des tensions fréquentes avec les princes électeurs. Consolidation de la puissance (1330-1365)[modifier] Albert I est assassiné en 1308 par Johann Paricida, fils de Rodolphe II, par vengeance car son père n'avait jamais reçu le trône promis. Le fils d'Albert, Frédéric le bel, essayera par deux fois de monter sur le trône du Saint-Empire, sans succès. Henri VII lui est préféré en 1308, et en 1314, il est élu conjointement à Louis IV mais doit renoncer à la couronne en 1322 après avoir perdu la bataille de Mühldorf am Inn. À partir de 1330, Albrecht II règne sur toutes les provinces d'Autriche. Il agrandit le territoire des Habsbourg en obtenant la Carinthie. En effet, la dynastie tyrolienne se trouve sans héritier mâle. Les Wittelsbach de Bavière et les Habsbourg signent un accord : les Wittelsbach obtiennent le Tyrol, et les Habsbourg la Carinthie. Cependant, l'héritière Margarethe Maultasch épouse un membre de la famille Luxembourg, empêchant les Wittelsbach de s'imposer au Tyrol. En 1345, Rodolphe IV, fils d'Albrecht II, épouse la fille de l'empereur Charles IV, normalisant les relations entre les deux familles (Habsbourg et Luxembourg). À la mort de Charles IV en 1378, son fils lui succède sur le trône et soutient les Habsbourg. Le règne d'Albert II est aussi marqué par une situation économique difficile, aggravée par la Grande Peste qui atteint Vienne au printemps 1349. Les conséquences sont plus dramatiques dans les villes que dans les campagnes. À la mort d'Albert II en 1358, Rodolphe IV lui succède. Dès 1365, il obtient le Tyrol, créant ainsi un lien entre les possessions habsbourgeoises à l'est et celles de l'ouest. La noblesse tyrolienne s'était rebellé contre le premier mari de Margarethe Maultasch, un Luxembourgeois. Celle-ci le répudie et épouse un Wittelsbacher, sans l'accord du pape. Albert II intervient et obtient l'annulation du premier mariage. En 1362, le second mari meurt, sans descendance. Rodolphe IV signe un accord avec Margarethe, qui règne officiellement sur le Tyrol. Elle est cependant emmené à Vienne, laissant la province de facto aux mains des Habsbourg. Un conflit oppose Rodolphe IV et l'empereur Charles IV au sujet du privilegius maius un document falsifié par Rodolphe IV qui donne aux Habsbourg le titre de princes électeurs, bien qu'ils n'aient pas été mentionnés dans la bulle d'or qui règle la question. La falsification est découverte, mais le document sera officialisé un siècle plus tard par Frédéric III du Saint-Empire. La concurrence entre Rodolphe et Charles s'exprime aussi sur le plan religieux. Charles fait construire la cathédrale Saint-Guy de Prague qui devient un diocèse. Rodolphe décide alors d'agrandir l'église Saint-Étienne de Vienne qui devient cathédrale. Il demande aussi au pape la création d'un diocèse pour Vienne, dépendante de Passau, demande refusée à cause de la résistance de Passau, bien que Rodolphe ait fait transféré de nombreuses reliques à Vienne, transformant la ville en un grand centre religieux d'Europe centrale. De même que Charles IV contribue au développement de Prague, Rodolphe IV fait développer Vienne. Les deux inaugurent une université dans leur ville respective (1348 à Prague, 1365 à Vienne). L'université de Vienne connaît cependant des débuts financièrement difficiles, car Rodolphe meurt quelques mois après son inauguration et ne peut donc la soutenir financièrement. Ses successeurs ne lui montrent que peu d'intérêt. Les divisions (1365-1453)[modifier] À sa mort à 27 ans en 1365, Rodolphe n'avait pas eu le temps de régler la question de sa succession. Ses deux frères de 14 et 16 ans sont désignés comme ses héritiers et règnent ensemble. Or, dès les années 1370, des tensions apparaissent, si bien que l'on pense