Géographie de Cuba

wikipedia-1.jpgdaddy-002-1.jpg  République de Cuba

República de Cuba

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)                                                                                                      cuba-1.jpg

Cuba, en forme longue la République de Cuba, en espagnol República de Cuba, est un pays d'Amérique centrale formé de l'île de Cuba (la plus grande île des grandes Antilles), de l'île de la Jeunesse (appelée île aux Pins jusqu'en 1976) et de quelques autres petites îles. Il est situé, au nord des Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique ; au sud de la côte est des États-Unis et des Bahamas ; à l'est du Mexique et à l'ouest des îles Turques et Caïques ; au nord des Îles Caïmans et de la Jamaïque. Devant Hispaniola en superficie, Cuba est toutefois derrière en nombre d’habitants : Cuba est ainsi la deuxième île la plus peuplée des Caraïbes avec près de 11 500 000 habitants. Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l'espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible. L'île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898 puis un Territoire des États-Unis d'Amérique jusqu'au 20 mai 1902. Depuis la révolution de 1959, Cuba se définit comme une république socialiste1, dont le Parti communiste de Cuba, créé en 1965, constitue la « force dirigeante supérieure ».

Devise nationale : La patrie ou la mort, nous vaincrons - (en espagnol : Patria o muerte, venceremos). - Langue officielle : Espagnol - Capitale : La Havane

- Forme de l’État : République, régime à parti unique communiste

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- 2e président du Conseil d'État de la République de Cuba : Raùl Castro Ruz, Actuellement en fonction Depuis le 24 février 2008.

- Superficie : 110 861 km2 - Population : 11 477 459 (2010) - Densité : 103,5 hab./km2 - Indépendance : De l’Espagne – Déclarée : 10 octobre 1868 – Reconnue : 10 décembre 1898 - Des Etats-Unis : 20 mai 1902 - Révolution cubaine : 1er janvier 1959 - Monnaie : Peso cubain convertible (CUC) - Fuseau horaire UTC -5 - Hymne national La Bayamesa.

Géographie

La République de Cuba est située entre la mer des Caraïbes au sud, le golfe du Mexique au nord-ouest, la Floride au nord et les Bahamas au nord-est, elles-même baignées par l'Atlantique Nord. C'est un archipel composé de l'île de Cuba, longue de 1 220 km (qui fait d'elle la plus grande île des Antilles), de l'île des Pins (île de la Jeunesse) et d'environ 1600 îlots. Géographiquement, elle se trouve à proximité du tropique du Cancer, à 77 km d'Haïti à l'est ; à 140 km de la Jamaïque, au sud-sud-est ; à 180 km des États-Unis, au nord ; et à 210 km du Mexique, dont elle est séparée à l'ouest par le canal du Yucatán. La République comprend l'île entière ainsi que la Isla de la Juventud (Île de la Jeunesse), mais l'entrée de la baie de Guantanamo est occupée depuis 1898 (officiellement loué depuis 1903) par les États-Unis qui y ont installé une importante base navale (que les États-Unis maintiennent malgré l'opposition du gouvernement cubain).

Climat

Cuba est régulièrement frappée par des cyclones pendant l'été et l'automne. Le 8 juillet 2005, l'ouragan Dennis a fait 16 morts selon les autorités et provoqué d'importants dégâts. Plus d'un million et demi de personnes furent obligées d'évacuer. Avec des vents de 300 km/h, il est passé à la catégorie 4 de l'échelle de Saffir-Simpson qui compte 5 catégories. La saison cyclonique 2008 a beaucoup pesé sur l'économie cubaine, surtout l'agriculture et l'élevage : les destructions causées par les cyclones sont évaluées par le dirigeant Raul Castro à 10 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros)5. 500 000 foyers ont été affectés, 156 000 hectares de canne à sucre ont été détruits et 500 000 ont été inondés5.

Face à des situations de crises régulières que causent les ouragans, le peuple cubain et l'État ont acquis une certaine expérience et mis en place une logistique permettant de protéger les personnes et les biens des vents sauvages et des tsunamis assez fréquents dans l'île.

