Histoire de la Grèce

wikipedia-1.jpgdada-cam2.jpg République hellénique

Ellinikí Dhimokratía

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)


La Grèce ou la République hellénique, en grec ancien et katharévousa Ἑλλάς / Hellás, en grec démotique Ελλάδα / Elládha et Ελληνική Δημοκρατία / Ellinikí Dhimokratía, est un État d’Europe du Sud, situé dans l'extrême Sud des Balkans. Sa capitale est Athènes.

La Grèce, d'une superficie de 131 957 km² pour un peu moins de onze millions d'habitants, a des frontières terrestres avec l’Albanie, la Ancienne République Yougoslave de MacédoineN 1, la Bulgarie et la Turquie et des frontières maritimes avec l'Albanie, l'Italie, la Libye, l'Égypte et la Turquie, cette dernière source de contentieux. La mer Ionienne à l'ouest et la mer Égée à l'est, parties de la mer Méditerranée, encadrent le pays dont le cinquième du territoire est constitué de plus de 9 000 îles et îlots dont près de 200 sont habités. De plus, 80 % de son territoire est constitué de montagnes dont la plus haute est le mont Olympe avec 2 917 mètres.

La Grèce est membre de l’OTAN depuis 1952N 2, de l’Union européenne depuis 1981 et de la zone euro depuis 2001.

L'histoire de la région qui constitue son territoire actuel est très riche. La Grèce antique est considérée comme le berceau de la culture européenne et de la civilisation occidentale : ce fut dans ses cités que naquirent la philosophie, la démocratie ou le théâtre. On lui doit aussi l'invention des Jeux olympiques. L’Empire byzantin, d'abord essentiellement romain s'hellénisa peu à peu pour finir par être considéré comme un empire grec, tout comme ses États successeurs : le despotat d'Épire ou le despotat de Mistra. L'influence et la présence grecques tout au long de ses périodes dépassèrent les limites du territoire actuel : cités grecques d'Asie mineure, Empire de Nicée, Empire de Trébizonde, despotat de Dobrogée au XIVe siècle ou principautés de Valachie et de Moldavie à l'époque phanariote au XVIIIe siècle.

C’est au début des années 1830 que le premier État grec indépendant de l'ère moderne vit le jour, suite à une guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman.

Devise nationale : Ελευθερία ή θάνατος (Elefthería í thánatos) : (En grec : La liberté ou la mort) - Langue officielle :Grec moderne - Capitale : Athènes

- Forme de l’État :

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République parlementaire  - 9e président de la République hellénique : Károlos Papoúlias, Actuellement en fonction Depuis le 12 mars 2005 (6 ans, 9 mois et 2 jours) - 173e Premier ministre grec (12e de la Troisième République hellénique) : Loukás Papadímos, Actuellement en fonction Depuis le 11 novembre 2011 (1 mois et 8 jours)

- Superficie : 131 957 km2 - Population : 10 787 690 hab. (2011) - Densité : 85,3 hab./km2 - Indépendance : de l’Empire ottoman - Proclamation : 1er janvier 1822 - Monnaie : Euro (EUR) - Fuseau horaire : UTC +2 - Hymne national : Ímnos is tin Elevtherían (Hymne à la Liberté).

Histoire

Sur son territoire actuel, la Grèce a une histoire très riche, de la Grèce antique à la Grèce actuelle en passant par l’empire d’Alexandre le Grand, l’Empire romain, la domination ottomane, la guerre d'indépendance, le Royaume de Grèce, la guerre civile, et la dictature des colonels.

Depuis le XIXe siècle, deux écoles s'affrontent dans l'écriture de l'histoire de la Grèce : celle d'une continuité de l'hellénisme de l'antiquité à nos jours et celle d'une rupture entre la Grèce classique et la Grèce contemporaine, au moment des Empires byzantin puis ottoman.