à diviser le territoire. En 1379, le traité de Neuberg concrétise cette division : Albert règne sur l'Autriche, et Léopold sur le reste (Styrie, Carniole, Carinthie, Tyrol et Autriche intérieure). Cette division assure aux deux frères des revenus équivalents, mais prive Léopold d'une ville, l'obligeant à tenir une cour itinérante. Léopold meurt en 1386 et Guillaume, son fils, lui succède. Albert meurt en 1395. Son fils Albert et son neveu Guillaume se dispute la succession. Guillaume est soutenu par les corporations d'artisans viennois, majoritaire en ville. Il s'impose et octroie des privilèges à la ville (un conseil municipal avec un maire élu). L'Autriche alors unie, devient la deuxième plus grande principauté de l'empire. Or les luttes familiales provoqueront une nouvelle division du territoire en 1411. Trois parties sont distinguées, donnant naissances à trois lignes de Habsbourg : • La Haute-Autriche, formée du Tyrol et des possessions plus à l'ouest. • L'Autriche intérieure, formée de la Styrie, de la Carinthie et de la Carniole. • La Basse-Autriche, formée des provinces danubiennes. Les tentatives de gouvernement commun échouent. La règle faisant de chacun des monarques le régent d'un territoire si l'héritier est trop jeune provoque de nombreuses frictions. L'unité ne peut être préservée. De plus, la géopolitique influence les actions de chaque ligne. La Haute-Autriche regarde vers l'ouest et le sud et soutient le pape d'Avignon, à l'inverse des autres lignes, soutiens du pape de Rome et intéressés par les politiques bohémienne et hongroise. À Vienne et en Basse-Autriche règne Albert V à partir de 1411. En 1422, il épouse Elisabeth, la fille du dernier représentant mâle des Luxembourg, Sigismond, empereur du Saint-Empire, roi de Bohème et de Hongrie. À la mort de celui-ci en 1437, Albert hérite donc de la Bohème et de la Hongrie. Il se fait aussi élire roi du Saint-Empire. Il meurt en 1429. Son règne est aussi marqué par la Gesera en 1421, expulsion voire exécution de tous les juifs du territoire, à laquelle il prend activement part. Les autres branches restent dans l'ombre d'Albert V jusqu'à sa mort. À ce moment, son héritier est trop jeune, de même que celui de la Haute-Autriche, Frédéric III d'Autriche intérieur prend le pouvoir et réunit toute l'Autriche. La noblesse de Vienne lui oppose cependant une résistance massive. Il est élu roi du Saint-Empire en 1440 mais ne peut partir à Rome qu'en 1452 pour se faire couronner empereur. Les Habsbourg des Temps Modernes (1526-1740) Le mariage de Maximilien avec Marie de Bourgogne (1477) donna à la maison d'Autriche les Pays-Bas et une grande partie de la Bourgogne ; l'avènement de Charles Quint y joignit l'Espagne avec ses immenses possessions dans les deux mondes. La Réforme Luthérienne touche les États autrichiens . Les persécutions que subissent les protestants entrainent divers mouvements de population. Les anabaptistes du Tyrol trouvent refuge en Moravie, avant de partir pour l'Amérique du Nord. Près de 100 000 luthériens s'enfuient vers les villes d'Allemagne, de Suisse, de Suède et dans les provinces baltes suédoises[1]. Par le partage de 1521 entre Charles Quint et l'archiduc Ferdinand, son frère, les Pays-Bas et le cercle de Bourgogne échurent à la branche espagnole d'Autriche; Ferdinand conserva l'archiduché d'Autriche et toutes ses dépendances, auxquelles il joignit la Bohême et la Hongrie, puis la Moravie, la Silésie et la Lusace. Le traité de Westphalie (1648) enleva cette dernière province, ainsi que l'Alsace, à l'Autriche, qui répara cette perte par l'acquisition de la Transylvanie et de la Croatie. Par les traités d'Utrecht (1713) et de Rastadt (1714), l'Autriche reçut comme héritage de Charles II, roi