L'île située au sud du tropique du cancer jouit essentiellement d'un climat subtropical qui est presque partout rendu agréable par les alizés. La moyenne de température s'élève à 25,5 °C ou 78 °F. L'air ambiant est très humide6. La saison sèche va de novembre à avril. Le mois d'août est le plus pluvieux. Mais il ne pleut jamais plus de quarante-huit heures consécutives.

Provinces et villes

Le pays est divisé en 15 provinces : Holguín, Santiago de Cuba, Villa Clara, Granma, Pinar del Rio, Matanzas, Guantanamo, Las Tunas, Sancti Spíritus, Ciego de Avilla, Camagüey, Cienfuegos, La Habana (anciennement Ciudad de La Habana) et depuis le 1er janvier 2011, Artemisa et Mayabeque (découpage de l'ancienne province de La Havane), plus la municipalité spéciale Isla de la Juventud (Ile de la Jeunesse) anciennement Isla de Pinos (Ile des Pins).

Politique

Cuba se présente comme un pays socialiste, et se veut être une république unitaire des ouvriers et paysans7 et une république parlementaire - où le Parti communiste est le seul parti politique reconnu par la Constitution, qui le désigne comme « la force dirigeante supérieure de la société et de l'État »2. Toutefois, ce dernier n'a pas le pouvoir de désigner lui-même des candidats aux élections. Cela diffère des systèmes politiques européens où les partis investissent des candidats. Les personnes autorisées à se présenter aux scrutins sont sélectionnées par la Commission nationale de candidature8.

Fidel Castro fut premier ministre de 1959 à 1976, puis, à l'abolition de cette charge, président du conseil d'État de 1976 à 2008. Il est devenu en 1965 premier secrétaire du Parti Communiste de Cuba et en 1976 représentant à l'Assemblée nationale de la municipalité de Santiago de Cuba. Raúl Castro a été investi par l'Assemblée nationale à la tête de l’État en juillet 2008, succédant à son frère Fidel Castro. Il lui a succédé en 2011 à la tête du parti.

Le parlement cubain est l'Assemblée nationale (Asamblea Nacional del Poder Popular). C'est l'organe suprême du pouvoir de l'État, doté des droits de voter les lois et de modifier la Constitution. Ses 614 membres sont élus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. L'Assemblée nationale élit en son sein le Conseil d'État et son président (le chef d'État et de gouvernement, actuellement Raúl Castro) par un vote à bulletin secret. Selon la Constitution, les députés doivent rendre des comptes régulièrement à leurs électeurs et sont révocables par ceux-ci9.

Relations avec les États-Unis

L'embargo des États-Unis sur Cuba (décrit à Cuba par le terme espagnol « el bloqueo » qui signifie « le blocus ») est un embargo économique, commercial et financier à l'égard de Cuba par les États-Unis mis en place le 7 février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines. En 2010, il est toujours en place, faisant de lui le plus long embargo commercial de l'histoire moderne. Selon Cuba, de nouvelles sanctions ont été introduites à son encontre par le gouvernement américain sous la présidence de George W. Bush10, mais l'embargo a été assoupli sous celle de Barack Obama : en mars 2009, le Congrès autorise les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an11 ; puis, le 13 avril 2009, le président annonce la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers l'île11. Il est toujours interdit d'envoyer de l'argent à des membres de la fonction publique ou de l'armée cubaine11, et l'embargo est, pour sa plus grande partie, maintenu.

L'embargo ne concerne pas les médicaments, sous réserve qu'ils obtiennent une licence12. Le gouvernement cubain soutient néanmoins devant l'Assemblée générale de l'ONU que les États-Unis font un embargo sur les médicaments, et violeraient donc les Conventions de Genève13. L'embargo ne porte pas non plus sur les matériels de télécommunications et les produits agro-alimentaires14,11, faisant des États-Unis le premier exportateur pour l'économie cubaine, particulièrement dans le secteur alimentaire : le montant des exportations américaines vers l'île s'élève aujourd'hui à 500 millions de dollars par an14. En 2008, entre 35 à 45 % des importations alimentaires à Cuba viennent des États-Unis, qui sont devenus les premiers fournisseurs de nourriture de l'île5. Mais, d'après le rapport de Cuba à l'ONU en 2001, les restrictions sur l'importation des aliments et médicaments empêchent l'île de subvenir totalement aux besoins de la population15. Selon Ricardo Alarcón, président de l'Assemblée nationale cubaine, le paiement des aliments doit se faire à l'avance, sans crédit et dans une autre monnaie que le dollar, ce qui restreint les possibilités d'achat et augmente les coûts16.