Préhistoire

Quelques sites paléolithiques sont aujourd'hui connus en Grèce. Les traces de présence humaine les plus anciennes ont été découvertes dans une grotte de Petrálona (Πετράλωνα) en Chalcidique. L'analyse du crâne qui y a été découvert a permis d'envisager une datation large allant de 700 000 ans avant le présent (pour un homo erectus petralonensis) à 300 000 ans avant le présent (pour un homo sapiens petralonensis proche de l'homo rhodesiensis). Cependant, l'hypothèse d'une datation de 100 000 ans avant le présent ne serait pas à exclure17. Des traces datant du XLe millénaire av. J.-C. ont été retrouvées dans trois grottes de la vallée du Louros qui furent occupées durant le moustérien18.

La grotte de Fránchthi en Argolide a été occupée sans interruption au moins du XXe au IIIe millénaire av. J.-C. quand l'entrée fut obstruée par un éboulement. Elle permet de suivre le passage d'une « société » de chasseurs-cueilleurs nomades à des sédentaires pratiquant l'agriculture (restes d'animaux et de céréales domestiqués)19. Cette transition semble s'être faite vers le VIIe millénaire av. J.-C. pour l'ensemble de la Grèce actuelle : Épire, Macédoine, Égée et Crète. Partout, des éléments aux caractéristiques similaires (poteries à figures noires sur fond rouge et formes architecturales arrondies) ont été retrouvés. L'usage des métaux se développa à partir du IIIe millénaire av. J.-C. entraînant l'entrée de la région dans la protohistoire.

Protohistoire

La civilisation cycladique a englobé les Cyclades dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.-C. pendant à l'âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre, retrouvées jusqu'au Portugal et à l'embouchure du Danube21. Son influence dans l'espace grec s'est étendue de la Crète à l'Attique22. Son organisation en petites entités politiques, sans pouvoir central étatique, portait en germe celle de la Grèce des siècles suivants23.

La civilisation cycladique est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète qui se développa du XXVIIIe au XIIIe siècle av. J.‑C., avec un apogée dans la première moitié du IIe millénaire av. J.-C. Tirant son nom du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l'archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle. Elle est célèbre pour ses palais comme Knossos, Phaistos et Malia. Ils sont situés dans les plaines les plus fertiles de l'île, permettant à leurs propriétaires l'accumulation de richesses, notamment agricoles, comme le prouvent les grands magasins de produits agricoles24. Construits avec des briques cuites (innovation), ils n'étaient pas fortifiés car la puissance maritime de cette civilisation semble l'avoir mise à l'abri de la plupart des dangers extérieurs. Ses échanges marchands englobaient la Sicile, Chypre, l'Égypte, l'Asie mineure et la Grèce continentale. D'abord organisée en clans, cette société évolua avec le développement d'une classe marchande. Elle resta cependant très hiérarchisée et centrée sur les palais dominant des agglomérations quasi-urbaines. L'architecture et le décor des palais, ainsi que la qualité de la céramique sont considérés comme sans précédent artistiques. La plupart des hypothèses lient le déclin de la civilisation minoenne et son remplacement par la civilisation mycénienne à l'explosion de Santorin.

La civilisation mycénienne s'étend de 1550 à 1100 environ av. J.‑C. (Helladique récent, fin de l'âge du bronze). Son apogée se situe environ entre 1400 et 1200 av. J.‑C.26. Le terme « mycénien » a été choisi par l'archéologue Heinrich Schliemann pour qualifier cette civilisation dans la seconde moitié du XIXe siècle27. Ce nom est repris de celui de la ville péloponnésienne de Mycènes, à la fois parce qu'il s'agit du premier site fouillé à révéler l'importance de cette civilisation et du fait de l'importance que revêtait la cité dans la mémoire des auteurs grecs antiques, en premier lieu Homère, qui faisait du roi de Mycènes le chef des « Achéens ». Par la suite, Mycènes s'est révélée n'être qu'un pôle de cette civilisation parmi d'autres, mais le terme de « mycénien » est resté utilisé par convention26. Elle se répandit progressivement à partir du sud de la Grèce continentale sur le monde égéen dans son ensemble, qui connut pour la première fois une certaine unité culturelle. Cette civilisation est notamment caractérisée par ses palais-forteresses, ses différents types de poterie peinte que l'on retrouve tout autour de la mer Égée, ainsi que son écriture, le linéaire B, la plus ancienne écriture connue transcrivant du grec. Depuis son déchiffrement en 1952, la civilisation mycénienne est la seule civilisation égéenne pré-hellénique connue à la fois par des sources littéraires, des traces archéologiques et des documents épigraphiques28.