d'Espagne, le cercle de Bourgogne, le duché de Mantoue, le royaume de Naples et de Sardaigne; en 1714, elle échangea avec les États de Savoie le royaume de Sardaigne contre la Sicile. Après 1735, elle rendit les Deux-Siciles à l'infant don Carlos et reçut en échange Parme, Plaisance et Guastalla. Au XVIIIe siècle, l'empereur Charles VI cherche à augmenter la population de Hongrie en y établissant des Allemands. Après l'occupation du Banat en 1718, des marchands et des artisans allemands et quelque quinze mille paysans de Rhénanie, de Souabe et de Franconie forment un nouveau noyau germanique[2]. Les Habsbourg-Lorraine En 1740, la branche masculine de la maison d'Autriche s'étant éteinte ses États héréditaires échurent à Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI, dont le mari, François III de Lorraine, fut, après de longs démêlés, reconnu empereur en 1745, sous le nom de François Ier, et devint le chef de la nouvelle maison d'Autriche-Lorraine. L'impératrice Marie-Thérèse, soucieuse de progrès agricoles, installe sur les domaines royaux quarante-cinq mille colons, des Bavarois entre autres. Le Banat et la région voisine de la Batschka sont totalement de culture allemande. Cent à deux cent mille colons Allemands s'établissent en Autriche entre 1740 et 1780, à la recherche de terres plus productives. Joseph II confirme les privilèges des treize mille colons allemands établis en Galicie et en Bucovine[1]. L'Autriche eut depuis à soutenir contre la Prusse la Guerre de Sept Ans, qui lui fit perdre la Silésie (1756-63) ; elle se dédommagea, lors des premier et troisième partages de la Pologne (1772 et 1795), en se faisant adjuger la Galicie et la Lodomirie, auxquelles elle a joint depuis le territoire de Cracovie. En 1791, elle entra, par le traité de Pillnitz, dans la coalition contre la France, ce qui attira sur elle les plus grandes calamités : après avoir vu sa capitale occupée par les Français, l'empereur François Ier fut contraint de renoncer au titre d'empereur du Saint-Empire en 1806, et de se borner à ses États héréditaires, avec le titre d'empereur d'Autriche, qu'il s'était octroyé en 1804. Jusqu'à cette date, le Saint Empire romain germanique est le régime en place en Autriche. La devise des Habsbourg est désignée par AEIOU: • AEIOU en latin : Austriae Est Imperare Orbi Universo : « Il revient à l'Autriche de commander au monde entier » • AEIOU en allemand : Alles Erdreich Ist Österreich Untertan : « Tout ce qui est terrestre est soumis à l'Autriche » La devise de l'Autriche sous Maximilien Ier est la suivante : Bella gerant allii, tu felix Austria nube! ce qui revient à dire en français: « Que les guerres soient menées par les autres, toi, heureuse Autriche, marie-toi ! », l'empereur Maximilien Ier menant une politique d'alliances très systématisée. C'est ainsi que l'Autriche s'étend de manière incroyable au XVIe siècle. L'Empire d'Autriche L'ère Metternich Les guerres de la Révolution et de l'Empire ont enlevé à l'Autriche une grande partie de ses possessions en Allemagne et toute l'Italie ; mais le congrès de Vienne de 1814/1815 les lui rend, à l'exception du cercle de Bourgogne, dont la perte est compensée par les provinces de Lombardie et de Vénétie en Italie. De 1815 à 1848, la vie politique autrichienne est dominée par la personnalité du chancelier Metternich qui devient à partir de 1817 le principal ministre de François Ier. En septembre 1815, Metternich accepte de participer à la Sainte-Alliance proposée aux puissances conservatrices par le tsar Alexandre Ier : les souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse, en vertu du principe du christianisme, affirment leur solidarité et se promettent aide et secours mutuel. Metternich demeurait sceptique