La Commission for Assistance to a Free Cuba, créée en 2003 par le président Bush, a proposé de dégager tous les deux ans une somme de 80 millions de dollars destinée à financer activement « l'opposition démocratique cubaine » avec pour but « d'aider la société civile cubaine à réaliser la transition démocratique17 » et la mise en place d'un « gouvernement de transition » reconnu par les États-Unis. En 2008, l'agence gouvernementale USAID s'est engagée à rendre effectives les propositions de la commission afin de lutter contre « la tyrannie à Cuba18 ».

Le gouvernement cubain reproche également aux États-Unis d'héberger plusieurs terroristes ayant commis des attentats à Cuba, parmi lesquels Luis Posada Carriles (dont il réclame l'extradition au Venezuela19) et Orlando Bosch. Luis Posada Carriles a déclaré dans le New York Times du 12 juillet 1998 avoir été financé par la Cuban American National Foundation (CANF) (« Fondation nationale cubano-américaine »), organisation officielle basée à Miami.

Cinq agents de Cuba sont détenus aux États-Unis20. Arrêtés en septembre 1998, ils ont été condamnés en décembre 2001 à Miami, pour, notamment, conspiration en vue de commettre des actes d'espionnages et des délits. La justice américaine leur reproche de s'être fait employer à la Key West Naval Air Station pour espionner pour le compte du gouvernement cubain, ainsi que pour avoir fourni des informations ayant permis à l'armée cubaine d'abattre deux avions américains d'organisations cubo-américaines, hors du territoire cubain, faisant quatre victimes américaines21. En appel, certaines des condamnations ont été maintenues et d'autres revues à la baisse. En 2009, les peines de prison infligées ont été revues à la baisse. Selon le gouvernement cubain, ces agents n'étaient pas des espions mais devaient infiltrer des organisations terroristes anti-cubaines basées à Miami, organisations à l'origine d'attentats ultérieurement. Selon les défenseurs de ces agents, des violations de la loi dans leur traitement et leur procès auraient eu lieu. Au niveau international, de nombreuses organisations comme Amnesty International ont appelé à un nouveau procès, jugeant le fonctionnement de la justice inéquitable mais la cour suprême américaine a refusé de revoir le cas.

Emigration

1,7 million de Cubains soit 15 % de la population totale5 vivent à l'étranger (voir section 'Emigration'). Le comté de Miami-Dade est le principal foyer d'exilés22 cubains dans le monde. En valeur absolue, l'émigration cubaine vers les États-Unis est la deuxième23 ou la troisième24 du continent américain derrière le Mexique et le Canada25 mais la onzième en valeur relative, devant le Mexique en 1998 (taux d'émigration de 1,58 pour mille habitants pour Cuba contre 1,37 pour mille habitants pour le Mexique26), mais derrière lui sur la période 1991-1996.

Kennedy fit adopter une disposition en 1963 qui donnait le status de réfugié à toute personne cubaine en provenance directe de l'île. La loi d'Ajustement cubain, adoptée par le président Johnson le 2 novembre 1966, établit un statut spécial et exclusif : tout étranger né à Cuba ou au bénéfice de la nationalité cubaine pourra bénéficier du statut de résident permanent. Pour le gouvernement cubain, ces 2 dispositions ne font que favoriser l'immigration clandestine, ceci dans un contexte où les USA n'accordent que très peu de visas aux cubains27.

Cuba est également connu pour sa médecine et son éducation gratuites28. Le peuple cubain jouit également d'une absence quasi-totale de chômage29 : tout Cubain peut ainsi accéder à un foyer et une quantité de nourriture suffisante, bien que la population soit encore fort pénalisée dans le domaine des autres produits que ceux de première nécessité.

Forces armées

L'armée cubaine, appelée « Forces armées révolutionnaires », a été très développée durant la guerre froide avec l'aide massive de l'URSS, ainsi l’armée cubaine compta 162 000 hommes en 1985. Elle est en forte régression depuis 1990, son effectif était de 105 000 militaires en 1995 et de 49 000 soldats en 2004.

