Géographie de la Martinique

wikipedia-1.jpgdaddy-002-1.jpg  Martinique

Matinik

 Robert ANDRIANTSOA


La Martinique (« Matinik » en créole) est une île à la fois région d'outre-mer et département d'outre-mer français; son code départemental est le 972. Elle devrait son nom à Christophe Colomb qui la découvre le 15 juin 1502. L’île est alors appelée « Jouanacaëra-Matinino », habitée par les Kalinas1, qui aurait désigné une île mythique chez les Taïnos d’Hispaniola. Le nom a évolué selon les prononciations en Madinina, « l’île aux fleurs », Madiana, Matinite et enfin, par influence de l'île voisine de la Dominique, le nom est devenu Martinique. Selon l’historien Sydney Daney, l’île aurait été appelée « Jouanacaëra », par les Caraïbes, ce qui signifierait « l’île aux iguanes ». Elle est devenue française en 1635. Faisant partie de l'archipel des Antilles, elle est située dans la mer des Caraïbes, à environ 450 km au nord-est des côtes de l'Amérique du Sud, et environ 700 km au sud-est de la République dominicaine.

Administration : Pays : France - Code département : 972 - Préfecture : Fort-de-France - Sous-préfecture(s) : Le Marin, Saint-Pierre, La Trinité - Arrondissements :4 - Cantons : 45 - Communes : 34

- Conseil régional :

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Conseil régional de la Martinique : Président : Serge Letchimy, Mandat - PPM 2010 - Conseil général - Conseil général de la Martinique : Président : Mandat Josette Manin - BPM 2011- Préfet Laurent : Prévost

- Langue - officielle : Français - Langue(s) régionale(s) : Créole martiniquais - Population : 398 733 hab. (2009) - Densité : 353 hab./km2 - Superficie : 1 128 km² - Fuseau horaire : UTC -4h - Domaine Internet : .mq - Indicatif téléphonique : +596.

Géographie

D'une superficie totale de 1 100 km², ce qui la place au troisième rang après Trinidad et la Guadeloupe dans le chapelet d'îles qui constituent les Petites Antilles, la Martinique s'étire sur environ 70 km de longueur, pour 30 km de largeur. Le point culminant est le volcan de la montagne Pelée (1 397 m). Comme le reste des petites Antilles, la Martinique est soumise au risque sismique (aléa sismique fort3) : ainsi, le 29 novembre 2007 à 15 heures, heure locale, un séisme de magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter a eu lieu au large de l'île4.

On sépare généralement la Martinique en deux zones distinctes. D'une part, une zone située au nord d'un axe Fort-de-France - Le Robert, qui constitue la partie la plus montagneuse et sauvage de l'île, domaine de la forêt tropicale, et, d'autre part, une zone située au sud de cet axe, moins accidentée, plus sèche et qui regroupe la majorité des installations touristiques.

Relief

Le relief est accidenté sur cette île d'origine volcanique. Les zones volcaniques anciennes correspondent à l'extrême sud de l'île (Savane des pétrifications) et à la presqu'île de la Caravelle à l'est. L'île s'est développée dans les dernières 20 millions d'années par une suite d'éruptions et de déplacements de l'activité volcanique vers le nord. Le dernier volcan en date, toujours actif, est la Montagne Pelée, qui occupe tout le nord actuel de l'île et culmine à 1 397 m. Les deux dernières grandes phases éruptives ont eu lieu de 1902 à 1905 (l'éruption du 8 mai 1902 détruisit Saint-Pierre et fit 28 000 morts en 2 minutes, celle du 30 août 1902 fit près de 1 100 morts, essentiellement au Morne-Rouge et à L'Ajoupa-Bouillon) et de 1929 à 1932.

À la suite de phénomènes d'érosion toujours violents en Martinique à cause de la forte pluviosité due à l'évaporation océanique apportée par les alizés, les hauts volcans de formation récente situés au nord de l'île (mont Pelé et pitons du Carbet (1 196 mètres)) font place, dans le sud, à des « mornes » aux sommets arrondis ou plats et aux fortes pentes d'une altitude généralement comprise entre 100 et 300 mètres.

La montagne du Vauclin, point culminant du sud de l'île, atteint 504 m d'altitude. Les plaines situées au centre et en bordure côtière, les « fonds », sont séparées par des escarpements et sont généralement de petite dimension.