vis-à-vis de cette alliance et voyait dans le renouvellement du pacte de Chaumont de 1814, en novembre 1815, un moyen plus sûr de maintenir l'ordre établi par le congrès de Vienne. Les grandes puissances promettent de se réunir ponctuellement sous forme de conférence et se donnent le droit d'intervenir dans d'autres pays pour maintenir l'ordre. Au congrès de Troppau en décembre 1820, l'Autriche reçoit le mandat d'intervenir contre la révolution napolitaine qui menace les intérêts de l'Autriche. L'armée autrichienne rétablit à Naples le pouvoir absolu du roi Ferdinand Ier de Bourbon et en avril intervient dans le Piémont à la demande du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel Ier. Lors de l'insurrection des Grecs, Metternich refuse d'intervenir au profit des insurgés chrétiens car il désire maintenir le statu quo dans les Balkans. Toute modification dans les Balkans, selon lui, profiterait à la Russie. Il s'inquiète lorsque la Russie intervient officiellement auprès des insurgés en 1828 mais le traité d'Andrinople maintient le principe de l'intégrité de l'Empire ottoman et contient la poussée russe dans les Balkans. La révolution de 1830 met à mal le système imposé par les puissances conservatrices. Partie de France, elle se propage dans le reste de l'Europe sans que l'Autriche puisse toujours faire quelque chose. Metternich n'intervient pas dans la crise belge dans la mesure où il estime que la Belgique est trop loin et qu'il s'inquiète de l'Italie. Il aurait voulu une intervention des autres puissances mais ces dernières ne veulent pas intervenir sans l'Autriche. Par contre, Metternich envoie l'armée autrichienne lorsque la Romagne se soulève contre le Saint-Siège. L'occupation de la Romagne provoque l'intervention de la France qui menace d'une intervention armée si l'Autriche ne retire pas ses troupes une fois l'ordre rétabli. Metternich respecte sa promesse mais les Romagnols se soulèvent six mois plus tard si bien qu'il fait occuper Bologne. Casimir Perier fait alors occuper Ancône tant que les troupes autrichiennes n'auront pas évacué Bologne. La présence française en Italie est propice aux insurrections libérales mais ces dernières sont matées par les souverains soucieux de leurs prérogatives. Paris refuse de soutenir les insurgés. Le mouvement libéral et national s'étend dans la Confédération germanique ce qui inquiète Metternich qui obtient aisément le soutien du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. Metternich parvient à restaurer une politique autoritaire dans les États de la Confédération. Ayant eu besoin de l'appui de la Prusse pour mater les libéraux, Metternich ne peut plus réagir contre l'union douanière - le Zollverein - que la Prusse organise en Allemagne du Nord. Metternich comprend que les États allemands vont désormais former un bloc compact dirigé par la Prusse. Dans les années 1840, le système international mis en place par Metternich s'effrite du fait de la concurrence des grandes puissances. Autriche et Prusse s'affronte au sujet de l'unité allemande. Autriche et Russie s'affrontent au sujet des Balkans, Metternich souhaitant un statu quo et le tsar souhaitant le démembrement de l'Empire ottoman. Suite au retour des libéraux en Grande-Bretagne, les rapports entre les deux puissances se dégradent. C'est pourquoi, Metternich entame un rapprochement avec la France de Guizot, lequel appliquait une politique très conservatrice. En politique intérieure, Metternich n'est pas le maître. C'est l'empereur François qui décide de tout. Soucieux de lutter contre les idées révolutionnaires, le gouvernement autrichien est un peu plus favorable à l'Église. Le clergé retrouve son droit d'inspection sur les écoles primaires et les collèges. Le