En 2003, le budget de la défense était à 4 % du produit intérieur brut30 et estimé à 380 millions de dollars31.

Le gouvernement cubain s'appuie également sur plusieurs forces paramilitaires et milices tels la Ejercito Juvinil (armée des jeunes travailleurs), les Milicias de Tropas Territoriales (milices territoriales) et Comités de Defensa de la Revolucion (comités de défense de la révolution) sous contrôle du ministère de l'Intérieur32.

Elle a été massivement engagée dans plusieurs pays d'Afrique dès les années 196033 et elle est fortement soupçonnée d'avoir utilisé des armes chimiques durant la guerre civile angolaise34 ou elle à notamment participé à la bataille de Cuito Cuanavale.

 

Libertés politiques

Selon Amnesty les libertés fondamentales d'expression, d'association et de circulation35 sont réduites, ce qui aurait contribué à provoquer l'exode de centaines de milliers de Cubains, réfugiés notamment en Floride. Selon Christian Nadeau, dans les années 1990, le pouvoir a maintenu un contrôle strict de la société civile, notamment par le biais des Comités de défense de la révolution, et augmenté la présence policière36. Toujours selon Christian Nadeau, en 1996, Raul Castro a proclamé la fermeture politique totale de Cuba et la réforme constitutionnelle de 2002 a verrouillé toute possibilité de dissidence37. Selon Yannick Bovy, la répression s'est alors intensifiée à l’égard de toute opinion contraire à celle du gouvernement38,39.

Des opposants au régime sont en prison : fin 2007, selon Amnesty 62 personnes étaient incarcérées pour des raisons politiques35, condamnées par un tribunal cubain pour avoir reçu de l'argent de la Section des Intérêts des États–Unis à La Havane40, d'avoir collaboré clandestinement avec des médias américains et avoir diffusé de fausses nouvelles sur l’île, ce qui relève de la trahison. Trahison aussi et surtout parce que les informations payées41 par l'administration américaine et diffusées par ces collaborateurs permettent aux États-Unis de justifier en partie le maintien de l'embargo sur Cuba. Cet épisode est un aspect de la guerre politique et économique que se livrent Cuba et les États-Unis depuis 60 ans ou le vrai du faux est difficile à appréhender. Les détracteurs du gouvernement cubain les qualifient de « prisonniers politiques », tandis que ses partisans préfèrent le qualificatif de « mercenaires ».

Ignacio Ramonet du Monde diplomatique souligne pour sa part que lorsque Raul Castro arriva à la tête de l'État en 2008, il lança un vaste débat à l'échelle du pays pour déterminer les attentes principales de la population. De nombreuses critiques y furent formulées contre certains aspects de la politique menée42.

Droits de l'Homme

À la Commission des droits de l'homme de l'ONU, Cuba était toujours l'objet de critiques pour violations des droits de l’Homme43. Sur ce point, Cuba a dénoncé une « manipulation » de la part du gouvernement américain : les résolutions condamnant Cuba étaient présentées par les États-Unis et leurs alliés, et votées à une courte majorité, sous pression du gouvernement américain selon Cuba44.

En juin 2007, le Conseil des droits de l'homme a supprimé le poste de rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme à Cuba, occupé par la juriste française Christine Chanet. En 2006, Cuba est élue membre du Conseil par l'Assemblée générale de l'ONU, lorsque celui-ci remplace la Commission. Le 12 mai 2009, Cuba a été réélue pour une seconde période de trois ans.

Bien que Cuba n'ait pas aboli la peine de mort, la dernière exécution en date remonte à 2003. Quarante prisonniers cubains condamnés à la peine capitale sont incarcérés à Cuba en attendant une éventuelle exécution35.

Libertés de la presse

En 2009, le pays est classé 170e sur 175 par Reporters sans frontières pour le peu de liberté qu'il y est laissé à la presse45, mais l'objectivité de cette organisation est contestée par certains comme Rony Brauman46. Cependant, d'autres organisations font le même constat que RSF : en 2008, Cuba est ainsi le second pays au monde avec le plus de journalistes emprisonnés selon le Comité pour la protection des journalistes (basé à New York, États-Unis), qui fait du pays le quatrième pire pays pour le traitement des blogueurs47. Guillermo Fariñas a fait une grève de la faim de sept mois contre la censure de l'Internet. Amnesty International écrit pour sa part que tous les médias sont aux mains du pouvoir et que cela rend impossible toute expression d'une voix dissidente48.