Côte au vent ou Capesterre

La côte est, ou côte au vent des îles, portait traditionnellement dans les Antilles le nom de Cabesterre ou Capesterre. Le terme cabesterre en Martinique désigne plus spécifiquement la zone de la presqu'île de la Caravelle. Cette côte au vent, bordée par l'océan Atlantique, est exposée directement aux vents alizés et à la houle atlantique venant du large.

La partie nord allant de Grand-Rivière à Sainte-Marie est essentiellement bordée de falaises avec très peu de mouillages et d'accès à la mer. La navigation y est limitée à la pêche côtière avec les petites embarcations traditionnelles de la Martinique. Entre Sainte-Marie et La Trinité la côte devient moins abrupte et la rade de la Trinité, bien qu'exposée aux Alizés et relativement peu profonde, est une des meilleures de la Martinique. Au large de cette zone les fonds atteignent rapidement la profondeur de 60 mètres formant un grand plateau s'étendant à plusieurs milles au large.

La presqu'île de la Caravelle sépare nettement la côte nord-atlantique et la côte sud-atlantique. Elle marque aussi un net changement de la nature des fonds. Une ligne de récifs frangeants suit la côte depuis la pointe de la Caravelle jusqu'à l'extrême sud de l'île se rapprochant peu à peu de la côte jusqu'à se fondre avec elle. Ces restes d'un paléolittoral constituent un danger majeur pour la navigation.

Ces récifs ou cayes comme on les appelle dans les Antilles, dont certains émergent et d'autres ne sont couverts que de quelques mètres d'eau (à cause du danger qu'ils représentent ils portent aux îles le nom évocateur de « loup », loup bordelais, loup ministre etc. dont le nom vient souvent d'un navire qui y a sombré) ont causé dans l'histoire le naufrage de nombreux navires.

Côte sous le vent ou caraïbe

Contrairement à la côte atlantique, la côte caraïbe est accore et ne présente que peu de dangers pour la navigation (quelques cayes bordent la côte sur le littoral sud entre le Diamant et Le Marin).

Dans le secteur de Saint-Pierre, au pied de la montagne Pelée, les fonds de 100 mètres sont parfois à seulement 400 mètres de la côte.

Climat

Les instructions nautiques modernes distinguent deux saisons marquées, liées aux précipitations : la saison humide, de mai à novembre, et la saison sèche de février à avril. Cette saison sèche, correspond normalement à une période de grosses chaleurs et de sécheresse. Comme elle commence normalement après le carnaval elle est appelée carême. En pratique, les fluctuations sont nombreuses. Il y a des hivernages plus longs ou plus courts selon les années ou bien des hivernages tardifs ou précoces, des carêmes très secs ou pluvieux. Il tombe en moyenne 80 mm d'eau en mars au Lamentin (plaine centrale située au niveau de la baie de Fort-de-France) et 260 mm d'eau en octobre.

Les alizés soufflent du nord-est à l'est pendant la majeure partie de l'année, croissant pendant la matinée et décroissant pendant l'après-midi pour tomber le soir. C'est le régime de vent de la saison sèche durant laquelle les passages du vent au Sud-Est ou au Sud sont toujours de très courte durée (quelques heures).

Le climat de la Martinique est directement réglé par les positions de l'anticyclone des Açores qui dirige l'alizé de nord-est, et de la zone de basses pressions équatoriales où les alizés de l'hémisphère nord rencontrent ceux de l'hémisphère sud, le long de la zone de convergence intertropicale.

Pendant le temps de l'hivernage, le régime des vents est beaucoup plus instable. Ils varient de l'est-nord-est à l'ouest en passant par le sud. Pendant cette période, le vent peut rester pendant plusieurs jours de secteur sud. Ce secteur sud était d'autant plus redouté au temps de la colonie, qu'une grande partie des baies étaient frangées de mangrove et que le vent repoussait alors sur l'île les émanations de ces marécages, réputées malsaines et dangereuses pour les Européens récemment installés.

La température moyenne annuelle est de 26 °C. Les mois les plus chauds sont ceux de mars, avril et mai, tandis que les mois les plus frais sont ceux de décembre et de janvier. Les températures les plus chaudes relevées l'ont été à Saint-Pierre et dans le Nord-Caraïbe avec 38 à 43 °C début Juin 2011 et la plus basse environ 12 °C à Fonds-Saint-Denis (entre Pitons du Carbet et Montagne Pelée) en mars 1965. On constate en moyenne six jours par an au Lamentin une température inférieure à 18 °C

Risques naturels

La Martinique est soumise à de nombreux risques naturels tels que les séismes, les tsunamis, les éruptions volcaniques ou les cyclones tropicaux.