clergé est assimilé à un corps de fonctionnaires, dispensateurs de sacrements[3]. Si la plupart des membres du clergé sont satisfait de leur situation, certains, les catholiques romantiques tentent de redonner une dimension mystique dans la vie de l'Église. En 1840, le service militaire est ramené de dix ans à huit ans, sauf en Hongrie et de nombreuses exemption continuent d'être accordées aux nobles, fonctionnaires, médecins, étudiants, gros cultivateurs et soutiens de famille. La Révolution de 1848[modifier] Articles détaillés : Première guerre d'indépendance italienne et François-Joseph Ier d'Autriche. En 1848, une violente insurrection éclate à Vienne ; en même temps la Hongrie et les provinces italiennes s'insurgent, mais l'Italie est soumise, malgré l'appui du roi de Piémont, qui perd la bataille décisive de Novare (mai 1849), et la Hongrie est après une longue résistance réduite avec l'aide de la Russie (1849) : une Constitution lui est octroyée en 1861, puis une nouvelle en 1865, qui établit une diète et un ministère hongrois, et calme les esprits. La période néo-absolutiste[modifier] Article détaillé : Deuxième guerre d'indépendance italienne. En 1859, l'empereur, menacé dans ses possessions italiennes par les États sardes, les envahit; repoussé par les Piémontais et les Français, notamment à la Bataille de Magenta et à celle de Solferino, il signe le traité de Zurich, et cède la Lombardie. Vers le Compromis austro-hongrois[modifier] Article détaillé : Troisième guerre d'Indépendance italienne. Des oppositions croissantes avec la moderne Prusse conduisent à la guerre de 1866. Les Prussiens s'allient à l'Italie afin d'encercler l'Empire. Les Italiens sont défaits à la bataille de Custoza (24 juin), mais l'Empire est vaincu par la Prusse à la bataille de Sadowa le 3 juillet 1866, et est contraint de céder la Vénétie. Par le traité de Prague (23 août), l'Autriche abandonne la Confédération allemande, qui est reconstituée plus tard comme Empire allemand sans sa participation. L'Autriche-Hongrie Pour calmer les tensions nationalistes, l'Empire devient une double monarchie en intégrant la couronne hongroise et devient l'Autriche-Hongrie Première République d'Autriche L'appellation Première République d'Autriche désigne le régime républicain qu'a connu l'Autriche pendant l'Entre-Deux-Guerres. La République (Republik Österreich) est établie le 21 octobre 1919, lors de la ratification du Traité de Saint-Germain par l'Autriche. Elle succède à l'éphémère République d'Autriche allemande créée lors du démembrement de l'Empire d'Autriche-Hongrie. La Constitution de la première République est signée en 1920 et amendée en 1929. Cette période de l'histoire autrichienne est marquée par de violents conflits entre la gauche et la droite, comme lors de la révolte de Juillet (1927) ou de la guerre civile autrichienne de février 1934. La première République disparaît le 12 mars 1938 lorsque l'Autriche est annexée par le Troisième Reich (Anschluss). Cependant certains considèrent qu'elle se termine lors de la mise en place de la dictature austrofasciste en 1933-1934, la Constitution de l'état austrofasciste ne considérant pas l'Autriche comme une république mais comme un état fédéral (Bundesstaat Österreich). Création[modifier] L'Autriche ratifie le Traité de Saint-Germain le 21 octobre 1919. Ce dernier dissout la République d'Autriche allemande et cède des territoires peuplés d'Allemands aux nouveaux États issus de la dissolution de l'Empire d'Autriche-Hongrie. La région des Sudètes est ainsi cédée à la Tchécoslovaquie, le Tyrol à l'Italie et une partie du Sud du pays au royaume des Serbes, Croates et Slovènes. La population autrichienne est irritée par cette décision qu'elle considère