Antiquité

Siècles obscurs

L'historiographie moderne appelle siècles obscurs (Dark Ages, « Âges sombres » suivant l'expression anglo-saxonne d'origine), en Grèce antique, l'époque qui va du XIIe siècle av. J.‑C. au VIIIe siècle av. J.‑C.

Les invasions qui aboutissent à la destruction de la civilisation mycénienne marquent le début de la période. Le submycénien commence en 1200 av. J.-C. au maximum et s'étend jusque vers 1015. Il est suivi par le proto-géométrique. Celui-ci se termine avec l'émergence d'Athènes comme foyer culturel, vers 875, caractérisée par le succès d'une nouvelle forme de céramique dite géométrique, et l'avènement de l'âge des cités.

Grèce archaïque

On désigne du terme « époque archaïque » une des cinq époques de l'histoire grecque, définie sur la base des styles de poterie. Elle commence vers 620 et se termine en 480. L'expression est parfois utilisée dans un sens plus large pour la période qui s'étale entre 750 et 480.

L'âge des cités

En ce qui concerne la Grèce antique, l'époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.‑C., c'est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323.

L'expression d'« époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d'or ». De manière plus contemporaine, l'époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

Considérée comme la période de référence, il n'y a pas de rupture entre les différentes époques. « Époque classique » est une expression historique commode pour les historiens de ces périodes.

Grèce hellénistique

L’époque hellénistique (IVeIer siècles av. J.‑C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

L’époque hellénistique a été définie par les historiens du XIXe siècle (le terme « hellénistique » est employé pour la première fois par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843), à partir d’un critère linguistique et culturel à savoir l’accroissement spectaculaire des régions où l’on parle le grec (ἑλληνίζειν / hellênízein) et donc du phénomène d’expansion de l’hellénisme. Cependant ce phénomène d’hellénisation des populations et de rencontre entre les anciennes civilisations orientales et grecques se poursuit y compris sous l’« Empire gréco-romain », selon l’expression de Paul Veyne. Les limites chronologiques de la période hellénistique sont donc conventionnelles et politiques : elles débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand et se terminent quand le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII, fait place à la domination romaine.
Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d’origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l’importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.

La domination romaine

La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 apr. J.-C..

Empire byzantin

En 395, à la mort de Théodose Ier, l'Empire romain est partagé en deux parties : l'Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l'Empire romain d'Orient appelé au XVIe siècle Empire byzantin (en grec Βασιλεία Ρωμαίων / Basileía Rômaíôn : Empire Romain) qui dura jusqu'en 1453 et même jusqu'en 1461 à Trébizonde et Mistra. Le terme byzantin vient de Byzance, l'ancien nom de la capitale Constantinople.

Au cours des mille ans séparant l'an 395 de l'an 1453, un certain nombre de valeurs et de savoirs furent conservés par les Romains : État de droit écrit gouverné par le Code justinien, empereur responsable devant le Sénat, absence de servage, collectivités agricoles libres, techniques agricoles élaborées (irrigation), architecture romane, aqueducs, eau courante, tout-à-l'égout et éclairage dans les villes, usage de bains (que nous appelons « bains turcs »), sémaphores et phares, transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique dans les universités de Constantinople, Trébizonde et Mistra… Ces savoirs ont aussi été transmis aux Arabes qui à leur tour les ont communiqués à l'Occident.

La disparition de la partie occidentale de l'empire romain et le retrait de ses légions romaines, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amenèrent les Byzantins à se doter d'une armée puissante, dont la tactique a évolué et commencé à s'élaborer de manière autonome dès le VIe siècle.

Comme empire romain, l'Empire byzantin fut un État chrétien qui, après le schisme de 1054, resta fidèle (orthodoxe) aux dogmes du christianisme du premier millénaire.

L'empire byzantin refuse de participer aux croisades du XIe au XIIIe siècle, le sac de Constantinople renforce son hostilité envers les Latins dont les croisés sont parfois capturés par des Turcs qu'il renseigne sur leur avancée.