Capter les chaînes étrangères de télévision resterait interdit par le gouvernement49,50. La vente des ordinateurs aux particuliers était très limitée jusqu'en mai 200851, et les cybercafés qui affichaient des tarifs prohibitifs sont maintenant à des tarifs raisonnables. En effet Cuba n’a pas pu se connecter aux câbles américains passant à quelques dizaines de kilomètres au large de la Havane à cause de l’embargo impliquant des surcoûts prohibitifs de connexion internet par satellite. Un câble de fibre optique reliant Cuba au Venezuela sera opérationnel courant 2011, multipliant la capacité de connexion de l'ile par 3 000. Selon RSF, les connexions ne permettent pas d'accéder aux sites étrangers tandis que l'accès à internet serait soumis à autorisation52,53. Ainsi, Freedom House, une ONG américaine, classe Cuba comme pays dernier pour sa liberté d'expression sur internet, en dessous de l'Iran ou de la Chine. L'ONG écrit ainsi : « Le seul accès à Internet disponible pour la plupart des Cubains passe par les courriels, mais ceux-ci sont tous analysés par l'État »54. Salim Lamrani conteste les accusations portées contre Cuba sur la censure d'Internet, affirmant que, selon les rapports de Reporters sans frontières, des bloggeurs opposés au gouvernement publient régulièrement des articles depuis Cuba, et que ces articles sont lus par beaucoup de Cubains, ce qui serait selon lui impossible s'ils n'avaient réellement pas accès à Internet55.

Cuba détient le taux d'accès à internet le plus bas d'Amérique latine49 (17 internautes pour mille habitants contre 630 aux États-Unis et 430 en France56). Toutefois, le gouvernement explique cette déficience par des raisons pratiques et énergétiques découlant de l'embargo (contraignant Cuba à se connecter par satellite, ce qui multiplie les coûts) plutôt que par des choix politiques57.

Liberté religieuse

Par ailleurs, Fidel Castro a déclaré en 1977 que « le processus révolutionnaire nécessaire en Amérique latine exigeait l'union entre marxistes et chrétiens ». Il s'est lui-même impliqué pour permettre l'adhésion des croyants au parti communiste cubain. L'article 8 de la Constitution cubaine stipule que « l'État reconnaît, respecte et garantit la liberté religieuse ».

Élections

Les dernières élections municipales se sont tenues le 25 avril et 2 mai 2010, ayant désigné un peu plus de 15 000 délégués dans les 169 assemblées municipales. Selon la Constitution cubaine, c'est le seul scrutin permettant aux électeurs cubains de désigner directement leurs candidats lors de réunions publiques. En pratique, les délégués n’ont obtenu aucun pouvoir supplémentaire lors de la réforme constitutionnelle de 1992. De plus, selon une étude de Christian Nadeau, le Parti Communiste Cubain serait affecté par des problèmes de corruption.

Lors des élections générales du 20 janvier 2008, les délégués municipaux ont désigné à leur tour les candidats à l'Assemblée Nationale du pouvoir populaire (614 députés), et aux 14 Assemblées Provinciales (1200 délégués sur tout le pays). Parmi ces candidats, les députés sont élus au suffrage universel direct.

L'Assemblée nationale a ensuite élu les 31 membres du Conseil d'État qui, selon la constitution cubaine, ont investi le 24 février 2008, Raúl Castro président de la république de Cuba.

Économie

Au lendemain de la prise de pouvoir, le gouvernement nationalise 90 % du secteur industriel et 70 % des terres agricoles81. Le gouvernement cubain met en place une économie planifiée. La plupart des moyens de production sont contrôlés par l'État et la plupart de la main-d'œuvre est employée dans le secteur public. Ces dernières années le secteur privé s'est développé. En 2000, le secteur public représentait 77,5 % des emplois et le secteur privé 22,5 % alors qu'en 1981 le rapport était de 91,8 % et 8,2 %82. L'investissement est réglementé et la plupart des prix sont fixés par les autorités publiques.