comme une violation des Quatorze points de Wilson et plus particulièrement de la possibilité d'auto-détermination de toute nation. Le nouvel État parvient tout de même à conserver certains territoires revendiqués par ces voisins tels que la partie Sud-Est de la Carinthie peuplée de Slovènes et le Burgenland qui fut une partie du royaume de Hongrie de 1647 à 1918. Ces territoires votèrent leur maintien au sein de l'Autriche lors de plébiscites organisés respectivement en 1920 et 1921. Des élections ont lieu au printemps 1919 afin d'élire une assemblée constituante. Le Parti social démocrate des travailleurs (SDAP) arrive en tête suivi du parti des chrétiens sociaux (CS) et de l'Association Nationale Allemande (DNV). Le débat fut tendu lors de la rédaction de la Constitution, notamment entre le SDAP et le CS pourtant alliés au sein d'une coalition. Le CS souhaitait une république fédérale avec un chef d’État puissant, le SDAP une république centralisée sans chef d’État (seulement le chancelier). La Constitution qui entre en vigueur en novembre 1920 est un compromis entre les idées des différents partis. La République est fédérale mais les régions ont peu d'autonomie et le chef de l'État n'a que des pouvoirs limités. Politique[modifier] Article détaillé : Système politique autrichien. La démocratie a toujours été imposée par des puissances étrangères, depuis les deux guerres mondiales. Il n'y a donc pas de culture de protestation (manifestations, grèves...) ou de méfiance vis-à-vis de l'État, mais plutôt une tradition d'obéissance aux autorités (dialogue social, fort lien entre les syndicats et le SPÖ). Lors de la Révolution française, l'Autriche fut l'âme de la résistance face aux idées révolutionnaires. Les partis d'extrême-droite ont connu une certaine renaissance dans les dernières décennies. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la gauche a néanmoins bâti un puissant État social, aux richesses bien réparties. L'Autriche est un pays neutre, qui ne fait par exemple pas partie de l’OTAN, à la différence de la plupart des pays européens[3]. La neutralité autrichienne est une conséquence directe des négociations pour le Traité d'État autrichien (Staatsvertrag), signé le 15 mai 1955 à Vienne. Le pays est membre de l'Union européenne depuis le 1er janvier 1995[4]. Le Conseil national autrichien (Nationalrat, 183 sièges) est depuis le 28 septembre 2008[5] composé comme suit : • 57 sièges au SPÖ (Parti social-démocrate autrichien) (29,3 % des suffrages) ; • 51 sièges à l’ÖVP (Parti populaire autrichien) (26 %) ; • 34 sièges au FPÖ (Parti libéral autrichien) (17,5 %) ; • 21 sièges au BZÖ (Union Futur Autriche) (10,7 % ; le BZÖ a été créé le 4 avril 2005 par Jörg Haider lors d'une scission du FPÖ); • 20 sièges à die Grünen (Les Verts) (10,4 %) . Le président fédéral, Heinz Fischer, du SPÖ, fut élu le 25 avril 2004 avec 52,41 % des voix contre 47,59 % des voix pour Benita Ferrero-Waldner. Il fut intronisé le 8 juillet 2004, soit deux jours après le décès de son prédécesseur, Thomas Klestil. Le 25 avril 2009, Fischer était réélu avec 79,3 % des voix et maintenant il est président jusqu'à 2016. Bundesländer (États) L'Autriche est une République fédérant neuf États ou Bundesländer[6] : • Basse-Autriche (Niederösterreich), dont la capitale est Sankt Pölten depuis la création du land de Vienne ; • Burgenland, dont la capitale est Eisenstadt ; • Carinthie (Kärnten), dont la capitale est Klagenfurt (Klagenfurt am Wörthersee) ; • Haute-Autriche (Oberösterreich), dont la capitale est Linz ; • Salzbourg (Salzburg), dont la capitale est Salzbourg ; • Styrie (Steiermark), dont la capitale est Graz ; • Tyrol (Tirol dont la capitale est Innsbruck ; • Vienne (Wien), ville-land et capitale