Séismes et tsunamis

La Martinique est situé aux abords d'une faille sur une zone de Subduction, et est donc soumise au risque sismique. Ainsi, le 29 Novembre 2007 à 15 heures, heure locale, un séisme de magnitude 7,4 s'est produit à quelques kilomètres seulement de la côte Nord-Caraïbe de l'île. Heureusement, la solidité de certain bâtiments et la profondeur du foyer ont permis de ne pas provoquer de gros dégât, néanmoins, des bâtiments ce sont "lézardés" et certains ce sont effondrés. Le dernier tremblement de terre meurtrier remonte au 11 Janvier 1839 où la moitié de la ville de Fort-de-France a été détruite. On estime sa magnitude proche de 7 ou 8 sur l’échelle de Richeterre. Ces tremblements de terre à répétition engendrent parfois des Tsunamis, le dernier en date remontant au 17 Octobre 1780, 150 maisons ayant été totalement détruites par le raz de marée.

Eruptions volcaniques

Toujours dû à la situation de la Martinique sur une zone de subduction, les éruptions du volcan de la Montagne Pelée semblent suivre un rythme d'une éruption par siècle. La dernière phase éruptive a duré de 1901 à 1929, avec une phase paroxysmale le 8 Mai 1902 qui a provoqué la destruction totale de la ville de Saint-Pierre et emporté près de 30000 victimes. Les épaves des bateaux alors au mouillage dans la baie de Saint-Pierre font le bonheur des plongeurs aujourd'hui.

Cyclones tropicaux et marées de tempêtes

La zone des Antilles est sujette au développement de cyclones. Suivant les moments de l'année, ces dépressions viennent de l'Atlantique (Cap-Vert) ou du centre de la mer des Antilles et du golfe du Mexique (à l'ouest du méridien 80°). Sur la Martinique, la trajectoire des cyclones est le plus souvent E-O ou SO-NE.

La courbe de fréquence des cyclones montre qu'ils traversent la Caraïbe entre les mois de juin et de novembre et passent préférentiellement, en Martinique, en août et septembre.

Les cyclones constituent un danger majeur pour les populations et les installations, comme l'ouragan Dean en août 2007 qui a causé de gros dégâts sur les plantations de bananes et de canne à sucre. Les vents ont atteint entre 160 et 200 km/h au niveau de la mer, et de 200 à 240 km/h en montagne. Plus de 663 habitations ont été détruites et 5 708 endommagées6.

L'Ouragan Lenny a également causé de gros dégât. En effet, il a provoqué une Marée de tempête gigantesque sur la côte Nord-Caraïbe, accompagnée d'une houle cyclonique dont les vagues dépassaient les 10 mètres de hauteur. Dans la ville-basse de Saint-Pierre, les vagues passaient par-dessus le toit de certaines maison et défonçaient les murs. Sur la route reliant Saint-Pierre au Carbet, la falaise, très friable, s'est effondrée sur la plage. Les pêcheurs ont été particulièrement touchés par ce cyclone, qui a entièrement détruit les constructions et les infrastructures du bord de mer. On déplore une dizaine de mort, et un recul d'une centaine de mètres du front de mer a été constaté par endroit, la plage ayant été emportée.

Démographie

Le recensement de 2008 comptabilise 397 693 habitants, pour 1 128 km², soit une densité de population de 353 habitants au km², contre 115 au niveau national11. Comme dans la plupart des îles, cette densité augmente : 255 hab/km2 en 1961, 319 en 1990, 353 en 2008, malgré une baisse récente de la fécondité. En 2009, la population était estimée à 402 000 habitants.

80 % de la population est majoritairement composée[réf. nécessaire] de noirs et métis (nègre, câpre, mulâtre, chabin, bata-syrien, libanais, palestinien), d'Afro-Indiens nommés « coolies et chapé-coolie » à 15 % [réf. nécessaire] et de 5 % [réf. nécessaire]d'Européens appelés Zorey (les Français) ou békés (descendants des colons). Il y a d'autres populations venues du continent asiatique, notamment de la région tamoule en Inde, et de la Chine vers la fin du XIXe siècle et du Moyen-Orient (Syrie, Liban, Palestine) au XXe siècle. La Martinique connaît un fort métissage, donnant une population de type « créole ». Il y a aussi 7 370 immigrés en Martinique en 2006 (recensement de l'INSEE) provenant de 115 pays différents.