La chute de l'Union soviétique et du COMECON qui priva l'île de ses principaux partenaires commerciaux et l'embargo des États-Unis eurent de lourdes conséquences sur l'économie cubaine. L'économie cubaine dépendait de l'aide et des débouchés du COMECON. L'Union soviétique achetait le sucre cubain à un prix supérieur au prix du marché et fournissait du pétrole à bas prix. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l'ex-COMECON représentait moins de 7 % du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35 %, les revenus par habitant de 39 %. Sans pétrole et par manque de matériel, l'agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues.

Face à cette crise économique, Cuba libéralisa un peu son économie. Le développement d'entreprises privées de commerce et de manufactures fut permis, ainsi que la légalisation du dollar américain dans les magasins pour un temps (non permis depuis 2004). Le tourisme fut aussi encouragé. En 1996, l'activité touristique représentait plus que la culture de la canne à sucre en termes de devises. 1 9 million de touristes ont visité l'île en 2003, pour l'essentiel des touristes venant du Canada ou de l'Union européenne, générant 2,1 milliards de dollars de revenus83. La productivité cubaine demeure insuffisante et les performances de l'économie entravées par le manque de moyens de transport84.

En avril 2005, Cuba et le Venezuela créent l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), organisation de coopération sociale, politique et économique. Celle-ci a depuis été rejointe par la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras. En avril 2009, les pays membres approuvent l'idée de la création d'une monnaie commune, le « SUCRE » (acronyme pour 'Système Unique de Compensation REgional', du nom d'Antonio José de Sucre), visant à réduire leur dépendance au dollar américain85.

Relations économiques avec les États-Unis

Les États-Unis sont le troisième fournisseur de Cuba avec 11 % des importations en 2004-200686,87. En 1998, le président américain Bill Clinton déclara que Cuba n'était plus une menace pour les États-Unis et assouplit l'embargo88. La même année, les vols directs avec Cuba purent reprendre89. Depuis 2001, suite à l'allègement de l'embargo, les sociétés américaines peuvent vendre certains produits agroalimentaires et des médicaments à Cuba. La plupart des importations agroalimentaires à Cuba viennent des États-Unis90. Les agriculteurs américains souhaitent par ailleurs renforcer leurs exportations vers Cuba91.

Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenu un grand exportateur de médicaments génériques92. Washington possède une Section d'intérêts des États-Unis à La Havane90. Enfin, les Cubains exilés en Floride envoient sur l'île des Remesas, c'est-à-dire de l'argent sous forme de mandats. Après avoir été légalisé comme les autres monnaies étrangères en août 1993, le dollar américain ne peut plus être utilisé comme moyen de paiement direct depuis 200488. En avril 2004, la banque suisse UBS a été condamnée à une amende de 100 millions de dollars pour avoir violé l'embargo contre Cuba et réalisé du change pour l'état cubain. La Banque suisse UBS a répercuté cette amende à son client cubain. Pour contrer cette mesure, l'état cubain a décidé que les USD doivent être convertis en Peso Convertible Cubain (CUC) dans un bureau de change agréé. Le change des USD en CUC subissent une taxe de 10 % correspondant au taux d'amende américain. Lors de sa visite à Cuba, le pape Jean-Paul II avait bien fait comprendre qu'il était contre cet embargo93. Le président élu Barack Obama s'est déclaré favorable à un allègement de l'embargo imposé à Cuba, mais cette mesure est soumise à l'autorisation du congrès. L'embargo a été légèrement assoupli sous la présidence de Barack Obama : en mars 2009, le Congrès autorise les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an11 ; puis, le 13 avril 2009, le président annonce la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers l'île11. Il est toujours interdit d'envoyer de l'argent à des membres de la fonction publique ou de l'armée cubaine11, et le blocus est, dans sa plus grande partie, maintenu.

Population

Démographie

Principaux indicateurs démographiques(2004)94 :

  • Taux de natalité : 11 pour mille habitants
  • Taux de mortalité : 7 pour mille habitants
  • Taux de mortalité infantile : 6 pour mille56
  • Espérance de vie des hommes : 75 ans
  • Espérance de vie des femmes : 79 ans
  • Taux d'alphabétisme des femmes : 99,7 %95
  • Taux d'alphabétisme des hommes : 99,7 %95
  • Indicateur de développement humain (2007) : 0,838 (51e place mondiale)56

Éducation

Fidel Castro a, dès 1961, nationalisé les universités, et autres écoles, et les a rendues gratuites. Il n'y a pas de frais pour les étudiants. Cependant, avec les difficultés de 1990, l'éducation de qualité s'est montrée dure à appliquer.