Domination ottomane

La Grèce ottomane est le terme utilisé pour désigner la période de domination ottomane. La majeure partie de la Grèce faisait alors partie de l’Empire ottoman, dès le XIVe siècle (la conquête dure plusieurs siècles puisque la dernière île grecque prise est Tinos en 1715), avant même donc la prise de Constantinople en 1453, et jusqu’à la fin de la guerre d'indépendance grecque au début des années 1830. Le peuple grec a donc été longuement soumis aux sultans turcs qui occupent militairement leurs territoires en se préoccupant surtout du maintien de l'ordre et en exigeant des impôts de la population. Des guerres éclatent entre les sultans et le peuple qui cherche à se délivrer du pouvoir de ces chefs. Le sentiment national, influencé par les mouvements nationaux et libéraux européens, se manifeste par l'initiative révolutionnaire de la Grèce.

Une partie non négligeable de l'actuel territoire resta jusqu'à très tardivement sous la souveraineté vénitienne. En particulier Corfou, Ithaque et l'archipel ionien n'ont jamais fait partie de l'Empire ottoman. La Créte demeura vénitienne jusqu'à la moitié du XVIIe siècle et le Péloponnése (Morée) reconquis pendant 30 ans jusqu'en 1715 par les Vénitiens.

Guerre d’indépendance

En 1821, les Grecs se révoltèrent face à la domination de l'Empire ottoman. Cette révolte réussit et l'indépendance de fait fut proclamée lors de l'Assemblée nationale d'Épidaure en 1822. L'opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l'image des nombreux philhellènes. Dans un premier temps, cependant, aucun pays ne bougea à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance. Pendant deux ans, les Grecs multiplièrent les victoires. Cependant, ils commencèrent à se déchirer. La Sublime Porte appela à l'aide son puissant vassal égyptien Méhémet Ali. Pour les Grecs, une phase de répressions commença. Cependant la Russie, intéressée entre autres au sort des Orthodoxes grecs, souhaitait de plus en plus ardemment intervenir. Les Britanniques, quant à eux, désiraient limiter l'influence russe dans la région. Une expédition navale fut suggérée en 1827 par le traité de Londres. Une flotte conjointe russe, française et britannique détruisit la flotte turquo-égyptienne, lors de la bataille de Navarin. La France intervint, dans un esprit de croisade, par l'expédition française en Morée (Péloponnèse) en 1828. La Russie déclara la guerre aux Turcs la même année. Sa victoire fut entérinée par le traité d'Andrinopole, en 1829.

Ces interventions européennes précipitèrent la création de l'État grec. La Conférence de Londres (1830), où se réunirent des représentants britanniques, français et russes, permit en effet l'affirmation de l'indépendance grecque que la Prusse et l'Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni, appelées « puissances protectrices », gardèrent ensuite une notable influence sur le jeune royaume (sorte de protectorat, la Grèce étant endettée suite à différents emprunts contractés pendant la guerre et au début de la naissance de l'État)30.

Grèce moderne et contemporaine

Dictature des colonels

La dictature des colonels est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l'exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964. Cette dictature est issue de la prise du pouvoir par une junte d'officiers alors dominée par Geórgios Papadópoulos31.

Histoire récente

Après la dictature, la Grèce connaît une forte croissance économique, et des niveaux de vie jamais atteints auparavant, notamment grâce à la hausse du tourisme étranger en Grèce. Elle adhère à l'Union européenne en 1981, adopte la monnaie européenne en 2001. Le pays, qui est à l'origine des jeux olympiques, accueille la compétition en 2004 à Athènes. À partir de 2007, le pays est touché par la crise économique mondiale venue des États-Unis, et en 2009, elle connaît une grave crise budgétaire, et est forcée de demander l'aide de l'Union européenne. Dès lors, la Grèce fait vaciller la stabilité de l'euro dans toute l'Europe. Cependant, les raisons de la crise grecque sont bien plus profondes qu'une crise conjoncturelle : comptes publics truqués et dépenses publiques non contrôlées.