Familles de Martinique

Les familles martiniquaises sont issues de l'histoire particulière du peuplement de cette île. Elles se caractérisent par une proportion non négligeable de foyers monoparentaux, 38,3 % des familles (INSEE - Recensement de 200612). La notion de famille monoparentale est à nuancer sur cette île, selon la nature de l'implication du parent désigné comme absent. Ce parent peut être absent suite à un décès, une séparation ou un divorce. Il existe aussi des unions aboutissant à la naissance d'enfants sans résidence commune des parents. Le parent absent , souvent le père, peut contribuer de façon variable à la vie de son enfant à des niveaux divers :

  • économique par le versement d'une pension alimentaire ou d'aides en nature comme par exemple , la prise en charge de dépenses liées à la scolarité.
  • affectif et éducatif en donnant une place effective à son ou ses enfants dans sa vie personnelle : activités de loisirs - visites- régulation d'éventuels conflits.

D'autre part, la famille en Martinique est souvent comprise ou définie comme une famille élargie qui compte en son sein les " parents, amis et alliés". Aussi, un parent chef de famille monoparentale pour l'état-civil, peut trouver des relais éducatifs et économiques dans ce réseau familial qu'il soit proche ou plus éloigné d'un point de vue géographique.

Roger Bastide a particulièrement étudié les familles noires américaines, souvent de type matrifocal, c'est-à-dire centrées sur la mère et présentes dans toutes les régions de ce continent où a existé la traite négrière. Jean Benoîst a décrit très finement des types de familles martiniquaises dans les années 1960, en particulier dans l'ouvrage " L'archipel inachevé: cultures et sociétés aux Antilles françaises. Cette typologie demeure tout à fait d'actualité.

Le développement de ces familles  suit une évolution historique.  Roger Bastide dans son livre "les Amériques noires"publié en 1973, présente trois hypothèses explicatives  sur l'origine de ces familles. Il décrit  l'apport culturel de l'Afrique et des modèles  conjugaux et familiaux africains (théorie de Herskovits). Il note  les conséquences de l'esclavage et les dislocations familiales( séparations survenant  lors de la vente des esclaves (théorie de E.F.Frazier). La troisième théorie, celle  de R.T. Smith  souligne la dimension économique  qui expliquerait des unions successives chez des mères confrontées à de grandes difficultés dans leur vie quotidienne.

Dans les chansons, les traditions, les proverbes, il est fait mention de la mère, femme « poto mitan », poutre maîtresse dans le foyer. Cependant, les familles contemporaines sont majoritairement des familles où les deux parents sont présents (INSEE Martinique).

Au XVIIe siècle, Françoise d'Aubigné, devenue plus tard Madame de Maintenon, passa son enfance à la Martinique au village du Prêcheur. Elle y gagna le surnom de « belle indienne ».

Art et culture

Langues

En tant que département et région d'outre-mer (DROM), le français constitue la langue officielle de l'île comme sur l'ensemble du territoire de la République française. La population utilise aussi couramment le créole martiniquais qui ne connait en aucun cas un déclin de sa pratique comme peuvent le connaître bien d'autres langues régionales en hexagone.

La langue créole n'est pas un simple code de communication. C'est aussi l'expression de tout un peuple et le véhicule privilégié d'une culture, voire d'un état d'esprit. Le créole est facilement parlé dans la rue, en famille, entre amis, sur les ondes, dans les églises, il s'agit véritablement d'une deuxième langue.

Le statut du créole a changé depuis la création en 2000 d'un CAPES en langue et culture régionales, option créole. Autrefois langue méprisée, aujourd'hui la langue créole est enseignée dans le secondaire et à l'université des Antilles et la Guyane. En effet, une licence, un master et un doctorat de langue et culture régionales option créole existent depuis une dizaine d'années sur le campus de Schœlcher. Autre avancée positive, en 2007, l'écrivain Raphaël Confiant publie, aux éditions Ibis rouge, le premier Dictionnaire créole martiniquais - français.

Le G.E.R.E.C (Groupe d'études et de recherches en espace créolophone) fondé en 1975 par le professeur Jean Bernabé, tente depuis plus de 30 ans de codifier le créole martiniquais. C'est la graphie du G.E.R.E.C, qui fait référence en Martinique. Les défenseurs de la langue créole en Martinique sont incontestablement les écrivains du mouvement littéraire la créolité, Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, et Jean Bernabé.

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Date de dernière mise à jour : mercredi 03 octobre 2012

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