Avant la révolution cubaine, le taux d'alphabétisation à Cuba, était déjà de 78 %39, alors que la moyenne mondiale était de 44 %109,110. Selon le PNUD, Cuba se situe au troisième rang mondial avec un taux d'alphabétisation de 99,8 % aujourd'hui111), à égalité avec l'Estonie et devant les États-Unis (93,3 %).

Pendant les années 1960-1980, les étudiants furent contraints de participer aux travaux agricoles (récolte de la canne à sucre), d'assister aux réunions syndicales et de partir en mission en Afrique112. Une partie de la matière grise formée dans les universités cubaines émigra pour échapper aux conditions de vie112. La moitié des médecins cubains étaient en mission à l'étranger92.

La plus ancienne université du pays est celle de La Havane fondée en 1728. Parmi les autres établissements d'enseignement supérieur, on peut citer, par ordre d'importance, l'université de Santiago de Cuba, l'université de Santa Clara (Universidad Central de Las Villas ayant pour antennes l'université de Cienfuegos et des centres universitaires de Sancti Spiritus), l'université de Camagüey, l'université de Pinar del Río, l'université de Ciego de Ávila, l'université de Granma, l'université de Holguín, l'université de Matanzas et l'université catholique de Santo Tomás de Villanueva.

Mais le nombre d'universités a considérablement augmenté depuis 1959.

Religion

La religion à Cuba reflète la diversité culturelle de l'île. D'après certains chercheurs, 85 % des Cubains croient en quelque chose, alors qu'ils ne sont que 15 % à pratiquer régulièrement une religion129.

Après la révolution de 1959, Cuba est devenu un état officiellement athée et a limité la pratique religieuse. Le régime expulsa ou incarcéra plusieurs centaines d'ecclésiastiques129. Le nouveau gouvernement persécuta les pratiquants de la Santeria et les tint à l'écart du Parti communiste105. Depuis les années 1990, les religions connaissent un regain de vitalité dans l'île129. La crise provoquée par l'effondrement du bloc soviétique poussa de nombreux pauvres à se tourner vers la charité des églises. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l'athéisme d'État130. De 1969 à 1998, le gouvernement avait supprimé Noël des jours fériés131. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II a effectué une visite historique sur l'île, invité par le gouvernement cubain et l'Église catholique. Le régime a assoupli ses positions contre la religion puisqu'il est désormais possible pour les catholiques de devenir membres du PCC et de montrer publiquement des symboles religieux132. Cependant, un Bureau des Affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille toujours les activités des Églises qui doivent obtenir la reconnaissance des autorités130.

Cuba est traditionnellement un pays catholique. Parfois le catholicisme est très influencé par le syncrétisme. Une croyance syncrétique commune est la Santería, qui est originaire de Cuba. 60 % de la population a reçu le baptême mais seuls 1,5 % sont des catholiques pratiquants129. L'Église catholique romaine est composée de la conférence des évêques catholiques cubains (COCC), menée par Jaime Lucas Ortega y Alamino, cardinal et archevêque de La Havane. Elle est formée de onze diocèses, 56 ordres de nonnes et 24 ordres de prêtres.

Selon une étude du Centre de Recherches Psychologiques et Sociologiques, Cuba compterait un demi million de protestants sur une population totale de 11,2 millions de personnes. On recenserait par ailleurs 90 000 Témoins de Jéhovah, cinq synagogues pour environ 1 500 Juifs129. Plusieurs centaines de milliers de Cubains pratiquent des cultes afrocubains129, qui connaissent un succès important. Parmi les rituels venus d'Afrique, la Santeria, est la plus répandue. Parmi les autres cultes africains pratiqués à Cuba figure le Palo Monte, pour lequel on utilise des herbes et autres éléments naturels à des fins magiques, ainsi que l'Abakua, qui est plus qu'une société secrète de secours mutuel réservée aux hommes.

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Date de dernière mise à jour : mercredi 03 october 2012

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