Politique

Pouvoir central

La Grèce est une république parlementaire depuis la constitution de 1975. Cette dernière garantit de façon détaillée les libertés civiles. Cependant le poids de l'Église orthodoxe y est resté très important : il n'y pas de séparation entre l'Église et l'État en Grèce (ainsi l'article 3 de la constitution règle les rapports entre les deux autorités32).

Le pouvoir exécutif est assuré par le président de la république, élu par le parlement à la majorité des 2/3, et un premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Aujourd'hui, le président a un rôle purement représentatif et il n'a aucun pouvoir politique.

L’organe du pouvoir législatif est un parlement à chambre unique, la Vouli ton Ellinon (Chambre des Grecs).

L'Áreios Págos (Aréopage) est le nom porté par la Cour de cassation.

Une Cour suprême spéciale est composée du président et de quatre membres de la Cour de cassation, du président et de quatre membres du Conseil d'État, ainsi que du président de la Cour des comptes, assistés dans certains cas de deux professeurs de droit.

La politique étrangère de la Grèce est conduite par le gouvernement et le président n'a constitutionnellement aucun pouvoir.

Le 18 février 1952, la Grèce entre dans l’OTAN, en même temps que la Turquie, mais retire ses forces de la structure militaire intégrée le 14 août 1974 en protestation contre l'invasion turque au nord de Chypre33. Puis elle réintégre l'OTAN en 198034. En 1981, la Grèce intègre la Communauté économique européenne.

Échelon local

La première organisation administrative de la Grèce fut l'œuvre de Ioánnis Kapodístrias entre 1828 et 1831 puis des ministres bavarois du roi Othon Ier (début des années 1830)35,36. Furent alors mis en place une dizaine de nomes (νομός) et 750 dèmes (δήμος). La croissance du pays et l'explosion de sa capitale obligea à en multiplier le nombre. Dans les années 1970, la Grèce était divisée en 52 nomes, 152 éparchies et 6 130 dèmes et communautés (Κοινότητες kinótites). Une réforme dite Kapodístrias modifia cette structure à partir de 1985 pour permettre à la Grèce de se conformer à la charte européenne de l'autonomie locale (1997 : 13 régions ou périphéries (περιφέρεια), 52 nomes, 152 éparchies, 900 dèmes et 134 kinótites).

En 2009, un nouveau programme de réforme de l'administration locale est lancé. D'abord appelé Kapodístrias II, il finit par prendre le nom d'un des architectes du Parthénon : Kallikrátis37. Il aboutit en octobre 2010 à une réduction radicale du nombre de subdivisions et d'élus de celles-ci. Un des objectifs principaux est de faire des économies budgétaires et de diminuer la bureaucratie locale.

L'échelon des périphéries est conservé tandis que les nomes et leurs subdivisions s'y dissolvent. Les élus des nomes (qui étaient un peu moins de 1 500) deviennent élus de l'échelon régional et ne sont plus que 700 sur l'ensemble du territoire. Les 900 dèmes et 134 kinótites, quant à eux, sont réduits à 325 dèmes. Les élus municipaux sont réduits de moitié, passant d'un peu plus de 16 000 à un peu plus de 8 000. Un économie budgétaire d'un milliard et demi d'euros est alors espérée sur trois ans. Les nouveaux conseillers municipaux et régionaux sont élus pour cinq ans. Cependant, les premières élections locales ont eu lieu en novembre 2010 et les suivantes sont prévues pour 2014, en même temps que les élections européennes, dans un but d'économie. Sont éligibles les Grecs de plus de 18 ans (comme pour le droit de vote), sauf pour le poste de maire où l'âge reste fixé à 21 ans. Le scrutin est proportionnel plurinominal avec panachage