fédérale ; • Vorarlberg, dont la capitale est Bregenz. Politique de 1920 à 1932 Le parti des chrétiens sociaux, proche de l'Église catholique romaine, gouverne l'Autriche à partir de 1920. Le premier chancelier, Ignaz Seipel, est issu de ce parti et essaye de forger une alliance politique entre les riches industriels et l'Église catholique. Bien que le gouvernement autrichien fût stable durant ces années, la vie politique est agitée et violente. Des forces paramilitaires de gauche (Republikanischer Schutzbund, SDAP) et de droite (Heimwehr, CS et DNV) s'opposent. Les élections d'avril 1927 réduisent l'écart entre CS et SDAP à un siège ce qui radicalise encore plus la vie politique. Des combats de rue ont lieu à Schattendorf, entraînant la mort de deux personnes, un homme et un enfant. Les militants de droite, accusés de ce crime, furent acquittés, ce qui eut pour conséquences une immense manifestation de la gauche et l'incendie du palais de justice. La police tira sur les manifestants, causant la mort de 89 personnes. Cet événement est connu sous le nom de révolte de Juillet. Les violences continuèrent à augmenter en Autriche jusqu'au début des années 1930, lorsque Engelbert Dollfuss devint chancelier. L'austrofascisme Le chancelier Engelbert Dollfuss, du parti des chrétiens sociaux, prend le pouvoir en Autriche en 1932. Il conduit l'Autriche vers la dictature, la centralisation et le fascisme. Le 4 mars 1933 le Parlement s'autodissout et Dollfuss déclare le 7 qu'il gouvernera sans lui. Le 15, quelques députés essayent d'organiser une session du Parlement mais elle est empêchée par le gouvernement. Outre le SDAP, Dollfuss s'oppose également au parti nazi autrichien qui souhaite un rattachement de l'Autriche à l'Allemagne. Dollfuss met en avant les racines catholiques de l'Autriche pour refuser l'union avec l'Allemagne, majoritairement protestante. Des violences s'intensifient, conduisant à la guerre civile entre les nazis, les austrofascistes et les socialistes. En 1934, Dollfuss impose à l'Autriche un système à parti unique, dirigé par le Front Patriotique (Vaterländische Front, VF). L'État interdit le SDAP et exécute certains de ses représentants. Il commence également à sévir contre les sympathisants pro-nazis. Ces derniers répondent en organisant un coup d'État et en assassinant le chancelier Dollfuss le 25 juillet 1934. Cet assassinat irrita fortement l'Italie fasciste de Mussolini, qui avait de bonnes relations avec l'Autriche de Dollfuss. Le Duce promet alors de défendre le régime austrofasciste en cas d'invasion allemande. Ce soutien italien évitera d'ailleurs à l'Autriche une annexion dès 1934. Le successeur de Dollfuss, Kurt von Schuschnigg, maintient l'interdiction des activités nazies. L'Anschluss

En 1938 Hitler obtient les faveurs de Mussolini concernant l'annexion de l'Autriche. Kurt von Schuschnigg essaye désespérément d'éviter une guerre avec l'Allemagne nazie. Il annonce le 9 mars son intention d'organiser un plébiscite le 13 du même mois pour décider si l'Autriche devrait rester indépendante ou rejoindre l'Allemagne. Il lance la devise « rot-weiß-rot bis in dem Tod » (« rouge-blanc-rouge jusqu’à la mort »). Hitler répond en demandant la démission immédiate de von Schuschnigg que ce dernier est contraint de présenter au Président de la République Wilhelm Miklas le 11 mars. Von Schuschnigg est remplacé par le dirigeant du parti nazi autrichien, Arthur Seyß-Inquart, et les troupes allemandes prennent le contrôle de l'Autriche le 12 mars. Le 13 mars, la première République d'Autriche a cessé d'exister.

 

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Date de dernière mise à jour : mardi 02 Octobre 2012

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