Communautés linguistiques et religieuses

Dans la population disposant de la nationalité grecque, 97 % parlent le grec et sont considérésN 5 comme orthodoxes. Les trois autres pour-cent appartiennent à diverses communautés linguistiques ou religieuses51. Pendant très longtemps, tous ceux qui ne parlaient pas grec et n'étaient pas orthodoxes étaient tenus en suspicion voire considérés comme des agents potentiels de l'Étranger. En fonction de la différence linguistique ou religieuse, cela pouvait être l'« ennemi slave » (souvent identifié au Bulgare), l'« ennemi turc » mais aussi l'« ennemi catholique ». Les Grecs « de souche » étaient alors considérés l'équivalent des WASPs aux USA. Les évolutions radicales de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, immigration et laïcisation, permettent une évolution dans la façon dont la population grecque est perçue. Cependant, la non-séparation de l'Église et de l'État ainsi que la non-prise en compte par un pouvoir jacobin des particularismes de certaines communautés ralentissent encore l'évolution de la société52. En effet, l'attitude du pouvoir grec semble être de considérer que les libertés reconnues à tous les citoyens par la constitution sont suffisantes. Ne pas reconnaître les nombreuses communautés, les mettant ainsi toutes à égalité, sans aucune discrimination entre leurs membres et le reste de la population, pourrait aussi être un moyen d'éviter des tensions ethniques fortes comme dans le reste des Balkans51.

À côté de la population de nationalité grecque, la Grèce compte des communautés n'ayant pas la nationalité. Les populations issues de l'immigration (environ 10 % de la population du pays) sont venues créer, car le phénomène est très récent, une véritable mosaïque ethnique et confessionnelles.

Église orthodoxe

Les Grecs sont en très grande majorité de confession chrétienne orthodoxe (97 % de la population).

Le poids des deux Églises orthodoxes autocéphales (Patriarcat œcuménique de Constantinople et Archidiocèse d'Athènes et de toute la Grèce), qui se partagent le territoire grec, a toujours été très important dans la société hellénique : il n'y pas de séparation entre l'Église et l'État en Grèce ; ainsi l'article 3 de la Constitution règle les rapports entre les deux autorités54. Il faut néanmoins souligner que la Constitution de la Grèce garantit la liberté religieuse dans l'article 13.

Communauté musulmane

Légalement, une seule communauté est reconnue en Grèce : les musulmans de Thrace, non englobés dans l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie suite au traité de Lausanne. Présents depuis la période ottomane, ils sont issus soit de migrations soit de conversions. Ils sont estimés en 2011 à 150 000 personnes environ, soit presqu'un tiers des habitants de la région, principalement dans l'ancien nome du Rhodope. S'y ajoutent aussi les quelques milliers de musulmans du Dodécanèse intégrés avec leur région à la Grèce en 1948. Ils sont dans leur grande majorité sunnites, mais il y a aussi des bektachis. Ils sont considérés comme une minorité religieuse, mais des nuances linguistiques viennent s'ajouter. Les deux-tiers parlent turc. En fait, la communauté s'est même turquifiée depuis 1923 en raison de la proximité de la Turquie et du droit reconnu dans le traité de Lausanne à un enseignement en turc. Le reste de cette communauté est divisé entre Pomaks (musulmans bulgarophones, autour de 35 000) et Roms islamisés. Les musulmans de Thrace qui ont souffert des relations entre la Grèce et la Turquie, parfois tendues, ont vu leur sort s'améliorer depuis les dernières décennies du XXe siècle : plus grande tolérance, discrimination positive et élus aux niveaux local et national.

Aux 150 000 musulmans de Thrace, il convient d'ajouter autour d'un demi-million de musulmans venus des Balkans (Albanais), d'Afrique et d'Asie (Pakistan)51. Leur situation diffère de celle des Grecs musulmans. Quasiment privés de lieux de culte, ils sont aussi en butte de la part des forces de l'ordre, et de citoyens, à des exactions liées à l'islamophobie en relation avec les tensions internationales mais aussi à l'afflux de migrants clandestins.

Les autres communautés ethniques ou linguistiques n'ont aucune reconnaissance légale. Sans reconnaissance légale, il n'y a donc aucune statistique officielle.

Autres communautés religieuses minoritaires

Les minorités religieuses sont plus faciles à cerner. Les catholiques de nationalité grecque sont autour de 50 000. Ils vivent principalement à Athènes et dans les Cyclades (Syros et Tinos surtout, héritage de la présence latine suite à la Quatrième croisade). Ils constituent ainsi encore la moitié de la population de l'île de SyrosN 6. Il s'agit ici de la minorité religieuse la mieux intégrée, même si cette confession n'est toujours que « tolérée » et que certains de ses membres continuent à être parfois mal considérés, surtout en lien avec l'actualité internationale (guerres de Yougoslavie par exemple). À côté des 50 000 catholiques grecs, on en compte plus de 200 000 autres, provenant principalement de Pologne et des Philippines.

D'autres chrétiens non-orthodoxes, moins nombreux, sont les membres des diverses Églises évangéliques venues en missions évangélisatrices depuis le début du XIXe siècle. Le premier établissement d'enseignement secondaire à Athènes était le Collège évangélique fondé en 1831 par Jonas King. Une cathédrale évangélique fut construite en 1871 à Athènes. Les chrétiens évangéliques sont autour de 25 000, surtout présents à Athènes, Patras et Kateríni51,60. Les 26 000 Témoins de Jéhovah sont considérés depuis 1983 comme membres d'une secte. Ils sont assez mal vus, en raison de leur refus du service militaire. Des aménagements leur ont été concédés avec un service civil renforcé. Il existe aussi des minorités orthodoxes. Ainsi, les Arméniens, descendants des réfugiés du génocide arménien ainsi que de l'échange de populations de 1923. Nombreux jusqu'à la seconde guerre mondiale, ils sont aujourd'hui en nombre très limité en raison des retours vers la République d'Arménie.

La communauté juive grecque, présente en Grèce depuis le VIe siècle av. J.‑C. et encore très importante au début du XXe siècle (principalement à Salonique), a peu à peu diminué (déportation qui extermina 87% de la population juive de Grèce puis émigration vers Israël). Elle ne compte plus que quelques milliers de membres, principalement à Athènes et Thessalonique. Ils sont toujours victime d'antisémitisme mais aussi des retombées locales de l'antisionisme.

Les dodécathéistes olympiens (dits païens) sont considérés comme une secte. Ils sont regroupés dans le mouvement Ellinaïs.

Communautés et identités ethniques

L'usage reconnaît diverses communautés, principalement dans le nord du pays, au niveau des frontières. Ainsi, autour de Flórina, près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, vivent quelques dizaines de milliers de slavophones qui se disent pour certains Slaves et pour d'autres Macédoniens. Ils sont représentés par le parti politique Vinozhito (Arc-en-ciel) qui recueille autour de 5 000 à 6 000 voix et qui réclame un statut équivalent à celui des musulmans de Thrace mais se refuse au séparatisme

Vers les XIVe et XVe siècles, des populations chrétiennes d'Albanie et d'Épire auraient migré vers le sud pour s'installer dans une vaste région regroupant Attique, Béotie, sud de l'Eubée, nord-ouest du Péloponnèse et îles du golfe Saronique. Ces Arvanites ont apporté avec eux la fustanelle et le fez rouge devenus ensuite emblématiques de la Grèce. Cette communauté est surtout caractérisée par sa langue, l'arvanitika, aujourd'hui seulement encore parlée par les plus vieux des 140 000 à 200 000 (selon les estimations) membres de la communauté. Présents à tous les niveaux de la société grecque depuis les origines du pays, ils se considèrent comme grecs. Ils vont même aller un peu plus loin dans leur engagement national pour prouver leur « grécité ». Ainsi, les rares associations culturelles et linguistiques arvanites ne rencontrent qu'un succès limité63.

Langues minoritaires : bulgare, slavo-macédonien, albanais, aroumain, turc, yévanique (judéo-grec), ladino (judéo-espagnol) et tzakone64.

Parmi les groupes linguistiques minoritaires, se trouvent des citoyens grecs mais ne se revendiquant pas de la communauté nationale grecque : Albanais, Slavons revendiquant une identité nationale bulgare ou slavo-macédonienne non reconnue par le gouvernement grec, Roms (dits Tziganes), Arméniens et Juifs.

Groupes linguistiques minoritaires se revendiquant de la communauté nationale grecque : Aroumains (dits valaques) et Slavo-hellènes (slavophones qui ne se revendiquent pas comme bulgares ou comme slavo-macédoniens).

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Date de dernière mise à jour : mardi 02 Octobre 2012

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